Salut,
Je suis en train de lire un peu la correspondance de Mozart et c'est vraiment fou comme on s'amuse en le lisant. Des post-scriptum qu'il plaçait dans les lettres de son père Lepold durant ses longs voyages (souvent adressés à sa mère et sa soeur), aux lettres bien empreint de son humour aux tendances scatologiques qui apparaissent dès sa 12ème année. L'amorce, le post-scriptum, la signature, la date, il ne cessait de les réinventer pour éviter de tomber dans l'ennui. A ce petit jeu je n'ai jamais vu aucun correspondant jouer avec tant de brio. Il jouait avec les nombres beaucoup, avec la forme, la syntaxe, etc
Exemple d'une lettre adressée à sa mère à 21 ans qui met bien en avant son humour scatologique:
Madame Mère!
j'aime bien le beurre, nous sommes, Dieu merci, en bonne santé et pas malades. nous parcourons le monde, mais n'avons guère d'argent, nous sommes toutefois, fort gais, et personne n'est engorgé. Je suis chez des gens, qui ont la crotte au ventre mais qui la laissent sortir tant avant qu'après bombance. On pète toujours la nuit, bravement, et que cela craque. Mais hier , le roi des pets, dont les pets sentent le miel, n'était guère en voix, et était lui-même en courroux. il y a déjà huit jours que nous sommes partis et nous avons déjà chié bien souvent. Monsieur Wendling sera bien fâché que je n'aie presque rien écrit,, mais lorsque nous passerons le pont du rhin je rentrerai, c'est certain.(...)Nous n'offensons pas Dieu avec notre crotte, surtout pas si nous mordons dedans (...)lundi j'aurai l'honneur, sans trop de questions, de vous embrasser et de vous baiser les mains, mais avant j'aurai fait dans ma culotte.
votre enfant, fidèle qui a la teigne : Trazom*.
- Mozart adorait parler à l'envers >_>
Exemple d'un extrait d'une lettre où Mozart fait appel à son art de la syntaxe avec une synète (chanson comique) composée comme une sonate, où les phrases deviennent des leitmotivs:
«Et à la plus jeune, Mlle Josepha, je demande bien pardon, pourquoi pas? - Pourquoi ne lui demanderais-je pas pardon? - Curieux! Je ne saurais vraiment pas pourquoi pas? - Je lui demande donc bien pardon de ne pas encore lui avoir envoyé la sonate que je lui ai promise; mais je la lui enverrai dès que possible. Pourquoi pas? - Quoi - Pourquoi pas? - Pourquoi ne l'enverrais-je pas? Pourquoi ne l'expédierais-je pas? - Pourquoi pas? - Curieux! Je ne saurais vraiment pas pourquoi? - Bon, vous me ferez bien ce plaisir. - Pourquoi pas? - Pourquoi ne me le feriez-vous pas? - Pourquoi pas? - Curieux! Je vous le fais bien, à vous, si vous voulez, pourquoi pas? - Pourquoi ne vous le ferais-je pas? - Curieux! Pourquoi pas? - Je ne saurais vraiment pas pourquoi pas?»