Voyant que peu de gens connaisent ce style musical je vais vous expliquer :
1) Son Origine :
Le dub
Ce terme anglais signifiant doubler, copier est un style musical jamaïcain apparu malencontreusement dans les années 1970. Il est fait de morceaux remixés et manipulés en studio. En effet, en studio, King Tubby oublie de connecter la piste de voix et décide de graver ce "titre" en face B. Gros succès. A l´origine, il s´agit donc d´une version instrumentale épurée d´un morceau de reggae dans laquelle on a retiré les voix et à qui l´on fait subir différents effets électroniques. On retrouve le dub sur les faces B sous l´intitulé de version instrumentale ou "riddim" (accompagnements rythmiques). Le dub influencera par la suite la production ambient, techno, jungle ou hip-hop et s´implantera en Angleterre. Les artistes de dub à connaître sont Lee "Scratch" Perry, Mad Professor, Augustus Pablo ou encore U Roy. A noter en marge du dub, le dub poetry qui est de la poésie sur de la musique dub, un nouveau genre créé par LKJ.
2) Le dub Français :
à Lyon, le label Jarring Effect lance quelques groupes qui marqueront rapidement de leur empreinte l´histoire du dub, et dont Hightone est certainement la figure la plus emblématique de par sa volonté permanente de confronter le genre à d´autres styles (rock, hip-hop, drum´n bass, electro, ethno...). A Angers et Saint-Etienne, Zenzile et Brain Damage, deux groupes issus de la scène punk/hardcore, réinventent le dub; les premiers dans une veine rock instrumental résolument axée sur l´interpétation live, les seconds dans un registre plus émotionnel. A Tours, Ezekiel triture ses samplers pour en faire sortir un dub teinté de breakbeat, d´electro et de metal, dans une approche plus radicale du genre. A Bordeaux, le collectif Improvisator dub expérimente à tout va sur des bases rythmiques steppers. A Lyon, les gars de Kaly Live Dub donnent ses lettres de noblesse au dub live, tandis que leurs confrères Löbe Radiant Dub System mélangent les instruments traditionnels aux sonorités électroniques d´aujourd´hui avec un talent qui force le respect. Bon nombre d´autres (pardon pour tous ceux que j´ai oublié...) leur rendent la réplique, suivis de la flopée de nouvelles têtes qui semblent éclorent chaque jour aux quatre coins du pays.
Si les groupes français ne connaissent toujours pas la popularité internationale qu´ils méritent, ils apportent pourtant au dub, en toute objectivité et sans aucun chauvinisme malvenu, un renouveau exceptionnel, en alliant l´énergie live des musiciens (batterie, basse, guitares, claviers...), à d´incessantes expérimentations sur le son, aux samples, scratchs et aux effets. Il en ressort un dub puissant et novateur, qui caractérise à merveille le dub d´aujourd´hui. En témoigne la compilation exclusivement française "Dub excursion", sortie en 2003 sur le label Sounds Arround, qui s´avère être un des meilleurs disques de dub jamais produit, toutes époques confondues; DAF, Eckel & Jeckel, Brain Damage y signent des morceaux d´une qualité musicale à couper le souffle. Citons enfin les parisiens de Lab°, dont les expérimentations rock/industriel (un des musiciens est un ancien de Treponem Pal...) sur les bases du dub caractérisent à merveille l´esprit aventureux du dub hexagonal du nouveau millénaire et sa volonté de sortir le genre des schémas prédéfinis du reggae sur lesquels trop de groupes tendent à s´égarer. C´est là la meilleur définition du dub français: une quête perpétuelle d´innovation.
3) Le neo-dub :
Si, alors que débute la décennie 90, le dub jamaïcain semble condamné à s´enliser faute de renouveau, c´est encore et logiquement en Angleterre qu´il connaît une véritable seconde naissance. Vingt ans après les premières réalisations de King Tubby, et fort du défrichage expérimental réalisé dans la décennie précédente par l´écurie ON-U Sound et Mad Professor, une poignée de groupes anglais donnent une nouvelle impulsion au dub en mariant son feeling initial aux sonorités de la musique électronique, qui triomphe alors avec l´explosion de la techno. Très vite, des groupes comme The Disciples, Alpha & Omega, Jah Warrior, The Rootsman, Bush Chemist, Iration Steppas, Zion Train (et bien d´autres...), s´approprient la tradition des sound systems jamaïcains pour distiller dans les banlieues anglaises un dub résolument électronique, plus radical et violent que le dub originel, créé à coups de boites à rythmes, synthétiseurs et consoles de mixage. En cela, ces pionniers du "neo dub", comme on les appellera rapidement à juste titre, installent définitivement le dub sur les rails de la quête perpétuelle d´innovation qui dès lors ne cessera plus de le caractériser.
En effet, l´explosion de l´électronique musicale qui marque les années 90 permet toutes formes d´expérimentations, dont le dub s´approprie une large part.
En 1995 sortent une série de compilations qui témoignent de cette effervescence créative: Dub Head, Macro dub infection, Serenity dub ou King size dub en sont des exemples représentatifs
Voilà j´espère vous avoir informé sur le sujet et bonne lecture a tous 