Je ne connais pour ainsi dire pas l'album El Norra Alila ni son concept. Mais on trouve également des prières sur Mabool.
Rien de plus naturel pour un album qui conte la décadence de Babylone avant le Déluge, le rapport des religions entre elles et avec le peuple, et avec Dieu.
L'homme est un être de croyances, de foi, de représentation et de symboles, il a une spiritualité, un rapport à la transcendance, il est capable d'avoir une vue sur lui même, de se créer une morale, des mythologies et des religions. Les religions ont pendant des siècles été parmi les aspects les plus importants de territoires correspondant à des continents entiers, combien d'hommes et de femmes cela fait-il? des milliards, qui ont vécu dans ces religions et beaucoup de ces hommes y ont eu un rapport personnel, avec ses nombreuses facettes, ne se résumant pas à une entière dédication.
Rares sont les sujets qui pénètrent aussi profondément dans notre nature, nous engagent autant, pèsent sur nous de toute leur histoire. Tenter de se dégoûter de tout cela, c'est se nier soi, nier les hommes qui ont véu avant soi, et nier le contexte dans et par lequel les choses ont fini par changer. J'ai vu plusieurs auteur qui renversaient le christiannisme et le divin, Feuerbach, Marx, Nietzsche, et avec de l'ardeur, beaucoup d'ardeur, et pourtant je n'en ai vu aucun qui n'eut pas respecté profondément ce qu'ils attaquaient si violemment. Et il n'y a d'ailleurs qu'ainsi qu'on peut se barder d'un anti-christiannisme, en ayant le vertige de ce que cette construction a d'immense, ou elle prend ses racines, ou elle fleurit et là ou elle s'élève; la religion a la dignité et la force d'un ennemi de valeur. Le mépris, qu'on donne aux petites choses, ne lui convient pas du tout.