petite pensée du soir sur mon évolution technoïde, sans prétention.
Il n'y a pas si longtemps que ça, je passais ma vie dans les raves hollandaises hors de prix. Une soirée techno était alors pour moi quelquechose de grandiose, qui ne s'envisageait pas à moins de 10.000 personnes, à moins de 50 euros l'entrée, et encore moins sans feu d'artifice, sans sponsors un peu partout, sans RedBull et sans tête d'affiche aussi connue que Manu le Malin, ou le plus souvent comme Neophyte ou Paul Elstak.
"Qlimax", "Thunderdome", "Reverze", "I love Techno", "Masters of Hardcore", "In Qontrol", "DefQon.1", "Sensation". Des centaines d'euros sortis de ma poche pour remplir celles des quelques organisateurs qui tiennent le marché de la rave "à la hollandaise", ID&T et Q-Dance en tête.
Et puis, j'en ai eu marre. Marre du public de ces soirées qui est composé principalement de gros cons dignes d'une boîte, de skin-heads borderline dans les salles hardcore, et de bobos dans les salles Techno ou Minimal.
Mais surtout, marre de l'ambiance "thune", du prix exorbitants des entrées et des boissons, des affiches qui annoncent toujours les mêmes DJs Hardstyle de merde, The Prophet, Dana et Technoboy...
Que de temps passé depuis tout ça ! Dur maintenant d'envisager une "soirée techno" autrement que dans un bois, collé à 10, 20 ou 40.000 Watts de Hardcore avec le cerveau en vacances mais terriblement actif à la fois, sans les chiens qui courent partout, les camions garés n'importe comment, les voitures avec les warning et au moins 300 grammes de substances illégales en vente à l'intérieur, et bien sûr les flics au petit matin.
La teuf paraît à première vue largement moins amusante que la rave, objectivement. Et pourtant, non, il n'y a rien de plus génial dans cette vie que de rouler 3h à cinq dans une AX pour aller de coller 120Db de son dans la gueule, se faire proposer des drogues que tu savais même pas que ça existait, voir tout ce monde rappliquer dans le trou du cul de la France en pleine forêt pour une nuit, faire une barrière anti-flic le matin, histoire de "défendre le mouvement", entendre les gens, surtout les filles, dire que "c'était mieux avant", les gars en redescente dire "ça ira mieux demain", et nous nous entendre dire : "on reviendra".