J'avais été voir une pièce bidesque avec l'école y'a quelques mois, mais putain celle-là est elle grandiose, c'est magique, y'a aucun mot pour la décrire.
« Bonjour, bonsoir,
Je voudrais aujourd’hui sur cette page ne pas vous raconter l’histoire de Raoul.
Me permettez-vous ?
J’aimerais plutôt, lorsque le temps viendra, un soir de préférence, vous exprimer mon envie
de danser librement, de trembler pour parler, d’abattre les murs, de voler au secours, faire
grincer les cordes arides, galoper mes bras et jambes, dormir debout bien allongé,
rencontrer les bêtes infréquentables, engueuler la belle musique, libérer l’étoile, gifler mes
mauvaises pensées…
BREF, j’aimerais, le moment venu, partager…ce moment venu. Avec vous, simplement.
Etes-vous d’accord ?
Je voudrais ce soir-là vous laisser être en ombres, dans vos sièges indépendants, et
projeter comme un vent cinglant sur vos visages mon décor fragile (malgré ses airs
robustes) ses poulies, ses contrepoids, projecteurs, système de largage, accessoires
cabossés et autres textiles amalgamés…
Me suivez-vous ?
J’espère observer au travers de votre présence la lente métamorphose de ce prénom qui a
pris la tête de mon navire sédentaire sous la forme d’un titre. Ce serait un spectacle où la
solitude aurait pour miroir l’abondance et la foule, et où cette foule cacherait au sein des
fragments singuliers dont elle est composée des désirs fous de liberté, de rencontre et
d’évasion. Tout cela en retour reflété sur un : Raoul.
C’est un peu compliqué j’en conviens…
Il faudra que tout cela se précise dans votre tête un soir, et non dans la mienne, et que ce
sentiment précis n’ait pas de nom, afin que vous puissiez lui en inventer un.
Vous êtes toujours là ?
Bon, le rendez-vous est pris, et le moment venu, ni vous ni moi n’en possédera la clef.
C’est l’essentiel.
Car je ne contrôle réellement rien. Mais réellement rien ne nous contrôle.
Je l’espère… »
Rien que ce texte de l'auteur (et acteur) en envoi grave. 