Y a pas de quoi ^^
J´avais fait Hypnotize de SOAD dans le même genre:
Soucieux de bien vendre sa camelote, le quatuor d´Arméniens qui nous avait déjà avertis de la toxicité ambiante de sa musique en 2001 décide de publier deux albums séparés aux titres proches d´un point de vue sonore (splendide rime en -ize, qui aurait pu sous-entendre un 3è volet logiquement intitulable « Scheiße ») pour réaliser une opération commercialement moins calamiteuse qu´un double album onéreux et pas forcément adapté à un public de rebelles désirant verser le moins d´argent possible au grand méchant Columbia. C´est vrai que deux albums à 25 dollars, ça donne l´impression de moins se faire enculer qu´un double CD à 35 dollars.
Après « Mezmerize », voici « Hypnotize », dont le titre est extrêmement préventif malgré tout. En effet, l´exceptionnelle première piste, Attack, nous donne l´impression que SOAD a décidé de ne plus être ridicule. L´effet hypnotique est là: cette piste très accrocheuse donne envie d´écouter le reste, et c´est là un plan monstrueusement machiavélique qui fera perdre près de 37 minutes aux plus courageux d´entre nous. En effet, la recette exceptionnelle de SOAD pour forcer le consommateur a écouter son album jusqu´au bout est de proposer des pistes dont la qualité s´effrite au fil de l´écoute de l´album, gardant le meilleur (que dis-je, le moins mauvais) pour l´introduction, histoire de nous contenir un minimum en haleine.
Conscients de leur réputation de bourrins anti-mélodieux, que même le tube Chop Suey n´avait pu altérer, les « -ian boys » (surnom attribué à l´ensemble du groupe pour la terminaison arménienne de leurs patronymes) choisissent ici de commencer par ce qu´ils savent proposer de potable, même s´ils demeurent toujours aussi insouciants au niveau des titres, pour la plupart très révélateurs et rarement implicites. Ainsi, « Dreaming », qui s´ouvre sur une nouvelle performance vocale proche de l´opérette, est une preuve incontestable que le groupe a bon espoir à l´entame de cet opus consternant mais néanmoins très lucide, comme l´indique « Kill Rock N´ Roll », témoignage de la clairvoyance des membres de SOAD vis-à-vis du désastre qu´ils proposent. « Tentative » est un titre qu´ils cherchent à justifier de la même façon; mais c´est pas la peine d´essayer les gars, ça fait déjà trop d´albums de votre part, on a compris.
« Stealing Society », titre rebelle par excellence, s´ouvre sur un riff punk/metal relativement efficace, mais entaché de « yeah! alright! » ridicules qui confirment le statut terriblement rebelle du morceau. Donc après, nous avons « U-Fig » ; ici, le titre est volontairement dénué de sens, pour qu´on ne puisse pas lui trouver d´interprétation. C´est une de fois de plus un échec, puisqu´il est bien connu que tout titre dénué de sens en apparence annonce un morceau manquant totalement d´intérêt, à l´instar de tous les morceaux intitulés avec des initiales ou un nom de code non expliqué dans la chanson. Suite à ça, le groupe propose « Vicitiny of Obscenity » pour donner l´impression d´écrire des chansons profondes issues d´intenses réflexions philosophiques. Ce qu´en d´autres termes nous appelons de la branlette intellectuelle.
Au final, nous justifierons donc une note relativement proche de la moyenne par une pochette somme toute pas trop laide (contrairement à celle de Toxicity, d´un manque d´imagination débordant, digne d´un recalé au concours de pochettes d´album proposé par Rock & Folk), par la présence d´une chanson [d´ouverture] de qualité, fait très rare chez ce groupe qui sauve enfin la mise par un regard critique de plus en plus clair vis-à-vis de ce qu´on ose qualifier de leur « œuvre ».Note genérale: 3/10