Certains écologistes ultraconservateurs s’érigent en défenseurs de micro-écosystèmes nébuleux…
Ils semblent ignorer 2 choses. Premièrement : la nature originelle, chez nous, a disparu depuis plus de 6 000 ans. Les paysages actuels avec leur faune et leur flore résultent du travail des paysans. Il est intéressant de faire remarquer à ce sujet que sous notre climat la flore naturelle est la forêt. On le vérifie d’ailleurs depuis plusieurs décennies : dès qu’une terre agricole est abandonnée, elle redevient forêt. C’est ainsi qu’en France les surfaces boisées ne cessent de progresser. Or, tous les spécialistes reconnaissent que la forêt consomme beaucoup plus d’eau que les plantes cultivées, lesquelles n’utilisent pas la totalité de l’eau apportée par les pluies. Par exemple : (toujours selon Dominique Soltner) le blé absorbe 580 mm d’eau par hectare, tandis que la pluviométrie en fournit 800 mm. On peut donc logiquement affirmer (cf. l’article de Nicolas Jaquet paru dans les Echos du 1er septembre 2005) que « ce sont les surfaces agricoles qui, en France, réalimentent les nappes » (merci encore les agriculteurs). Deuxièmement : l’eau c’est la vie qui n’est pas figée mais évolutive ; les écolos devraient donc apprécier les lacs et l’irrigation qui créent des écosystèmes beaucoup plus riches de vie. Et ne parlons pas du plaisir de voir des champs verts et des étangs, plutôt que des déserts. Les touristes sont d’ailleurs de notre avis…
Tout aussi stupide est le qualificatif de « productiviste » qui se veut injurieux. N’est-il pas bon de produire pour nourrir les hommes ? Depuis que le monde existe n’a-t-on pas toujours cherché à faire mieux, n’est-on pas fier d’une belle récolte ? d’avoir mis fin en Europe aux famines ? Ce n’est pas le fait de produire qui est mauvais, ce qui est condamnable c’est de désorganiser les marchés et de livrer le monde à la compétitivité dans le libre-échange.
Enfin pour clore ce débat inépuisable (comme l’eau qui ne se perd pas – voir le « cycle de l’eau ») il faut quand même dire que l’irrigation ne nuit à personne dans la mesure où l’eau pompée dans les rivières irait se perdre dans la mer. Les Français n’utilisent que 3 % de l’eau qui tombe du ciel. Ce ne sont pas les irrigants qui sont responsables de la sécheresse ; au contraire ils en sont les seules victimes car, dès que le niveau de l’eau devient inquiétant, c’est l’irrigation qu’on arrête.
