Assez fan de la voix de ce chanteur, je me disais qu'il fallait réparer ma méconnaissance de son œuvre, se limitant à la chanson le chanteur, qui me fait bien marrer, ainsi que ses autres tubes qui sans être des écoutes régulières, peuvent attirer mon appréciation des sons ou des textes (Mon fils ma bataille, Vivre ou survivre, L'Aziza).
Je me lance donc dans sa discographie pour découvrir avec surprise qu'il n'y a à côté desdits tubes strictement rien qui s'approche qualitativement de ce qui fut diffusé massivement sur les ondes, et reste aujourd'hui la partie connue de sa production. Rien de bien étonnant me direz-vous, puisque c'est le sort de nombreux artistes n'ayant connu la célébrité qu'à une ou de rares occasions. Sauf que là on ne parle pas du premier clodo venu mais de Balavoine. Quand même, merde ! 
Me voilà presque arrivé au terme de la discographie, et c'est alors que je me prends par surprise la chanson mise en lien ci-dessous dans les esgourdes. Le choc ! 
https://www.youtube.com/watch?v=cxLM353ydM4&list=PLTXCYthC9I9TQP8UnSavm3ObV8u9yVPm8&index=3
Que l'on ressente ce genre d'attirance pour de jeunes adolescentes, cela pourrait déjà amener une certaine réflexion pour combattre ce ressenti, que l'on pourrait analyser comme problématique, par honte, sens moral ou que sais-je encore. Je peux néanmoins comprendre le point de vue (ou la faiblesse, c'est selon) de l'homme. Admettons. 
Une question subsiste néanmoins. Que pousse l'éphébophile à coucher sur le papier, puis interpréter son cri de désir réprouvé par la société ? N'est-il envisageable d'expérimenter sa passion comme un hobby totalement cloisonné de l'art ? L'homme passionné persiste, rassemble sa plus grande, sa plus brûlante inspiration, et rédige sa chanson. Admettons. 
Une seconde question la suit immédiatement. Pourquoi donc choisir de diffuser ladite chanson, surtout pour un artiste d'une telle célébrité avec sa réputation ? Certes, c'était une autre époque. Les grandes heures des déclarations enflammées de Cohn-Bendit et la défense de la pédophilie par Libé n'étaient pas si anciennes. Une piqure de rappel après les grandes heures Libération semblait bien nécessaire. Si ça ne semble gêner personne, alors allons y quoi ! En plus les lycéennes s'agglutinaient bien à ses concerts, c'est donc la preuve qu'elles cherchaient ! Ce n'est pas lui qui les a débauchées, ce sont elles qui demandaient ! ADMETTONS.

Une ultime interrogation semble cependant ne pouvoir être résolue. Si toutes les précédentes barrières morales ont été allègrement défoncées pour concrétiser ce projet, pourquoi avoir osé mettre sur galette une telle merde ?! 
L'écriture semblant tour à tour tracer une barrière claire d'interdiction de la pédophilie : "on peut tout imaginer mais il ne faut pas toucher", après avoir multiplié les termes ambigus : "lolitas", "elle a toujours des pensées SI FINES", "qu’il faut respecter son corps TRES FORT" (?), "le goût de ses larmes fait sur moi l’effet de l’alcool" (!). 
Mais surtout ce refrain, point culminant d'intensité associant le martèlement de batterie à un lourd riff sauvage que moult clameurs viriles de groupes de power metal n'auraient renié, débouchant sur l'électrisante exclamation de l'amoureux de la jeunesse : "LES PETITS LOLOS ! JOLIS LOLOS !"

Mais AYAAAAAAA ! Mais qu'est ce que c'est que ça ?! DE L'AIR BORDEL ! D'autres sur un thème similaire nous ont livré la dynamite, les seins de bakélite qui l'excitent (chanson qui me fait aussi souffler du nez par ailleurs, mais là on est à dix galaxies de Gainsbourg), mais le grand Balavoine lui nous fait rêver avec son évocation de LOLOS de lycéennes (je suis gentil) ! 
Et dire que ce truc de pédo (ou au mieux de gros beauf à la plume) est devenu un tube en 1984 ! Mais pourquoi n'est-il plus diffusé aujourd'hui aux côtés des incontournables de notre regretté Dany (tiens, un autre. Une récurrence ?) ? C'eut été fort dommage de passer à côté de ce sommet artistique. 
Avec ça il complète le package du parfait gauchiste. On va finir par croire que c'est un incontournable de ce bord politique. Nom de dieu. Si j'ai perdu mon temps musicalement, je ne regrette pas de m'être farci ses laborieux disques pour y dénicher cette pépite. N'existe-t-il pas un terme équivalent à navet pour la musique ? 