"Si vous comprenez ce film alors nous avons mal fait ce travail" Arthur C. Clarke, co-scénariste du film et écrivain du livre.
"Je ne souhaite pas donner de ligne de conduite pour comprendre 2001" Stanley Kubrick, co-scénariste et réalisateur de 2001.
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Posté via mobile le 11 août 2012 à 05:59:44 Avertir un administrateur
Par contre, j´aimerai bien des liens avec des interpretation du film.
http://fr.wikipedia.org/wiki/2001,_l%27Odyss%C3%A9e_de_l%27espace#Analyse_du_film
Si tu veux j'en ai une personnelle sur trois scènes essentielles du film, même si l'aide de mon prof de philo a été bien utile parfois.
"J’ai donc choisi quelques scènes qui représentent à la fois la profondeur et l’ingéniosité de 2001, mais également le talent de faiseurs d'images de Kubrick, qui atteindra son paroxysme avec Barry Lyndon. La première scène que j’ai choisie, je la considère comme un exemple de maîtrise formelle : il s’agît du célèbre fondu enchainé, technique crée par Méliès, qui fait faire au spectateur un bond de plusieurs milliers d’années en quelques secondes. L’ellipse est brutale, mais très cohérente. Il faut tout d’abords souligner le travail de montage effectué par Kubrick et son équipe. Il n’y a aucune transition, mais les trois plans se succèdent pourtant sans aucune rupture. Mais cet effet de style permet également à Kubrick de plonger brutalement le spectateur dans une époque inconnue et qu’il ne semble pas maîtriser, à l’image des personnages du film. En rapprochant l’os, première arme et objet tout à fait primitif, d’un vaisseau ultra-technologique, Kubrick concentre toute l’histoire de l’humanité jusqu’à notre époque en une fraction de seconde, ce que j’interprète comme un signe que l’évolution de l’Homme n’en est qu’à son commencement, que ses milliers d’années de progrès ne représentent finalement qu’une très légère avancée vers l’étape supérieure de l’évolution de l’Homme. Ce fondu enchainé invite donc le spectateur à relativiser l’importance de la technologie et des techniques acquises par l’Homme pendant des millénaires, cette évolution étant passée sous silence par le réalisateur.
La réflexion sur la technologie est un des thèmes principaux de 2001, et cela ressort principalement lors de la scène d’interview du super-ordinateur HAL-9000, par la BBC. La présence de cette machine est présentée comme essentielle à la réussite de la mission Jupiter, et bien plus importante que les Hommes du vaisseau, ce qui crée déjà une forme de malaise par rapport à une intelligence artificielle dominante, plus rapide et sûre que l’Homme. Kubrick présente l’ordinateur comme une entité capable de réflexion, mais tout cela grâce à l’Homme, qui demeure la source de tout, puisque Hal ne fait que « reproduire » et « imiter » tout en dépendant des membres de l’équipage. Cependant, une phrase prononcée par l’animateur m’a personnellement marquée. Il considère Hal comme capable de « réactions émotives », et le qualifie en utilisant le mot « perfection ». Je pense que Kubrick oppose donc deux thèses radicalement différentes, deux perceptions de l’intelligence de Hal. Alors qu’il rappelle que Hal a été programmé par l’Homme, qu’il lui doit tout, et qu’il demeure donc dépendant, Hal lui-même se définit comme une entité consciente, qui peut donc penser et raisonner par soi-même. Cette complexité à identifier un ordinateur comme un être raisonnable va donc être utilisée par Kubrick pour mettre le spectateur face aux dangers que représente la technologie, Hal étant capable de tuer consciemment à partir de sentiments purement humains que sont la peur, la haine, et la fierté. Sa représentation est minimaliste et ultra-réaliste, elle consiste en un point d’un rouge profond que l’on verra partout dans le vaisseau, signe de l’omniprésence de Hal. Dans les scènes suivantes, Hal prends le pouvoir, mais c’est un leurre, puisque Bowman aura le dernier mot et parviendra à détruire Hal. Le créateur reste tout-puissant, Kubrick invente donc une manière de parler de la robotisation, sans sous-estimer ses dangers, tout en sublimant l’Homme.
Le dernier extrait est la scène finale du film de Kubrick. Cette scène semble se démarquer du côté ultra-réaliste des précédentes, par l’intrusion d’éléments qui paraissent fantastiques, comme l’enfant fœtus et la soudaine réapparition du monolithe. Après avoir introduit la technique de la split-cam, Kubrick nous présente Bowman à différentes périodes de sa vie, dans une chambre qui semble humaine. La transition entre chaque période se fait de manière tout à fait fluide, par l’ingéniosité de la mise en scène. Le verre cassé est la rupture qui permet à Kubrick de se focaliser sur l’étape finale de la vie de Bowman en tant qu’Homme, et d’introduire le fœtus. Comme le souhaitait Kubrick, chaque spectateur est susceptible d’interpréter le sens de chaque plan de façon différente, aucune explication n’étant explicitement donnée par le réalisateur. Personnellement, et suite à mon étude de cet auteur en philosophie, j’y vois une mise en image de la pensée de Nietzsche. En effet, l’influence du philosophe se retrouve premièrement dans l’utilisation de la musique de Strauss, Also sprach Zarathustra, inspiré par le poème philosophique de Nietzsche du même nom, dans lequel il énonce deux thèmes essentiels à l’interprétation de 2001 : l’Eternel Retour et le Surhomme. Nietzche écrit : « l’Eternel Retour serait l’état maximal de la puissance humaine ; c’est par cette pensée assumée jusqu’en ses ultimes conséquences qu’advient le surhomme ». Après avoir maîtrisé, par sa conscience et sa raison, une technologie ultra-avancée, Bowman atteint enfin le stade supérieur de l’évolution de l’Homme, symbolisé par une renaissance, une forme de surhomme-fœtus ayant franchi le dernier stade de l’évolution de la conscience humaine. Le monolithe, qui représente selon moi la connaissance, l’accès à une idée de la perfection, s’offre à l’astronaute, alors qu’il est présenté comme l’objet de recherche dans le reste du film, et Kubrick s’en sert comme transition pour le plan suivant, par un zoom très habile. Puis le réalisateur effectue un travelling descendant, pendant que retentit la musique de Strauss, signe de la présence de la pensée de Nietzsche. Le fœtus retourne, comme Nietzsche le décrit, vers son lieu d’origine, la Terre, rempli d’une perfection intérieure qui touche le divin. Le Surhomme décrit par le philosophe est donc une vraie renaissance pour l’Homme, prêt à vivre la prochaine étape logique de son évolution. Kubrick fait preuve d’un optimisme et d’une foi très grande envers l’Homme, en le décrivant comme un être en perpétuel évolution, capable d’atteindre une forme de perfection."
De plus 2001 est le film le plus réaliste qui se déroule dans l'espace (oui quand il y a une explosion dans l'espace il ne peut pas avoir de bruit). Et c'est le film qui a changé la SF 10 ans avant star wars qui, a y regarder de plus près est beaucoup moins bien fait. ![]()
J'ai maté l'animation, c'est vrai que ça explique pas mal de chose, mais même pour expliquer ils partent loin. " enfant cosmique" toussa toussa, j'ai soupiré comme une gros lard quand j'ai vu ça.
Dans le lien de wiki, ils n'expliquent pas grand chose ( rien de plus que l'animation, sauf pour la "dualité des héros" et des formes ronde et rectangulaire ), et je vois juste des citations de kubrick qui se vend des fleurs.
Et j'aime bien ton interprétation AronofskyFTW.
M'enfin bref, j'le regarderai avec un coktail de beuh/cocaine/exctasy/lsd/ghb/heroine dans le sang, peut être qu'il deviendra censé comme film.
wiiplayer-13 Voir le profil de wiiplayer-13
Posté via mobile le 11 août 2012 à 11:49:22 Avertir un administrateur
"Si vous comprenez ce film alors nous avons mal fait ce travail" Arthur C. Clarke, co-scénariste du film et écrivain du livre.
"Je ne souhaite pas donner de ligne de conduite pour comprendre 2001" Stanley Kubrick, co-scénariste et réalisateur de 2001.
J'prend ça pour un beau majeur levé devant la tronche des spectateurs perso. " Flemme d'expliquer, alors je fais un film qui veut pas dire quand chose, et j'vous laisse vous faire chier à tout expliquer.
Une oeuvre aussi dense et riche que 2001 l'Odyssée de l'Espace ne peut être réduite à un simple mindfuck ce serait insulter le travail exceptionnel de Kubrick et d'Arthur C. Clarke ![]()
La puissance d'une oeuvre peut s'entrevoir au travers des différents niveaux de lecture que l'on peut en avoir ainsi qu'aux nombreuses interprétations que l'on peut en donner. Il faut savoir extrapoler et réfléchir sur l'essence même d'une scène pour en comprendre et en cerner toute la pertinence et percevoir de par une analyse des thèmes abordés, l'écriture et la mise en scène, la subtilité du message philosophique qui se dégage dans chaque plan de 2001 qui fait de ce film une oeuvre absolument majeure du cinéma.
Si tu n'est pas capable de parvenir à un tel raisonnement, je te conseil de garder l'esprit ouvert, de lire des analyses puis de revoir le film.
ire des analyses, c'est ce que j'ai fait, mais le film, je le regarderai pas de sitôt. ![]()
Je l'ai revu pour "perfectionner" mon analyse dans le cadre d'un cours.
Je sens que je suis reparti pour passer un mois à ne penser qu'à ce film.
ClApTrApS
T'as raison monsieur je sais tout.Kubrick a mis seulement 5 ans pour mette des images et de la musique et surtout bacler son boulot.Il est réputé pour ses films inachevés c'est vrai.
D'ailleurs j'ai acheté le livre intitulé Kubrick, 40 euros dans la gueule, mais c'est là que tu réalises qu'il s'agit vraiment d'un génie dans son art, au même titre que Schubert et Beethoven, que Baudelaire et Rimbaud, etc..
Dès le début de 2001 s'imposent les 2 données de base du cinéma figuratif et présentatif : le temps et l’espace.
Il s'agit d'un espace indéterminé et d'un temps étal dénué de tension dramatique. Des plans généraux fixes se succèdent d'autant plus fixes que se sont des photographies.
L'ambiance sonore relativement uniforme contribue elle aussi à ne pas instaurer une rythmique dramatique marquée.
Loin d’être plongé d'entré dans un space-opéra futuriste on a l'impression d’être revenu très en amont du récit cinématographique tel qu'il se présente d'ordinaire.
Un embryon de tension survient quand hominidé et tapir se querellent puis lorsqu'un léopard surgit mais nul gros plan ne vient alors dramatiser les choses, au contraire la lutte disparaît dans un rapide fondu au noir.
Le conflit entre les 2 clans puis la menace que constitue le feulement du léopard accroissent quelque peu la tension dramatique mais à chaque fois un fondu rapide fait retomber la tension.
Après l'apparition du monolithe une nouvelle forme d'intelligence apparaît ; avec un os de tapir l'hominidé invente l'arme.
L'invention modifie le régime alimentaire du clan et lui permet de battre celui avec lequel il est en conflit.
Dans un premier temps cependant cette invention ne se traduit pas par une modification notable du rythme du film. A la faveur de la victoire contre l'autre clan un nouvel événement survient mais cette fois c'est manifestement au niveau des figures de la narration cinématographique qu'il se situe.
Lors du lancer de l'os massue une ellipse temporelle se produit qui, en amplitude de temps à la fois historique et fictionnelle, reste l'une des plus gigantesques jamais osée.
Elle apparaît d'autant plus audacieuse qu'elle garde par ailleurs quelque chose de mal dégrossi en accord avec l’archaïsme temporel qui est son point de départ. Kubrick s'en tient au jeu des mouvements aériens et à l'analogie visuelle entre l'os et le vaisseau spatial sans chercher à soigner la transition par un raccord de mouvement parfait ou par un fondu enchaîné.
L'impression de continuité du mouvement est à la fois assurée et rompue du fait que l'on passe d'un objet à l'autre par une coupe franche.
Dans le passage d'un photogramme au suivant par une simple raccord se sont plusieurs millions d'années à la fois d'histoire de l'humanité et de temps narratif qui sont escamotés.
Aussi mémorable que soit ce moment Kubrick n'invente évidemment pas l'ellipse cinématographique.
L'impression que dans le sillage de l’évocation d'une invention historique on assiste à la réinvention d'une figure de la grammaire cinématographique tient en partie au fait que le film a été auparavant parsemé d’autres ellipses plus modestes qui conservent aux dix premières minutes du film une relative continuité spatio-temporelle. D'amplitude plus restreinte les premières ellipses du film sont également peu quantifiables en termes d’écoulement du temps. Du coup le saut spatial et temporal du passage de l'os au vaisseau spatial impressionne d'autant plus qu'il est à la fois colossal et temporellement mesurable.
Une autre figure de la grammaire cinématographique donne l'impression d’être réinventée au cours de cette première séquence et c'est précisément au moment de l'invention de l'arme. Auparavant nous allions assister à l'alternance narrativement rudimentaire du jour et de la nuit des hominidés. Dans une logique d'invention progressive des figures de la narration cinématographique c'est le montage alterné qui devrait semblait éclore sous nos yeux. Mais tout ce passe comme si par une accélération de l'intelligence qui répondrait à celle qui est à l’œuvre dans l'invention de l'arme on passait directement à une forme de montage encore plus sophistiqué : le montage parallèle.
D'autant que le montage parallèle proposé ici ne produit pas seulement l'effet de comparaison que suscite d'ordinaire cette figure de montage. L'alternance des images de l'hominidé frappant le squelette du tapir avec celle du tapir qui tombe à terre semble valoir pour l'ensemble des atteintes à la vie que l'homme, à partir de l'invention de l'arme, va perpétrer par la suite. Et le pessimisme de Kubrick qui consiste à associé d’emblée l'apparition de l'intelligence humaine, dont l'une des expressions les plus achevé sera la musique symphonique qui accompagne ce moment, avec celle de la destruction du vivant.
La possibilité de l'histoire avec un grand comme un petit h semble ici commencer non pas avec l'apparition de l’écriture mais celle de l'arme.
De même qu'il saute de l'aube de l'humanité à la conquête spatiale, Kubrick au cours de cette séquence introductive passe du maximum de neutralité apparente dans la mise en œuvre d'une grammaire cinématographique au maximum d'intensification intellectuel et expressive de celle-ci.
http://www.amazon.fr/Kubrick-Pr%C3%A9face-Scorsese-Michel-Ciment/dp/2702142001
Ouais c'est juste géniale d'entre/de lire Marty parler cinéma, on le sent à la fois passionné et humble.
C'est pas une tapette le papy.
Ça me fait penser que j'ai bien ri à un duel entre deux touristes belges cette année à Djerba.
Le sujet du duel : Blade Runner VS 2001
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Pour sûr ! ![]()
Moi j'trouve ça même compliqué de comparer 2001 à n'importe quel film.
Il y a bien longtemps que je ne m'amuse plus à comparer deux films. Je me contredis tout le temps. ![]()
J'ouvre une brèche "OSEF mais pas trop" : j'ai récemment vu 2010 : l'année du premier contact. Vachement sympa quand même !
Je suis du même avis ! Par contre, je me plongerai bien dans le bouquin de Clarke... Paraît qu'il y a encore deux suites, aussi. ![]()