Bonsoir,
Voici maintenant 1 an que je possède Journey, et je médite beaucoup dessus... Mais avant de lire ce qui va suivre, je vous propose de lancer ces deux musiques à la suite pour une lecture peut-être plus agréable. 
http://www.youtube.com/wawatch?v=w7YfSEyuIcg&sns=em
http://www.youtube.com/wawatch?v=ypNgvc6c6Cc&sns=em
Beaucoup de personnes ont déjà bati sur ce forum de nombreuses interprétations sur ce jeu et je ne vais peut-être pas être très original. Mais je promets que tout ce qui suit était déjà dans ma tête avant que lise les topics en question.
Journey, qu'est-ce que c'est ? Une leçon de vie, un nouveau départ, un coup de pouce ? Peut-être tout cela à la fois.
On dit souvent que les jeux vidéo ne sont en rien une alternative à la vie, car justement, on se place dans un cadre virtuel. Thatgamecompagny prouve le contraire en proposant une émotion avant de proposer un jeu, tel que dans Journey, mais aussi dans ses autres œuvres.
Je vais peut-être empiéter sur ma vie privée, mais les jeux vidéo peuvent avoir des vertues thérapeutiques. Journey m'a aidé quand j'allais mal, car comme le souhaite ce si chouette studio, il doit avant tout procurer pléthore d'émotions au joueur pour qu'il en oublie l'extérieur. N'avez-vous jamais cherché la beauté dans la simplicité ? Se dire que la vie est courte, et consacrer 2h à une œuvre pourrait tout lui changer ?
Face à mes problèmes et je n'en parlerai pas, car ils sont derrière moi, j'ai donc découvert ce havre de paix qui est Journey. Je renaissais l'espace d'un instant dans le premier niveau ! Loin, très loin des jugements et regards malfaisants, dans un simple desert. Ici je suis tranquille, mais il faut avancer, donc j'avance ! Je monte, même si mon personnage est fragile, sur la première dune : ce n'est pas simple mais j'y arrive car cette naissance est donneuse de confiance. On m'a placé ici, on croit en moi, enfin !
Ce début commence bien, puis on glisse sur ce qui s'apparente la première fois être un cimetière. Je me dit que j'ai de la chance alors, un jour je serai comme eux, mais pas encore ! Alors je souris légèrement et j'avance ! Encore, encore puis je passe au prochain niveau...
C'est là que la personnalité se créer. On prend confiance de son corps et des possibilités qu'accordent la robe. Ce pont est à reconstruire, oui mais il est là, donc tout n'est pas perdu d'avance. Rien n'est en réalité tout rose, tout propre, la perfection n'existe pas et on ne choisit pas là où on nait. Avec patience je parviens à reconstruire ce pont qui malgré son allure reste un chemin honnête et modeste, et je suis satisfait, tout simplement ! 
Il est encore tôt pour croiser quelqu'un mais ça arrive, car ça ne se calcule pas dans la vie. Ça va, ça vient.
Je poursuis mon chemin, j'avance dans le temps mais je ne suis pas pressé. Oui je souhaite voir la suite mais je sais qu'une fois là-bas, je regretterai peut-être le passé, le niveau précédent. Alors finalement je profite de la jeunesse et glisse quelques instants dans le sable. Je passe un bon moment, comme parfois dans la vie.
J'avance et ne recule plus, j'ai en face de moi un immense desert rose. Je suis un peu perdu, je ne sais pas par où aller, personne n'est là pour me guider, alors je fonce vers l'évidence. Un petit tapis se dévoile en contre-bas, je décide de le suivre mais pas trop, car dans la vie il faut aussi se laisser porter par soi-même et emprunter le chemin qui nous correspond. Je découvre par exemple une petite fleur qui me rappelle que j'aime la poésie, je suis content, puis je regarde les étoiles voler au-dessus de moi. Elles viennent de la montagne, je me souviens enfin de mon objectif ! Il faut s'y accrocher et parfois laisser de côté l'amusement, je me rend alors sur le toît de la grande industrie. Le premier signe d'un voyage un peu plus adulte.
J'y rencontre un mentor encore énigmatique, mais quand on est jeune on ignore un peu l'importance des proches donc on esquive ! On veut du vivant, donc je glisse dans le prochain niveau... Je quitte le cocon pour m'élancer dans la vie, le soleil est rouge vif et je suis prêt ! Enfin je l'espère, car l'espoir fait vivre. À l'issue de cette glissade trop prématurée je m'engouffre dans l'obscurité.
La vie n'est pas si simple...
Je m'égare et rencontre de nouvelles créatures, de nouvelles personnes sur mon chemin, comme dans la vie. Une page se tourne et je trouve également des détracteurs, des War-machines qui me veulent du mal. Je tente de les esquiver car il faut savoir ignorer les problèmes dans la vie, parfois. Mais ne nous le cachons pas, ce n'est pas toujours simple et une fois blessé, ça fait mal même si ça ne se voit pas. L'écharpe est rabaissée, de la même façon que l'ambition, dans la vie. Je souhaite sortir de ces années noires qui m'ont demandé beaucoup d'acharnement et je demande comment. Il faut travailler, chercher, s'accrocher !
Puis je tombe sur cette tour. Elle n'est pas simple à gravir, mais c'est mon issue de sortie. Alors je fonce, quand soudain un autre joueur me croise ! Que cherche-t-il ? A-t-il des problèmes comme moi ? Quoi qu'il en soit il faut s'entraider pour trouver le bonheur. On rencontre enfin de merveilleuses créatures et de belles couleurs, on s'accroche. On s'accroche. Puis on y arrive... On est au sommet de la satisfaction, peut-être à la trentaine de notre âge. Hélas ce n'est pas fini, car le temps n'attend pas, il faut continuer sa vie et vieillir. Mais vieillir à deux.
On se parle peu mais on se comprend, donc on s'élance dans le premier jour du reste de la vie. Essayons, maintenant que nous sommes plus forts à deux, de grimper cette montagne. Ce n'est pas évident, nous vieillissons et nos mouvements sont plus lents. Les douleurs arrivent, les détracteurs reviennent mais il faut se battre pour tout ce que l'on a véçu ! Toutes les leçons qu'on a gardé dans nos vies différentes. La foudre fait maintenant rage mais on continue d'avancer, car on ne s'arrête plus à ce stade. Côte-à-côte on lutte à la difficulté de la vie... Puis... Doucement... On ralentit. On accepte son sort, c'est le cycle de la vie, il y a une fin. On finit par s'arrêter et s'éteint, l'un sur l'autre. On ne se connait pas, on est issu de la même façon, on finit donc de la même façon. L'âme doit maintenant s'envoler au ciel...
Il y a de l'espoir, celui d'un monde meilleur, ailleurs ! Tout n'est pas fini, il reste la lumière de la montagne qui nous faisait rêver étant jeune car inaccessible. En s'élance alors ensemble dans ce havre de paix. On retrouve les tapis du début, et toutes les créatures de bien qui nous ont aidé à avancer. On n'oublie jamais le passé, on devient nostalgique. La fin approche bientôt, et elle sera peut-être à l'origine d'un autre départ. On souhaite alors rentrer, tendrement, dans la lumière. Mais on résiste un peu un instant car on se rappelle de ce moment où la vie n'avait pas encore beaucoup de sens, et qu'on profitait juste de l'instant. Donc on profite, avec sous nos yeux tout notre passé joyeux peint de bleu et de blanc. Puis l'heure arrive, car le temps n'attend toujours pas, et on se dirige vers la lumière. On chantonne nos premiers sons car on a définitivement compris que la vie est trop courte et qu'il faut savoir en profiter à chaque instant... Il y a une fin à tout, mais surtout un début à tout. Derrière cette lumière, il y a peut-être la renaissance ou simplement un lieu où on prendrait soin de ses proches, depuis les étoiles. Tout dépend de la vision de chacun, ou de sa religion.
Journey est peut-être court, mais il est intense. En l'espace de 2h, j'ai compris le sens de la vie : elle est précieuse, courte et difficile. Mais bon Dieu elle vaut le coup !
Bons voyages, et longues vies à vous tous ! 