TRIBUNES2
POURQUOI J´ÉCOUTE DU HARDCORE
La techno hardcore est une incitation à l´insubordination. Notre société vit surtout de la répétition et de la confirmation plus que du plaisir. Ce caractère est exacerbé dans le hardcore, et le plaisir peut naître de la découverte (qui peut être parfaitement intuitive) qu´on en fait.
Ainsi on danse sur la tête du monde, sur sa déraison, on le foule, on le dame, on le compresse, on le suraccélère et on l´atomise ; c´est une ouverture sur la transgression. Transgresser est devenu un acte très difficile parce que la confusion et la soumission à la valeur unifiée de la marchandise n´autorisent aucune distance possible. Le hardcore permet de refaire surface, mais aussi de faire de la musique : composer les sons entre eux exige du musicien une certaine capacité à dépasser les influences, à en rire ; c´est le mouvement même de la vie de se dégager, par tous les moyens possibles, des entraves de la convention.
Bien entendu le hardcore n´échappe pas à la médiocrité, à la copie, au mercantilisme. Mais alors ce n´est plus vraiment du hardcore.
D´autre part, cet aspect transgressif du hardcore lui confère une force très grande, due justement au fait qu´il est une énergie de dépassement. C´est après les armes la plus grande force détonante qu´ait produite la technologie. Mais cette chaux vive (entre des mains expertes) est une puissance bien plus positive, où la technologie se retourne, critique, contre le monde qui l´a produite. C´est la machine (en tant que métaphore de l´ordre socioculturel) qui s´exprime, et elle a beaucoup à nous apprendre sur elle et sur nous-mêmes. La plupart des sons du hardcore (et de la nouvelle techno) sont exclusivement synthétiques, c´est la musique de la technologie, qui est de moins en moins inféodée à la reproduction, à la simulation et à la multiplication de sons d´instruments dits « naturels ». Là elle échappe à l´esclavage et nous invite à nous délivrer, nous aussi, de l´imitation servile des modèles imposés... Dans certains tunnels du métro, le frottement des wagons sur les rails donne un concert acoustique d´une très grande et très rare beauté.
Le hardcore est l´expression d´une certaine virulence. On peut difficilement tricher sur ce point.
LE PROFESSEUR DIABOLIQUE (michel comte du fanzine TNT cosmos la référence)
franchement c´est pas dur de faire moins faux le mec n´y connais rien du tout