Je vous interprète la Fugue (à quatre voix, de type A) la plus palestrinienne du Cantor, recueillie par son archaïsme baigné de lumière évoquant quelque vieux Motet renaissant avec son sujet qui n'embrasse que l'ambitus d'une quarte et dont les quatres premières notes ne sont autre que ce thème de la symphonie Jupiter de Mozart qui le hanta sa vie durant . De pair avec son contresujet, il domine exclusivement le déroulement de la Fugue, l'une des plus " serrées " du clavier bien tempéré, avec ses diverses strettes, puis avec la présentation du sujet en valeurs diminuées. Cette fugue a quelque chose d'une cathédrale oubliée qui, cachée à la vue du monde quelque part en Palestine, dans l'isolement du Néguev, voit les âges passés et le sable s'amonceler contre ses façades et envahir son parvis.
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