C'est une expérience, assurément. Et pourtant, finalement, ça n'a pas tellement rompu le quotidien des gens. Avant le cyclone, personne ne semblait s'affoler, les bulletins météo étaient catastrophiques, mais ça n'inquiétait pas, je pensais que les gens n'avaient pas conscience de la gravité de la situation. En fait, si, ils en avaient consciences, mais ils avaient aussi conscience de leur impuissance face à un phénomène naturel d'une telle ampleur, l'habitude d'en voir se produire, avec toutes les conséquences qu'il en résulte, les a rendu assez fatalistes, ou tout au moins relativistes. Le lendemain, ils reconstruisaient, réparaient, nettoyaient, l'après midi, les activités normales avaient plus ou moins repris.
Et puis finalement, par rapport au niveau ambiant de misère, ça n'a pas changé grand chose, il y avait, avant le cyclone, de nombreuses choses assez cauchemardesques. De même après. Ce qui m'a le plus choqué je pense, ce sont les déformations physiques dues au manque d'hygiène, à l'absence d'accès au soin. Les gens amputés, gangrenés, ceux avec des membres qui ce sont développés anormalement, etc. Assez trash.