K-Def témoigne dans ses mémoires :
"Au lycée, j’ai commencé à mixer dans des fêtes et à faire des mixtapes pour mes potes. Il ne se passait jamais grand-chose à Passaic, à l’exception de ce concert mémorable de Rakim, Big Daddy Kane et Nice & Smooth vers la fin des années 80. C’était complètement dingue de voir toutes ces légendes réunies sur une même scène! Surtout qu’à cette époque, les concerts de hip hop n’étaient pas si fréquents, et encore moins dans le New Jersey. Le hip hop avait encore très mauvaise réputation. Mais, par contre, on vivait les choses d’une manière beaucoup plus passionnée. Je trouve notamment qu’un élément manque cruellement dans le hip hop actuel : la peur. La peur d’être ‘wack’ (nul, ridicule, ndlr), la peur de te faire humilier par un autre MC lors d’une battle, la peur de voir toute une salle te huer parce que t’as pas assuré… À l’époque, tous les rappeurs pouvaient être confrontés à cette éventualité et cette peur les motivait à donner le meilleur d’eux-mêmes. Personne ne songeait à devenir millionnaire, l’objectif était simplement de devenir le meilleur. Aujourd’hui, n’importe quel gamin s’achète une panoplie hip hop, et puis ça y est, le voilà dans le coup. À la fin des années 80 et au début des années 90, c’était différent, il n’y avait pas d’uniforme hip hop. Chaque ghetto avait son propre style et surtout, on s’en foutait des fringues. La tenue vestimentaire c’était ce qui importait le moins. Ce qui comptait avant tout c’était l’argot, l’art et le style. "
Amen....