Solefald c´est deux faces. Celle du metal extrême du côté de Jackheln avec sa voix de loup, ses riffs germains as fuck, c´est le côté obscur: puissant, élégant et viril. Puis il y a le côté clair avec Lazare et ses vocales sublimes, des synthés qui coulent lentement en cascades, la finesse de la civilisation. Le rouge et le noir, voilà ce qu´est Solefald, l´Eros et le Thanatos. Une peinture faite du feu et de l´épique d´un empire passionné à l´aube de sa décadence, orgiaque mais encore érotique, grand et déjà corrosif, dense et généreux tout en étant excessif, moderne et orientalisant. Comprends tu cela Epitaph? il est impossible de partager ces éléments qui s´opposent puis s´imbriquent et jouent ensemble.
Neonism contient cette partie centrale qui est la plus accessible de tout Solefald, mais à côté tu auras le monstrueux Proprietors of Red, un des titres les plus méchants de l´histoire du metal, nietzschéen et vrombissant comme un avion de 44, et qui se paie le luxe de placer des passages ovniesques au possible qui empruntent au hip-hop.
Tu peux aussi écouter In Harmonia Universali, disque de la maturité aux pièces baroques. Probablement la meilleure porte d´entrée. Mais on ne peut comprendre Solefald sans apprécier ses deux faces. Et pour cela il faudra approcher les anciens albums, piquer dans la saga. Solefald requiert du temps. Mais comment ne pas être ébahi devant certains titres. En ce moment Philosophical Revolt, 1997 mais totalement hors-temps, avec cette intro d´orgues disco suivi de contrastes incroyables et de ce refrain avec tappements de mains. L´avant-garde à son sommet le plus haut.
A côté In the Woods... c´est facile, on est dans un registre prog/rock nettement accessible. Mais tout aussi excellent bien sûr 