Les deux parties en conflit dans le lockout NBA se sont bien rencontrées hier à New York pendant deux petites heures, tout en se mettant d’accord pour se revoir ce mercredi. D’après David Stern, le Commissaire de la NBA, c’est aussi lors de la réunion d’aujourd’hui qu’ils détermineront si cela vaut la peine de se revoir dans un futur très proche.
La fête juive de Rosh Ashanah (Nouvel An Juif) représente un obstacle à ces réunions,
mais il apparaît que les représentants des deux parties seraient prêts à faire des efforts si de réels progrès étaient entrevus aujourd’hui et donc indiquaient qu’une solution, et un accord, pouvait être trouvée dans les prochains jours.
« Ils ont décidé, tout comme nous, que tant qu’il y avait de bonnes raisons de continuer à discuter, nous le ferions, sans tenir compte du calendrier, des weekends ou de choses comme ça. Nous en saurons plus après la réunion de demain [aujourd'hui - ndlr] » a déclaré le Commish
Rich Bucher, d’ESPN, a tout de même pu se procurer des informations sur les propositions émises par le camp des propriétaires lors de cette réunion « express ».
Suite au refus net et complet d’un « Hard Cap » par le syndicat des joueurs, les propriétaires seraient donc venus avec une proposition alternative où il ne serait pas question de « Hard Cap » mais où, évidemment, le partage des revenus serait en leur faveur et où les exceptions au « Salary-cap » seraient réduites.
La plus fameuse exception au Salary-cap existant dans le CBA ayant expiré était bien sur la « Larry Bird Exception » qui permettait aux équipes de re-signer leurs free-agents, mais seulement ceux ayant au moins trois saisons d’ancienneté dans l’équipe sans avoir été jamais « coupé » mais ayant pu être échangé, sans se soucier de l’impact de ces contrats sur le salary-cap, la team du joueur pouvant lui offrir plus d’années et donc plus d’argent que les 29 autres de la Ligue. Dans leur proposition, les propriétaires voudraient voir cette exception réduite à un seul joueur par équipe et par saison.
Une autre exception assez connue, car très utilisée par toutes les teams, est ce que l’on appelle la « Mid-Level Exception », permettant aux teams de signer un ou plusieurs joueurs pour un montant égal au salaire moyen d’un joueur NBA (qui commençait à 5,85 millions en 2009-2010 mais qui, avec son augmentation de 8% par an pendant la durée d’un contrat maximum de 5 ans, l’amenait a 7,4 millions par an, dans les faits). Ces contrats étant destinés à des joueurs de complément, plus qu’à des stars aux revenus plus proches des cimes, leurs montants pouvaient devenir très vite exorbitants par rapport aux prestations des joueurs. Des joueurs comme Drew Gooden (Bucks), par exemple, ramassent quelques 6 millions de dollars par saison pour une productivité ne valant pas un tel montant (11 pts, 7 rbds par match en 2010-2011). On pourrait aussi citer le cas du Laker Vujacic ou celui, plus ancien, du Knick Jerome James (qui a même signé deux contrats de type Mid-Level dans sa « carrière »). Les proprios voudraient donc voir le montant et la durée de ces contrats réduits.
Enfin, les « Milliardaires Associes » voudraient aussi voir le montant de la « Luxury Tax » (Taxe de luxe qui voit les équipes payer 1 dollar de taxe pour chaque dollar dépensé au dessus du Salary-Cap) être sérieusement augmenté pour inciter les teams à ne pas la dépasser.
Ces trois mesures font l’effet d’une auto-protection de la part des proprietaires puisqu’elles les inciteraient à dépenser moins et à ne pas avoir à suivre la folle course en avant d’un GM un peu trop lâche avec les cordons de sa bourse.
Toutes ces restrictions ne sont malgré tout que périphériques puisque l’un des nœuds du problème du lockout est la répartition du BRI (Basketball Related Income), dont les joueurs touchent actuellement 57%. Lors des dernières réunions, ces derniers avaient indiqué qu’ils étaient prêts à faire des efforts de ce ce côté si les propriétaires abandonnaient leur idée de « Hard Cap », ce qui semble être le cas d’après les infos d’hier.
Les joueurs avaient proposé de ne recevoir qu’aux environs de 52% de ce BRI pendant la durée du prochain CBA alors que les propriétaires étaient arrivés la semaine dernière avec une répartition 54-46 en faveur de « Buss, Cuban et Associés ».
D’après les dernières infos de Chris Broussard, lui aussi d’ESPN, les propriétaires auraient légèrement augmenté la part des joueurs dans leur proposition de ce mardi en la faisant monter à 48% (contre 52 pour eux, évidemment), mais tout en ajoutant une diminution des salaires actuellement garantis. Les émoluments des joueurs seraient donc amputés de 5% lors de la prochaine saison, de 7,5% en 2012-2013 et de 10% en 2013-2014.
Les joueurs n’ont réagi officiellement que par la voix de Derek Fisher mais ceci sans évoquer spécifiquement toutes ces propositions des propriétaires.
« Personne n’est lié à des idées jetées en l’air lors d’une réunion. C’est tout un processus que nous essayons de suivre pour voir si un accord peut être trouvé » a déclaré le President du syndicat des joueurs.
Il semble donc que l’urgence ait pris le dessus lors des derniers jours, après l’annonce de l’annulation des premiers matches de pré-saison et que les deux camps soient prêts à faire des concessions et ne restent plus arc-boutés sur des propositions dont ils savent que le camp adverse ne pourra que les refuser. L’argent, plus que le principe, semble être maintenant au centre des débats et, à voir les sommes qui pourraient être perdues en cas d’annulation de la saison, ce pourrait être la meilleure nouvelle de cet été…
