J'ai découvert cet artiste grâce à une amie. Je suis tombé par hasard sur un de ces CD à la fnac, alors je l'ai acheté.
C'est vraiment du très très bon, même si la musique n'est pas forcément facile d'accès. Ce mélange d'influences breakbeat, drum'n'bass et downtempo est servi par un style très personnel qui trahit une grande virtuosité. Les samples d'instruments électroniques côtoient l'acoustique, dans une véritable tornade sonore qui frôle la cacophonie dissonante pour une oreille peu attentive. Cependant, il est incontestable qu'une structure et un sens se forment de cette imprécision, et qu'au final il s'en ressort quelque chose de vraiment mélodieux. C'est un peu comme si le duo Autechre faisant de la musique chaleureuse et humaine.
Je déteste la pochette car je la trouve à l'opposé de l'ambiance générale de l'album. Alors que l'artwork laisse présager une musique froide et austère, on a le droit à tout le contraire. Cependant, c'est un avis totalement personnel, tant le ressenti des morceaux "no-message" est subjectif. Pour cette raison, la suite de la critique sera à la première personne. Ce disque me prouve que la musique peut être un excellent moyen de s'évader. Il m'évoque les couleurs des marchés ensoleillés de l'Amérique latine se mélangeant aux champs de coton de l'Asie, sans oublier ce fameux détour dans le monde étrange et synthétique de l'électronique. La nuit fraîche du Sahara s'oppose à la chaleur organique du ventre d'une mère, et le côté un peu usé, poussiéreux et nostalgique de certaines pistes prend à contre-pied l'énergie et la modernité des percussions... Ici la classe de l'élite anglaise, là le côté inquiétant des yakuzas... Les contradictions sonores s'enchaînent dans un tourbillon vertigineux qui ne manque pas de m'ennivrer.
L'architecture de chaque morceau fait que je vais de surprise en surprise, de pays en pays, sans jamais pouvoir reprendre mon souffle. Même après une bonne dizaine d'écoutes, je reste toujours scotché par la beauté de certains instants, aussi brefs soient-ils, qui semblent suspendre le temps pendant un court moment. Parcouru de frissons, je n'ose même plus respirer devant la symbiose de certains sons qui me semblent tellement parfaits et géniaux, qu'ils en magnifient l'ensemble. Je m'accroche alors aux quelques micro-secondes qui suivent, pour faire perdurer le plaisir.
J'ai toujours l'impression qu'une charmante indienne me prend par la main et m'entraîne en courant dans les petites ruelles d'une ville exotique. Au fil de nos tribulations, je m'imprègne des effluves du cadre environnant. À terme, je me sens plus qu'heureux au milieu de ce dépayesement total, teinté de sons injustement méconnus. Que du bonheur.