Voilà, j´ai scanné le début de l´article.
Kesako le SLUDGE ?
Le cousin. du stoner, qui naît lui aussi au début des années 90 mais en Louisiane. A l´instar du stoner il prend ses racines dans la scène doom des années 80 mais se développe de façon plus tortueuse: le son est plus radical, plus sale, poisseux, saturé et parsemé de larsens, les vocalises sont elles le plus souvent criées. On donne au style le nom sludge, ou sludge metal, sludgecore quand on y trouve une composante hardcore/punk. Le genre devient finalement un fourre-tout et on utilise cette étiquette pour décrire un groupe extrême avec un son sale même lorsque l´influence doom n´est plus évidente.
En Nouvelle-Orléans les premiers groupes du genre s´appellent Eyehategod et Soilent Green ( qui commence sa carrière en 89 mais ne sortira rien avant 95) doom toujours plus lent, relevé de vocalises malsaines pour les premiers, grind hybride pour les seconds. Notons aussi Crowbaret ses riffs plombés, souvent affilié au style. Plus à l´Est, en Caroline du Nord Buzzov-en s´agite. Couverts de terre en concert, les membres du groupe balancent leur sludgecore énervé entre deux samples tirés de films d´horreur. Dans le Massachusetts c´est Grief qui mène la barque. Les thèmes de prédilection de ces groupes? La drogue, la religion, l´aliénation: souvent assez nihilistes et pessimistes, les combos développent des thèmes durs à l´image des artworks de leur 45 tours et splits ( souvent en noir & blanc, mélange de photos morbides, d´archives et de dessins, assez proches des visus du Punk Crust parfois) qu´ils sortent sur de petits labels ( SlapA Ham, Pessimiser, Life Is Abuse . .,). Il n´est pas toujours aisé de cerner le genre derrière le terme, d´abord usité pour décrire la scène de la Nouvelle-Orléans ( où tout le monde joue avec tout le monde) et des formations parfois très différentes. Celui-ci désigne désormais par extension les groupes dont la musique se rapproche de cette scène et ce avec la même diversité donc. Mais certains combos s´y trouvent parfois davantage rattachés à cause de leur imagerie, ambiances et thématiques abordées dans les textes, que véritablement à cause de leur musique, en outre les labels qui sortent leurs enregistrements et les groupes avec qui ils tournent sont déterminants. Certains ne perçoivent le sludge que comme une forme, de doom plus radicale, mais le terme, comme nous l´avons vu désigne en fait par extension une frange plus large de la musique extrême. Il permet en effet de rapprocher autant des groupes à dominante grind ( Soilent Green, Mistress), qu´influencés par le punk/crust ( Buzzov-en, 13) ou encore hardcore noise ( 16, Jumbo´s Killcrane) et dont la composante doom
est finalement parfois même très légère : davantage qu´un son particulier, il s´agit d´un esprit. La musique revêt en effet différentes formes mais se révèle presque toujours destinée à malmener l´auditeur en lui exposant violemment un mélange nihiliste de haine, de souffrance et de fatalité.
Source : Velvet Magazine n°3