Ils exagèrent peut-etre mais voici ce qu´elle dit:
PARIS (Reuters) - L´ancien championne du monde d´heptathlon Eunice Barber annonce qu´elle souhaite engager des poursuites judiciaires après son interpellation musclée par plusieurs policiers samedi à Saint-Denis, près de Paris.
Dans une conférence de presse organisée chez son avocat, Me Emmanuel Daoud, la championne a déclaré qu´elle allait informer le parquet de cette affaire.
Si le ministère public ne juge pas utile d´ouvrir une procédure d´enquête, Barber a fait savoir qu´elle portera plainte contre les policiers qui l´ont interpellée et qu´elle se constituera partie civile.
La Française, qui a obtenu une interruption temporaire de travail (ITT) de sept jours, a raconté en pleurant les conditions de son interpellation et de sa garde à vue samedi dernier aux abords du Stade de France.
Elle se trouvait à bord de sa voiture en compagnie de sa mère et de son neveu aux moments des faits.
"J´ai tourné à gauche alors qu´un officier de police m´avait demandé de prendre à droite. Je n´ai pas compris son indication", a-t-elle dit.
"Le policier a tapé sur ma voiture. J´ai ouvert la vitre et ce policier m´a giflée. Je suis sortie de la voiture. D´autres policiers sont arrivés."
"L´un m´a tordu la main et un autre m´a tiré les cheveux puis ils m´ont plaquée au sol", a ajouté Barber qui porte une minerve et qui souffre d´insensibilité dans les deux mains et d´une élongation à l´épaule droite.
PLAINTE AUPRES DE L´IGS
"Ils m´ont ensuite mise dans le fourgon. Là, deux femmes m´ont marché sur les mains et la tête. Elles m´ont dit: ´tu crois qu´on fait ça en Afrique´?"
"Elles m´ont dit: ´tu as de la chance qu´il y a du monde sinon on pourrait te faire pire. Quand tu sortiras d´ici tu portera des béquilles´."
Barber a dit ne pas savoir pourquoi les policiers se sont comportés avec elle de la sorte.
La championne a également précisé qu´à ce moment de l´interpellation les agents de police ne connaissaient pas son identité.
"Ils sont devenus gentils une fois qu´ils ont su qui j´étais", a-t-elle insisté.
La championne, remise en liberté dimanche après une journée en garde à vue, a affirmé être encore très choquée et a dit avoir peur.
Barber a déjà déposé une plainte auprès de l´inspection générale des services (IGS, la "police des polices") mercredi.
Le récit fait par les policiers concernés diffère radicalement de la version fournie par la championne.
"Je n´ai plus la tête à l´athlétisme", a conclu Barber, 31 ans.