Musique de Gustave Mahler, texte de Rückert.
Sous le coupe de la perte de ses deux jeunes enfants, Rückert écrit en 1836 un total de 428 poème retrouvé et publié après sa mort sous le nom de "Kindertotenlieder". En 1907 Malher sera frappé d'un malheur analogue. Il anticipe ici sa propre vie en musique.
Une douleur contenue, désincarnée, et d’autant plus intense. Le musicien parle par la voix du poète, du père : peu de contraste mais aucune monotonie !
La progression des Kindertotenlieder se fait sur plusieurs plans : contenu poétique, technique musicale, expression…De la solitude au désespoir, et à la prise de conscience du malheur. De l’illusion à la rédemption, en passant par la révolte.
Je poste ici le cœur du drame « Wenn dein Mütterlein tritt zur Tür herein », vision douloureuse et obsédante. Populaire raffiné, simplicité trompeuse.
http://www2.partage-facile.com/1086953-03_Wenn_dein_M%C3%BCtterlein.MP3.html
Traduction :
Wenn dein Mütterlein
Quand ta tendre mère
tritt zur Tür herein,
paraît à la porte
und den Kopf ich drehe,
et que je tourne la tête
ihr entgegen sehe,
pour regerder vers elle,
fällt au ihr Gesicht
mes yeux ne vont pas
erst der Blick mir nicht,
d'abord vers son visage,
sondern auf die Stelle,
mais vers cet endroit,
näher nach der Schwelle,
là tout près du seuil,
dort, wo würde dein
où je devrais voir
lieb Gesichtchen sein,
ton doux petit visage
wenn du freundenhelle
si tu entrais aussi,
trätest mir herein,
rayonnante de joie,
wie sonst, mein Töchterlein.
comme autrefois, ma petite fille.
Wenn dein Mütterlein
Quand ta tendre mère
tritt zur Tür herein,
paraît à la porte,
mit der Kerze Schimmer,
à la lueur de sa bougie,
ist es mir, als immer,
toujours il me semble
kämst du mit herein,
que tu vas venir aussi,
huschtest hinterdrein,
te glissant derrière elle,
als wie sonst ins Zimmer !
comme autrefois, dans la pièce.
O du, des Vaters Zelle,
Ô toi, rayon de joie
ach, zu schnelle
dans la retraite de ton père,
erloschner Freudenschein !
ah, rayon de joie trop vite éteint !