J'étais déjà hermétique à Joke avant cette album, rien qu'à l'écoute de ses EP/Mixtapes tout était très clair pour moi: Prenez n'importe quel mongole avec un froc baissé qui fume des joints à la sortie d'un lycée et foutez le dans une cabine = Vous obtiendrez plus ou moins un Joke.
Plus ou moins car Joke essai essentiellement de se diversifier de ses concurrents en misant tout sur la forme de ses projets. Le mec se pointe donc bien sapé avec une attitude de tête claque nonchalante, des clips et des choix d’instrumental dans l’air du temps et PAF! CA FAIT DES CHOCAPICS: On obtient un genre de phénomène asap rocky version française en plus cheap, donc les meufs mouillent, couverture facebook, jokeezy trop mimi et tout ça.
Mais ce n’est même pas ça le problème en fait, car si Joke a toute les aptitudes pour vendre des disques et séduire le publique auquel il est destiné, il n'en reste pas moins un rappeur très médiocre depuis ses débuts et c'est encore plus flagrant sur ce premier album: Ateyaba ou comment faire un bon album de rap quand on est un mauvais rappeur?
Beaucoup on essayé, personne n'a réussi mais Joke s'en bas les couilles.
La couleur est donné dès la première piste “Pharaon” (ou même à la vue de la pochette si vous êtes pessimiste comme moi) avec un Joke qui commence les festivités en dégueulant un couplet égotrip mongole basique et qui finit la piste en criant des banalités sur l'esclavage des noirs, genre négro prépubère énervé dans une manif étudiante “J'dois honorer mes ancêtres, parce qu'ils en ont chié. Faut soustraire à la dette tout ce qu'ils nous ont pillé”.
Joke est déjà lourd à la base, mais si en plus il vient nous casser les couilles avec son histoire de descendant d’esclaves ça va pas le faire, surtout que ses revendications restent très superficiels et sont abordés de façon plutôt maladroites et forcé les rares moments où elles font leurs apparitions.
Je ne sais même pas quoi dire des pistes qui suivent celle-ci, ça s'enchaîne sans aucune cohérence et dans l'indifférence la plus total avec les thèmes habituels (ego/drogue/oseille/sexe) sans pour autant être percutant ou apporter une vision/un témoignage dessus, c’est juste le seul support d’écriture de Joke.
Ajoutez à ça le fait que Joke est un rappeur de merde, qu’il veuille se la jouer nonchalant et chantonnant comme sur “Menace” ou gros mongole “Majeur en l’air/4 pattes” il débite ses couplets insipides sans technique ni même la volonté de bien faire.
Joke n'est donc jamais touchant, jamais marrant dans sa mongolerie, il n'apporte strictement rien de ce côté mais on s'en fou à limite car le réel soucis c'est qu'il n'est même pas efficace dans son registre qui est l'égotripe.
Et pourtant j'adore ça quand c'est bien fait, par exemple je me souviens encore de la première mixtape de Sadek où le mec était vraiment alaise dans son truc et c'était bien divertissant, rien d'énorme mais les punchlines étaient bien placé, c'était bien fait et le mec kickait correctement sans partir dans des délires faussement innovants.
Non ici c'est juste super lourd, c'est atroce d'écouter l'album d'une traite, on en ressort fatigué et le pire c'est que personnellement je ne retiens strictement aucune piste correcte.
Notez que Pusha fait une apparition médiocre dans ce merdier de 18 titres, histoire de nous confirmer une fois de plus qu’il est bien devenu un MC tout pété.
Enfin bref, le calvaire se termine presque avec "Ateyaba" où Joke nous ressort son histoire de négro pas content... Je sais pas vous mais quand un mec viens me chié sa merde dans les oreilles pendant 1h j’ai tendance à en avoir rien à foutre de ses revendications de collégien et de ses ancêtres.
Le seul truc qui peut à limite être intéressant a relever avec Joke c'est qu'il est un peut le reflet de la génération porno sur les jeunes ou comment crée des adolescents obsédés, le mec est une pointure dans le genre dommage que ce soit si bourrin ça aurait pu être rigolo...
Enfin bref Joke et moi ça s’arrête là. Je vais juste regarder du coin de l’œil combien de temps ce petit malin va pouvoir exploiter son filon avant de se faire grillé par sa fanbase qui dois se demander après l'écoute de l'album si ils auraient pas mieux fait d'investir leur argent dans des kebabs.