...s'appellera 5.2, et oui Darkspace n'ont rien inventé). Le nom du groupe lui-même n'a aucun rapport avec la musique, c'était écrit sur un camion stationné devant le studio dans lequel ils ont enregistré le premier album (donc, oui, ça vient peut-être de la marque d'aspirateurs).
A partir de là, le risque est de se retrouver avec un clone du Globe Unity Orchestra ou avec des énième Brötzmann-like qui proutent dans leur saxo en faisant atention à ce que ce soit ni mesuré, ni harmonique car c'est presque interdit (et ça s'appelle improvisation libre, la blague). Et bien pas du tout. Tout d'abord parce qu'il ne s'agit pas d'une formation de jazz classique (comme beaucoup de groupes d'impro libre) mais d'une formation électrique : trompette avec traitements (et voix de temps en temps), claviers (synthétiseurs divers, orgues électriques, Fender Rhodes, etc), batterie et audio virus (Helge Sten derrière un rack de synthés, effets, etc). Les ambiances sont fabuleuses, constamment à la limite entre mesuré et non mesuré, harmonique et inharmonique (ils sont quasiment les seuls que je connaisse). C'est extrêmement contrasté, il n'y a qu'à voir le dvd (7), de longs morceaux épiques d'une demi-heure qui commencent en souffles avortés et se terminent en apocalypse noise avec Arve Henriksen (le trompettiste) hurlant comme un possédé au rappel tout en retenue qu'on croirait presque sorti d'un (bon) album de Vangelis. A noter que ce dvd est probablement ce qu'ils ont fait de mieux (et en plus on a l'image, dans un superbe 16mm n&b granuleux à souhait).