On dit de Wire qu'il est le groupe le plus cool de tous les temps. Qu'ont-ils bien pu être et jouer pour mériter ce titre? Eh bien pour commencer, Wire fut l'un parmi quelques autres en 77, à poser une pierre angulaire du mouvement punk.
"Pink Flag", le nom de cet album devrait vous faire frissoner: sur vingt et un titres de une-deux minutes, ces quatre anglais de Londres réinventent le rock à force de compos ultra immédiates et efficaces, sans réelle structure, généralement monochromatiques et bâties sur un riff unique. Le son est rude, aiguisé, énergique, glacial, le chant est monocorde et détaché... et les chansons radicales, groovy, lentes et hypnotiques (Reuters, Lowdown, Strange), soudain poppy as hell (Fragile, Mannequin), puis en forme d'hymnes (Champs, Ex lion tamer) ou simplement in-your-face, sans répétition, Wire ne manquait pas d'idées et d'intelligence et faisait déjà sentir que le punk n'était qu'un moyen, il ne s'agissait pas simplement de jouer les Beatles plus vite et plus grossièrement. Wire c'est d'ailleurs quatre intellectuels, et ça va se faire sentir par la suite.
Suivent donc Chairs Missing et 154, deux albums qui ne pâlissent pas, bien au contraire, face au monstreux debut. Et ce n'est pas rien. Moins minimalistes, plus atmosphériques, plus d'experimentation, soudain une chanson de 7 minutes, Wire devient définitivement post-punk (si il ne l'était pas dès le départ). Le groupe aura une influence qui dépasse l'entendement, allant de REM à The Cure en passant par My Bloody Valentine, les Minutemen, Minor Threat, Sonic Youth, Joy Division, Big Black, Blur et une flopée de groupes punk, post-punk et indie, sans oublier des genres comme la oï, la cold wave et peut-être même le grunge.
Wire ne s'arrête pas là. The Ideal Copy et A Bell is a cup mixent art-punk, darkwave, synthpop... avec un son dreamy, poli, très atmosphérique. Ont-ils mis leur musique originale sur la tête? Bien plutôt ils l'ont poussée et faite évoluer.
Groupe nécessaire