Les gars (et les filles), plus je lis les observations sur les nouveaux Silent Hill-s, plus je me rappelle de ma propre expérience silenthillienne dans laquelle vous trouverez peut-être quelques éléments de réponse...:
J'ai commencé par Silent Hill 4: The Room. Autant vous dire que pour un type qui n'avait jamais joué à Silent Hill, ce jeu me foutait - sans exagération - les chocottes. Les gémissements de ces créatures qui ne mouraient jamais et qui me poursuivaient partout ont souvent failli me provoquer des crises cardiaques déjà à l'âge de 17 ans. En outre, le stress permanent, même dans l'appartement, donnait réellement envie de finir le jeu le plus vite possible à l'image de Henry Townshend, qui ne songeait qu'à s'échapper de ce cauchemar vivant. Déjà le malsain envahissait mon esprit...
N'ayant donc pas encore eu la chance de découvrir au préalable les précédents volets, j'ai réellement été bluffé par Silent Hill 4: The Room. La narration était la seule à m'avoir déçu vers la fin, mais seulement parce que je n'avais pas encore mis en relation tous les éléments et événements du mythe.
J'ai continué par Silent Hill 2 (my restless dreams...): Il est temps désormais, et ici, de mettre un terme à une croyance qui - je m'en convainc que maintenant - est totalement fausse. Il est effectivement faux de dire que nous sommes devenus des vieux cons qui ne cessons de dire que "c'était mieux avant". C'est faux!
Lorsque j'ai joué la première fois à Silent Hill 2, cet opus était déjà vieux de quelques années et j'ai dû d'abord faire le pas sur les graphismes un peu datés. Cependant, en y jouant, j'ai soupçonné ce dont j'ai eu la confirmation que plus tard dans les pavés se trouvant au milieu des forums - cet amour ardent et démesuré pour cette œuvre tout simplement indescriptible. Rien que les premiers pas dans la bourgade isolée et brumeuse m'ont donné l'impression de perdre tous mes repères et de me retrouver dans un monde où les règles régissantes n'étaient pas celles que les hommes avançant avec leur temps connaissent. Cette impression et, au fur et à mesure que je m'aventurais dans ce monde tourmenté, dans les ténèbres de cette réalité malsaine, cette conviction d'être davantage isolé du monde réel pendant que le cauchemar prenait la place de la réalité (objectif que le jeu poursuit et réalise à merveille; ce n'est même plus un jeu à partir de cet instant-là, le mot est bien trop faible pour lui rendre honneur!) me fait aujourd'hui comprendre que cette époque-là est bel et bien révolue. Et qu'il ne faut plus, chers confrères, tenter de retrouver cette peur jouissive des premiers opus (nom d'un chien! même le menu et les sauvegardes de Silent Hill 2 étaient effrayants!).
Et je n'ai pas mentionné la suite de mon expérience: Silent Hill 3 et Silent Hill premier du nom sur Playstation. La théorie ne fait que se confirmer. Silent Hill 3, effrayant et extrêmement beau. Silent Hill 1, que dire sinon: m-a-g-n-i-f-i-q-u-e!
Silent Hill: Origins, Homecoming, Shattered Memories et Downpour ne sont pas des mauvais jeux. Ils sont même de très bons survival-s, mais ce ne sont pas les Silent Hill-s que vous et moi désirons si ardemment au plus profond de nous. Soyez attentifs à Downpour: j'ai trouvé que c'était un jeu excellent malgré les défauts techniques et une narration ainsi qu'une trame moins bien menées que celles d'une Silent Team. C'est un jeu qui a du potentiel et de l’inspiration, mais encore une fois, il ne faut pas vous attendre à un Silent Hill 1 ou 2 ou 3 etc.
Prenez une nouvelle fois en main la manette rustique de la PS2, écoutez la mélodie discrète et terrifiante au lancement d'une partie avec James, arpentez les rues maudites de cette ville à la recherche désespérée de votre fille disparue et vous comprendrez peut-être mon sentiment. Et peut-être qu'au final, vous le partagerez avec moi et lâcherez finalement prise sur ce rêve relevant du fantasme.
Peut-être savez-vous qu'un drogué, au moment de prendre sa dose, essaie inconsciemment presque à chaque fois par son acte de reperpétrer la sensation jouissive qu'il a eu la chance de ressentir la première fois lorsqu'il est parti au 7ème ciel. Cette même jouissance malsaine que nous a procurée ce jeu à nos premières heures de folie.
