«Le passé a kidnappé l´avenir», écrit-il dans son album Temps mort, certifié disque d´or. En attendant, c´est sa réputation qui l´a rattrapé. Au printemps dernier, des jeunes le prennent à partie dans une boîte d´Aubervilliers : «Ce n´est pas la première fois que des mecs venaient me brancher sur le mode " C´est toi, Booba" d´un air " Voyons ce que t´as dans le ventre."» La confrontation tourne mal. Un des impliqués est grièvement blessé par balle. On accuse Booba d´avoir tiré. Le Monde et le Parisien relaient l´information. «Quand je fais de la musique et que j´obtiens un disque d´or, on n´en parle nulle part. Mais que je trébuche et, là, j´ai ma tête en gros plan dans les journaux. J´ai fait quatre mois de prison pour ça. Après confrontations et expertises balistiques, la juge m´a finalement libéré.» Depuis, Booba participe à la bande originale de Taxi 3 et passe en radio avec Destinée. En interview, il modère les positions virulentes de son album sur les homosexuels ( «Je suis qu´une petite vedette anti-dèp») : «Quand je parle de rap de pédé, je parle de rap de fillette. Je ne me considère pas comme homophobe, juste gêné quand je vois deux mecs s´embrasser. Tant qu´ils ne me draguent pas, moi, je reste tranquille.» Sa haine des «condés» reste toujours aussi vive : «Il faut les voir quand t´es en garde à vue, ils ne valent pas mieux que les mecs qu´ils arrêtent.» Mais, là aussi, il y a de l´espoir : «Remarque, les policiers aussi s´ennuient, ils se disent : " Allez, on va s´en contrôler deux-trois." Les petits du quartier rêvent de Tony Montana ( héros de Scarface), eux de Rick Hunter ( le flic de la série télé américaine du même nom, ndlr).»
VOila la vérité sur l´incident qui est arrivé en Avril 2002
==>Booba risque 3ans de prison :/
A LA BARRE, BOOBA n´a rien d´un tigre. Un sweat-shirt et un jean baggy, dans le plus pur style rappeur, sur le dos, ce grand métis de 27 ans donne l´image d´un homme très calme et posé. Pourtant le substitut du procureur a requis, hier devant le tribunal correctionnel de Bobigny, une peine de trois ans d´emprisonnement dont une partie assortie de sursis. Booba, Elie Yaffa de son vrai nom, comparaissait car il était soupçonné d´avoir blessé par balle, en avril 2002, Ahmed Sanogo, 20 ans, devant la boîte d´Aubervilliers le 287 Café. Cette nuit-là, le rappeur est convié au 287 par le DJ Cut Killer. A l´entrée, il est éconduit par les agents de sécurité et parvient à entrer par l´entrée VIP. Vers 5 heures, sa petite amie Estelle est importunée par Yannick, un jeune homme originaire d´Epinay, ville où la jeune fille a été élevée. Une bagarre éclate et les videurs poussent tout le monde dehors à grands renforts de bombe lacrymogène. Sur le parking, une dizaine de jeunes s´en prennent au rappeur. Des coups de feu retentissent et Ahmed est touché à l´abdomen d´une balle de 6,35. Il ne sent plus ses jambes, s´accroche à un videur avant de se laisser aller sur le sol. Pour le rappeur, qui nie toujours fermement avoir tiré et même assure qu´il n´a jamais été armé lors de cette soirée, il a bel et bien été agressé. Dans la rixe à l´intérieur, il perd une chaussure qu´il veut coûte que coûte récupérer. « J´étais en chaussettes. Je parlais à un videur car je voulais récupérer ma basket quand j´ai entendu une première détonation. J´avais déjà reçu plusieurs coups sur la tête et du gaz lacrymogène. Je ne connaissais pas ces gens d´Epinay. Ils étaient tellement acharnés que j´ai pensé que les coups de feu m´étaient destinés, raconte-t-il. Je n´ai pas vu la victime tomber. Je me suis dirigé vers ma voiture pour me sauver. J´avais des raisons d´avoir peur. » Alors qu´il quitte le parking, il est gazé par Albert Ngangue Ngangue, un des videurs, et sa voiture essuie des tirs d´un pistolet de calibre 6,35, précisément le même que celui qui a touché Ahmed Sanogo. Tout le dossier de l´accusation repose sur le témoignage des videurs de l´établissement. Albert Ngangue Ngangue, témoin clef, affirme d´entrée qu´il a vu Booba, un client comme un autre, ouvrir le feu avant de prendre la fuite. Il décrit même l´arme comme un petit pistolet automatique chromé. Mais il omet de dire que lui-même est originaire d´Epinay et connaît la victime et ses amis. Ahmed Sanogo n´a pas vu Booba lui tirer dessus. Quant à Yannick, le copain d´Ahmed par qui la bagarre avait commencé, il est formel :%i%] « J´ai doublé Ahmed pour insulter Booba. Ahmed est tombé mais je n´ai pas vu Booba tirer. »M e Yann Lebras, l´avocat du rappeur, a demandé la relaxe soulignant l´incohérence et les contradictions des témoignages à charge. Selon sa version, Ahmed Sanogo a été touché par une balle perdue.
La décision sera rendue le 4 novembre.
En bref,Booba,toujours impliqué dans des histoire de gun...