Il n'est pas Enorme; il est : "SAVAAAAAGE !!!!"
Que ce soit en terme de rendu visuel avec le système des limbes qui offre au joueur un monde complètement barré, aux couleurs criardes et où l'environnement se veut lui-même menaçant, en terme de gameplay qui réunit les meilleures idées de Devil May Cry 3 et 4 tout en s'émancipant de mécaniques inutiles et lourdes que ces derniers opus connaissaient tout en innovant grâce à des phases de plateformes intelligentes et bien intégrées.
La bande-son signée Noisia et Combichrist également donne dans la sauvagerie, trucider du démon sur fond agressif de dubstep, de métal industriel, d'aggrotech et de punk hardcore bien gueulard, la frénésie a de quoi être au rendez-vous. .
L'histoire en elle-même pose de nouvelles bases, en tant que reboot de la saga, et s'oriente davantage sur les liens entre les divers personnages, leur donnant ainsi un souffle de vie et une personnalité qui manquait cruellement à l'épisode 4 de la franchise, afin d'aboutir sur un final surprenant mais très bien amené.
C'est ce qui manquait à Devil May Cry 3 et globalement à l'avant-reboot : Un fond dans l'histoire du combat fratricide.
Quand tu commences le 3 tu n'as aucune réelle explication. On sait juste que Vergil et Dante aiment se trucider dès qu'ils se croisent et que les machinations de Vergil, au coeur de l'histoire du 3, ne sont qu'un prétexte de plus pour que les deux s’entre-tuent joyeusement.
Là on pousse vraiment loin la relation entre les personnages et c'est cette dimension plus intimiste que j'aime beaucoup.
Au début je pensais qu'ils allaient nous faire l'erreur de mettre une histoire d'amour. Deux frères qui se battent pour la même fille... Et en fait pas du tout.
L'instrumentalisation de Kat par Vergil est vraiment bien placée et fait sortir au bon moment cet aspect calculateur et manipulateur du personnage.
Cet intimisme rend d’ailleurs les personnages plus charismatiques et surtout plus attachants. Ils ont vraiment mis l'accent sur la relation entre les personnages, ce qui donne de la crédibilité aux réactions et aux événements qui en découlent.
Même l'univers de ce reboot est plus accrocheur. Quand Tameem Antoniades dit que pour ce DmC lui et son équipe ont été influencés par des noms respectables du cinéma et de la bande-dessinnée comme Alan Moore, les Wachowski, Christopher Nolan...
Ça se sent d'ailleurs dans la mise en scène, cette approche plus cinématographique.
Sur la scénarisation on est clairement dans Matrix et V pour Vendetta, pas mal de codes y renvoient. Que ce soit les différents univers superposés, Vergil en révolutionnaire masqué et hacker façon V et Morpheus, Kat qui est assez dans la veine d'Evy (V pour Vendetta) et Dante façonné sur le modèle du héros de Hellblazer, John Constantine : Grossièrement désinvolte, attrait prononcé pour la mouvance punk et les minettes, chasseur de démons. Le tout avec une approche et une gestion du monde plus réaliste et chaotique tout en jouant avec les peurs actuelles : le terrorisme, la crise financière, la montée de la violence grâce à une imagerie post-11 septembre chez les médias, à grands coups de propagandes et de terrorisme très Dark Knight...
Ce jeu remplit parfaitement son contrat : S'imposer comme un des meilleurs beat'em all de cette génération de consoles, donner une nouvelle vie à une franchise qui était vouée à mourir aux vues de l'impasse scénaristique que représentait Devil May Cry 4 et son héros Nero.
Plus réaliste dans son approche et sa narration, plus acide et percutant, ce DmC Devil May Cry dispose de tous les atouts pour plaire aussi bien aux néophytes qu'aux fans de la première heure (que je suis).
Enfin... Moi j'aime.