Le Black Album? ^^
« Voici l´histoire d´un groupe qui en est à son cinquième album. Quand on voit ça, on se dit que le travail fourni jusqu´ici a dû être relativement potable pour que le label Vertigo accepte de prolonger une fois de plus son contrat avec le quatuor de musiciens dont il est question. Pourtant, alors que l´on semblait avoir atteint les sommets de la déchéance du metal avec l´épouvantable « ... And Justice for All » et sa batterie résonnant comme deux pièces de Lego frappées l´une contre l´autre, Metallica frappe un grand coup, une fois de plus, plongeant encore une fois plus profondément dans les abysses de la daube, au prix d´un album noir, sans titre, reflétant bien le manque d´âme de ce groupe fade et triste à en crever.
Incapables de trouver un titre à leur album, les papes de l´anti-speed metal ne trouvent pas de meilleure idée que de ne lui donner aucun autre nom que celui du groupe. Après tout, l´effort surhumain qui a consisté à trouver un nom à ce groupe catastrophique est déjà considérable au vu de la pauvreté intellectuelle de ses membres, on va pas leur en demander plus... quant à la pochette, noire de chez noire, elle laisse entrevoir la silhouette d´un serpent dans le coin, symbole ultime d´un groupe qui rampe par terre, incapable de se relever tellement ses derniers albums l´ont condamné à se traîner à ras du sol.
Toutefois très conscients de la pauvreté de leur registre, les membres de Metallicaca nous offrent un titre fort justement intitulé « Sad But True », parce que malheureusement, cette calamité est bien réelle. Le titre, placé en début d´album pour nous rappeler la dure réalité des choses, est précédé d´ « Enter Sandman », qui hélas ne va pas au bout des espoirs donnés par le chanteur: « If I wake before I die » nous laisse penser qu´il va mourir vite pour nous épargner ce supplice insoutenable, mais non, c´est bien reparti pour onze titres dans la foulée, tous plus immondes les uns que les autres.
Si Metallica avait réussi à produire des albums relativement rapides (ou du moins pas trop lents), force est de constater qu´ici, le tempo souffre d´un ralentissement très net, marquant certainement une transition évidente avec un futur silence que tout le monde attend avec impatience. Mais avant ça, il nous faut subir ce disque, noir car très sale, répugnant même, aspergeant l´univers du rock de toute sa crasse et de toute sa médiocrité. Bref, cette production, ultra-lisse pour marquer un côté commercial très fort et pour estomper l´impression de saleté globale véhiculée par cette bande d´alcooliques, est absolument impardonnable. Chose que le groupe a très bien compris, tentant de s´excuser en reconnaissant qu´il est totalement « unforgiven ».
Malgré la tentative de retour aux sources avec « Holier Than Thou », titre plus rapide que les autres, Metallica s´enfonce dans la lenteur, atteignant les abîmes absolues avec « Nothing Else Matters », morceau paradoxalement le moins mauvais de l´album, mais qui prouve ainsi que ces quatre chevelus ne sont pas faits pour le metal, mais pour proposer des ballades mielleuses sans intérêt. Malgré ça, leur esprit rebelle s´insurge très clairement: ils s´en foutent, et c´est pour cela que « rien d´autre ne compte ». Et peu importe où ils traînent (principe parfaitement résumé dans le titre « Wherever I May Roam », lui aussi chiant et interminable), Metallica n´en a que faire, ils vont continuer jusqu´au bout, assénant encore et encore des coups de batterie mous, giflant nos tympans avec des riffs lents et à peine plus imaginatifs que ceux d´un Kurt Cobain un matin d´avril 1994.
Si l´on excepte « The Struggle Within », introduit par la marche d´une armée bien destinée à venir mettre fin à ce cataclysme en exterminant ce groupe pourri, l´album s´achève sur « My Friend of Misery », titre que Metallica tente de justifier par la recherche incessante de compagnons de galère. Un titre bien évidemment dédié à Bob Rock, leur producteur, qui aurait vraiment mieux fait de rester au lit le jour où on l´a contacté pour s´occuper de cette sorte d´antithèse du White Album des Beatles, qui n´ont jamais paru aussi peu mauvais que depuis la sortie de cet album noir comme l´orifice anal d´un taureau en pleine nuit sans lune. »