Je respirais lentement, me frottant les mains afin de réchauffer mes extrémités glacées par le froid. De la buée se formait à chaque respiration. Des bruits de pas retentissaient dans la rue, des ombres se déplaçaient. Je ne bougeai pas, assis là, dans cette ruelle, à l’abri des regards. Il n'était pas loin. Je le savais. Il me poursuivait.
La lumière du lampadaire s'éteignit. Le Blackwatch avait décidé de mettre en place un blackout total dans la Red-Zone.
"- Ellenack !" hurla une femme.
Un homme en blouse blanche passa dans la rue en face de moi à une vitesse ahurissante.
"Ellenack ! Reviens ici immédiatement !"
La femme passa également dans la rue,tout aussi vite. C'était probablement les deux individus recherchés par le Blackwatch. On les appelait des rôdeurs. On nous les décrivait comme des individus sanguinaires, avides de sang, et tuant tous les individus se trouvant sur leur passage. Mais je n'y croyais pas. Je savais que c'était faux.
Tout à coup, j'entendis un liquide tomber sur le sol, derrière moi. C'était lui. Me relevant, je courut le plus vite possible dans la rue. je savais que je ne devais pas me retourner. Il me suivit, explosant l'angle de la ruelle sur son passage, dans un fracas assourdissant. Je partis dans la direction des rôdeurs. Ils étaient probablement déjà loin. Allais-je mourir ici ? Comme tant d'autre personnes avant moi ? Les cadavres jonchaient le sol. Je courais, les foulant de mes pieds dans un bruit insupportable. Certains se levèrent. C'étaient d'autres infectés, attirés par le bruit. Un hurlement déchirant retentis derrière moi. Il me suivait toujours. Tout à coup, je trébuchai et tombai par terre, parmi les autres corps. Je me retournais sur le dos, et l'infecté atterris au dessus de moi. Ces jambes étaient de part et d'autre de mon corps. Il rapprocha son visage du mien. Son haleine fétide me parvînt. Je me retins de vomir. Ses cheveux noirs me touchaient le visage. Il ouvrit la bouche, dévoilant des dents acérés. Je fermai les yeux...
"Maman... Non..."
Soudain, un bruit métallique se fit entendre. J'ouvris les yeux. Ma mère, infectée, se trouvait toujours au dessus de moi, mais ne bougeait plus. Son corps se divisa en deux dans le sens de la longueur. Derrière se trouvait un homme en blouse blanche. Puis, je perdis connaissance.
984.