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[Fic] Virtual Reality Project

News jeu

Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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KLS
KLS
Niveau 38
21 février 2011 à 06:22:45

pas mal!

FreezingMoon
FreezingMoon
Niveau 6
21 février 2011 à 12:56:00

Ah oui, effectivement. Pourtant, il me semble que Québec est une région, non? :(

Pika-Chuz
Pika-Chuz
Niveau 16
21 février 2011 à 12:57:38

Ne leur dit pas ça là-bas ! :o))

C'est une région du Canada, certe, mais une région qui parle français et non anglais et à qui on laisse une certaine autonomie... :noel:

FreezingMoon
FreezingMoon
Niveau 6
21 février 2011 à 12:58:42

Mouais... Enfin bref, je recorrigerai ça sur la version Pokébip. :hap:

carlos100496
carlos100496
Niveau 10
12 avril 2011 à 18:29:27

Hey les gens!
Désolé de la (très longue) absence qui m'a empêché de vous livrer les chapitres que vous désiriez tant.

Je vais me faire pardonner: voici, en exclu, non pas un.
Non pas deux.
Mais bien les CINQ derniers chapitres de Virtual Reality Project, avec l'épilogue en prime!! :fete:

On commence par le 4, 5 et 6 (qui forment un tout cela dit)
______________________________
Chapitre 4: Les derniers jours... (1/3)

21 heures. Je suis assis sur mon lit, Riolu à mes côtés.

-Tu crois qu'elle le saura? Du moins, qu'elle l'aura compris?
"De quoi? Que tu l'aimes? Oulà, j'ose pas imaginer sa réaction, déjà que c'est beaucoup trop tôt... En fait, si tu le dis trop tôt, elles se foutent de toi et si tu le dis trop tard, elles se doutent de quelque chose..."
-Eh ben dites donc, t'as les mots pour rassurer les gens, toi, c'est effarant...
"Je suppose que c'était ironique..."

Tu l'as dit, bouffi. Non mais sérieusement, la fille de mes rêves vient chez moi, les seules choses que je lui dis sont des gros mensonges, je lui raconte du pipeau sur mes parents et elle s'en est aperçue (fait d'autant plus grave) et, en plus, j'ai l'impression que ses parents me testent pour savoir si je suis fait pour marier leur fille! Mais bordel, je cherche pas à me marier, juste à avoir une RELATION! Faut pas pousser quand même!
J'ai pas envie d'être pris pour le Furniquet de la famille, déjà qu'entre le frère hyper saoûlant qui guette la moindre miette de vie privée de sa soeur comme un vautour, le père qui regarde les séries de MTV comme s'il regardait "Les feux de l'amour" et la mère maniaco-dépressive qui me regardait avec un air disant "Putain, celui-là, il est pas coiffé, j'ai pas envie de lui", moi, je dis non!

"Charlie?"
-Quoi, encore?
"Tu pourrais pas juste te la fermer deux secondes? J'en ai marre de t'entendre faire tes jérémiades, du style "tout le monde me prend pour un con, je veux pas l'épouser mais je l'aime"! Alors s'il te plaît, je voudrais juste que tu te la fermes deux secondes!"

Je me tus, car je savais que j'avais du mal à contenir mes émotions dans un cas comme celui-ci.

"Sérieusement, tu crois que j'en ai pas marre de t'entendre pleurnicher? Hein? Mais, s'il te plaît, laisse-moi juste profiter des derniers jours que je vais passer avec toi!"

Les derniers jours? Parce qu'en plus, il ose se barrer?

"Oh merde, je crois que j'ai dit LE truc que je devais pas."
_____________________________________________
"Tu sais qu'il te regardait avec insistance?"
-Je ne vois pas de quoi tu parles.

Assise sur mon lit, je regardais la photo de classe. On y voyait des têtes que j'avais oublié, et dont je ne me souvenais plus. Sauf qu'arrivés à la photo de classe de sixième, je me rends compte qu'un jeune, sourire niais, regardait l'objectif. Je ne mis pas longtemps avant de reconnaître.
Il a gardé ce sourire un peu niais, mais a grandement changé depuis. Je ne l'ai pas recroisé depuis la cinquième, et je l'avais presque oublié. Mais je pensais à un seul truc:
Et si, en sixième, Charlie était amoureux de moi? Et si c'était le hasard qui faisait que nous nous soyons réunis ce jour-là?

"Arrête de penser à lui... De toute façon, ce mec est timbré, j'ai vu qu'il te mentait..."
-Charlie n'est pas timbré! Il est juste... aussi sensible qu'il ne l'était en sixième...
"Et il est lunatique, surtout. Ah, il cache bien son jeu, le bougre!"

Soudain, je le vis bondir, puis je vis un flash violet, puis Zorua atterrit sur le sol.
Du moins, c'est ce que je pensais.
Car à la place du petit Pokémon mignon que j'avais soit-disant "recueilli" se trouvait un petit garçon, sans doute âgé de onze ans. Je regardai la photo, qui devenait soudain troublante de réalisme.

-Attends... Tu peux te transformer?
"C'est bizarre, les gens me regardent toujours avec un air ahuri quand je fais ça. Et je vois que ça n'a pas réellement changé..."
-Tu... viens de prendre l'apparence de Charlie?
"Et bien d'autres personnes encore..."

Je comprenais de moins en moins pourquoi j'avais accepté de le recueillir. Après tout, il était arrivé comme ça et s'était tapé l'incruste dans ma vie, en attendant... En plus que mon oral est dans trois jours, maintenant...
Dans trois jours, je reprends les cours. Génial. Comment je vais faire pour cacher Zorua, hein? Mes parents vont finir par le voir, ils vont me demander ce que c'est, et...

"Tes parents ne peuvent pas me voir, Amélie, et les autres non plus. Ne va pas paniquer pour ça..." lança Zorua avant de revenir à sa forme d'origine dans un éclair violet et de s'asseoir sur le lit.

Une bonne chose de faite.
____________________________________
-Comment ça, les derniers jours? Vas-y, explique-moi, je n'attends plus que ça.
"Ben, tu vois... Dans quelques jours, nous allons devoir vous quitter, tu sais. Enfin, nous, je parle de Zorua et moi, bien entendu. En fait, nous avions pensé... Disons que nous voulions vous laisser la surprise jusqu'au dernier moment..."

Une surprise? Et c'est comme ça qu'il le balance? Il me dit cash qu'il se barre, et il voulait me faire la surprise?

"Je pense qu'il s'est passé trop de choses depuis que nous nous sommes rencontrés. Je voulais tenir plus longtemps, mais... Disons que tout s'est passé trop vite, ce pourquoi je vais devoir te quitter assez tôt..."

Tout s'est passé trop vite?
Euh... Ouais, en même temps, il fallait s'y attendre. Je m'y suis trop vite attaché, et c'est comme par hasard au moment où je pensais que lui et moi allions définitivement habiter sous le même toit qu'il décide de partir.
Le temps passe trop vite...

-Alors, comme ça, vous vouliez partir sans nous prévenir?
"Mais Charlie, c'est pas ce que tu crois! On a juste fini ce qu'on avait à faire, on n'a plus qu'à partir, et vous laisser comme si rien ne s'était passé!"
-Et qu'est-ce que vous aviez à faire, hein? Vous vouliez peut-être partir en éclaireur? Peut-être que le monde sera complètement envahi par des créatures comme vous, non? Ou alors j'sais pas, vous voulez nous tuer peut-être, pour qu'on serve d'exemple??
"Charlie..."
-C'est même pas la peine de parler! Tu m'as menti, je pensais que tu resterais, eh ben non! Tu pars au point le plus haut, juste pour me laisser descendre! Si tu veux, je prends une corde et un tabouret, et je...
"Charlie, arrête de dire des conneries pareilles!! C'est pas parce que j'ai fini un seul de mes objectifs que tu vas considérer que tu es en mesure de mettre fin à tes jours, seulement parce que je suis le seul à qui tu puisses parler!"

Je ne répondis pas. Je savais que Riolu avait raison, je le SAVAIS. Et moi, comme un con, je voulais me suicider. Je suis absolument pitoyable...

"Dis-moi que t'en pinces pour Amélie."
-Pardon?
"Parce que tu crois que ça ne se voit pas? Tu veux mettre fin à tes jours tout simplement parce que tu as peur qu'Amélie soit avec un autre, c'est ça la seule raison."
-Mais tu... Ok, c'est bon, t'as raison. Mais depuis que je l'ai vue pour la première fois, en octobre à la rentrée des facultés, je savais que cette fille était un peu faite pour moi... Elle est presque devenue une obsession..., lançai-je en faisant les cent pas.
"Oui, je vois..."
-En plus, je ne sais pas pourquoi, mais j'avais de plus en plus l'impression qu'on allait se rencontrer à un moment où à un autre, que ça allait être inévitable... ajoutai-je en me jetant sur le lit.
"Oui, je vois..."
-Et aussi... Le jour où on s'est réellement croisés, j'ai vraiment senti mon coeur se serrer, et je me suis vraiment dit que je voulais pas qu'on se quitte, elle et moi...
"Ouiiiiii... Je voiiiiis..." ironisa Riolu en faisant mine de remonter ses lunettes.
-Et si tu pouvais arrêter de jouer les psychologues, ce serait absolument génial, concluai-je.
"Oh, ça va, si on peut plus s'amuser..."

Riolu se posa alors sur le pouf et regarda le plafond. Quand à moi, j'étais assis sur le lit, en attendant que tout ça se finisse, que le temps qui reste soit écoulé...

"Charlie, je peux juste te proposer une chose?"

Je ne répondis pas, et le regardai dans les yeux. Ces mêmes yeux rouges, donnant à ce Pokémon (ah, voilà, je me souviens enfin du nom) un air affolé, lui donnaient aujourd'hui un air déterminé.
Tout dépendait d'où il voulait m'emmener, et où cela allait me mener, surtout...
_________________________________
-Le château de Saint-Germain-en-Laye? J'y suis jamais allée, mais bon...
"Tu devrais, ça fait quand même partie de ton patrimoine historique..."

22 heures 10. Cela faisait maintenant plus d'une heure que nous discutions, Zorua et moi, en faisant en sorte de ne pas me faire entendre. Je n'avais pas envie de me faire passer pour une paranoïaque pour tous les membres de ma famille et de me faire envoyer en asile. Parce que bon, parler à un renard c'est pas très bien vu, mais parler toute seule en faisant croire à ses parents que c'est un renard invisible, ça relève de la paranoïa totale.

-Et tu penses que mes parents vont pas se douter de quelque chose?
"Et si tu arrêtais de faire ta pessimiste? Tu diras à tes parents que tu veux faire une dernière sortie avant de reprendre les cours le lendemain, c'est tout."
-Mais on est que vendredi! Pourquoi ne pas y aller demain?
"Parce que j'ai envie de rester un peu plus de temps avec toi."

Ah?

"Bon, j'avais oublié de te le dire: j'ai fini ce que j'avais à faire, et je voulais attendre demain pour te le dire, mais... Je pars normalement après-demain. Et j'ai fixé un point de rendez-vous avec Riolu pour qu'on parte tous les deux."
-Tu veux dire que Charlie...
"Sera là, effectivement. J'avoue d'ailleurs que ça me fait un pincement au coeur que de devoir te laisser..."

Il bondit alors dans mes bras, et je le caressai. Cela faisait si peu de temps que je l'avais avec moi, et pourtant je m'étais tellement attachée à lui... Ces grands yeux qui me fixaient depuis une semaine m'avaient rassurée: j'avais au moins une présence à mes côtés, qui au moins ne me jouerait pas de mauvais tours, comme mes parents ou ma soeur...
Je m'allongeai finalement sur le lit, et finis par m'endormir avec une seule affirmation en tête:
Le dernier jour risque d'être difficile à vivre...
_______________________________
Le 5 et le 6 tout de suite, la suite... jeudi si j'ai le temps, dimanche au grand maximum... :sournois:

carlos100496
carlos100496
Niveau 10
12 avril 2011 à 18:32:18

On continue? :noel:
________________________
Chapitre 5: ...entre nous (2/3)

20 avril 2012

Je me réveillai dans une espèce de laboratoire, attachée au mur avec des chaînes. Je voyais un jeune homme sur une table, criant de toutes ses forces pour qu'on l'entende, alors que deux sombres silhouettes s'approchaient de lui. Je les vis planter une aiguille dans le bras de ce jeune homme, qui essayait de se débattre. J'eus alors une très mauvaise impression: et si c'était Charlie?

Je me réveillai en sursaut, sur mon lit. Haletante, je me rendis compte que j'avais dû faire un cauchemar. Heureusement, par ailleurs.
Je regardai l'heure: 4 heures 10. Génial, si en plus je n'arrive pas à dormir, on est pas sortis de l'auberge. Zorua me regarda avec un air effrayé, l'air d'avoir compris le cauchemar dont j'avais été victime.

"Tu..."
-Je vais assez bien, merci. Malgré le fait que j'ai eu l'impression d'avoir été griffée, je me sens bien.
"En fait, c'est parce que... Tu as été victime d'une espèce de sortilège qui, si je ne t'avais pas réveillée en te griffant, t'aurait piégé dans ton cauchemar. Et si, par malheur, tu venais à te faire tuer dans ce cauchemar..."

Je déglutis difficilement. Je connaissais les légendes urbaines comme quoi, si tu meurs dans un rêve, tu mourrais également dans la réalité. Mais comment il pouvait être possible de se faire piéger dans un cauchemar? A moins que...

"Je crois que ce que je craignais est arrivé..."
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
"Il arrive..."
-T'es gentil, on est pas dans Scream 4, donc je voudrais des précisions.
"C'est un Pokémon qui a le pouvoir de te tuer d'un simple claquement de doigts... Qui t'emprisonne dans ses cauchemars puis te regarde souffrir en silence..."
-Un sadique. C'est génial, j'en attendais pas moins. Je présume que c'est aussi un psychopathe et un pédophile? Faut bien compléter le tout, non?
"Ne plaisante pas avec ça, c'est extrêmement sérieux."
-Oh, ça va. Si l'humour noir était passible de prison, j'aurai déjà eu la perpét' alors à quoi bon se leurrer...

J'étais pourtant pensive.
Et si tout allait vraiment se dérouler comme dans ce cauchemar?
Et si, pour la première fois, je voyais une personne se faire tuer devant mes yeux sans que je puisse réagir?
Et si... ce qui était virtuel allait devenir réel?
____________________________________
Sans doute la pire nuit de ma vie.
Je m'étais réveillé avec une saveur amère dans la bouche. Sauf que c'était sur une table d'opération. Je sentais une fille pleurer, non loin de là. J'essayai de tourner mon visage vers cette voix, et je reconnus Amélie. Un soupçon de terreur se dessina sur mon visage. Si elle était enchaînée comme ça, ça voulait sans doute dire que...
Je n'eus pas le temps de réfléchir et j'entendis deux silhouettes entrer, allumer la lumière. Puis le flou total.

Une claque.
C'est la seule chose qui me sortit apparemment de mon sommeil paradoxal. Et elle était apparemment forte, parce que je sentis un peu de sang couler sur ma tempe.

"Désolé, je crois que j'ai dû mettre une griffe accidentellement."
-Ben voyons... lançai-je en me tenant la joue et en partant aux toilettes pour aller chercher quelque chose à me mettre sur la tempe pour éviter que ça ne pisse le sang.

Je revins dans la chambre et vis Riolu avec un regard effrayé, comme la première fois que je l'avais rencontré.

-Quelque chose ne va pas?
"Quand j'ai vu que tu te débattais, je savais que tu avais un cauchemar. Je savais qu'il voulait te tuer..."
-Qui ça, "il"?
"Je pensais qu'il ne frapperait pas... Il avait dit qu'il n'interviendrait pas... Il l'avait promis..."
-Je pourrais savoir qui est ce "il"? Parce que t'es gentil, mais tu ne m'en apprends pas plus...

J'entendis alors mon portable sonner. Je ne sais pas qui pouvais m'appeler à 4 heures et quart, mais qu'importe, je répondis quand même:

-Allô?

  • Charlie? C'est Amélie, j'espérais que tu répondrais...*

-Mais pourquoi tu m'appelles à cette heure de la nuit? Ca peut pas attendre?

  • C'est parce que je sais que tu l'as eu.*

-Mais de quoi tu parles, bon dieu? Que veux-tu que j'aie à quatre heure du matin? Une gastro?

  • Le même cauchemar que moi.*

Je sentis mon ventre se serrer. Meeeerde, ça voulait dire que je n'étais pas le seul?

-Ouais, et alors?

  • Et alors? Ce que je disais, c'est qu'on nous en veut, Charlie. Je ne sais pas qui, mais on nous en veut.*

-Ca y est, on tombe dans l'ambiance film d'horreur des années 80, du genre nanar de seconde zone, avec le coup du fantôme...

  • Putain, mais dis pas ces conneries! Il faut que tu saches que...*

La communication fut coupée net. Et c'est exactement à ce moment-là que j'ai commencé à avoir les boules.
____________________________________
-BORDEL!!

Je rageais de ne pas pouvoir finir ma phrase. Saloperie de téléphone qui ne marche pas au moment où je m'apprête à lui révéler la seule chose que j'avais à lui dire!

"Tu l'aimes, c'est ça?"

Eh ben voilà, je savais que je pouvais pas le cacher plus longtemps avec un Pokémon qui lit dans tes pensées à chaque seconde de ta vie.

-Oui, je l'aime, et alors?
"C'est peut-être ça le problème."

Donc, si j'aime Charlie, c'est un problème? C'est un problème si je me retrouve à aimer un ami d'enfance, que je n'ai pas vu depuis mon déménagement en 4ème?

"Ce que j'ai envie de te dire, c'est que toi et Charlie êtes en danger en vous aimant de la sorte, si tu vois ce que je veux dire..."
-Non, je ne vois absolument pas pourquoi je ne pourrais pas aimer Charlie sans avoir des emmerdes. Ma vie s'est très bien déroulée jusqu'ici, et j'aimerais bien qu'elle continue.

Zorua ne répondit pas. Il savait que j'aurai le dernier mot quelque soit ses arguments. J'étais généralement une négociatrice, je l'avais prouvé plus d'une fois avec mon père, comme le jour où j'ai réussi à marchander 10 euros de plus d'argent de poche par mois en échange de la corvée de surveiller l'horreur (qui s'est avérée être ma soeur) tous les samedis soirs. En même temps, pour la coucher, c'était simple: je débranchais tous les appareils électroniques de sa chambre, lui piquais son portable et tous ses objets électroniques (dont son ordinateur portable dont je jouissais jusque vers 3 heures du matin, quand mes parents revenaient), l'enfermai dans sa chambre à clé puis attendis bien sagement, les écouteurs sur les oreilles et du Nightwish à fond, qu'elle s'endorme avant de me précipiter sur son ordinateur portable. En fait, c'était comme ça tous les samedis soirs où je la gardais (car il y avait des soirées auxquelles j'allais, c'est une évidence).
Mais revenons à nos moutons, si moutons il y a par ailleurs.
Je pensais , au départ, que Charlie était un mec assez pitoyable: pas vraiment d'amis (du moins en 6ème), et surtout assez étrange: il préférait jouer seul, ou se rapprocher de personnes qualifiées de "peu fréquentables" selon les pimbêches du collège qui se ramènent en cours avec le dernier BlackBerry ou des sacs achetés chez Gucci juste pour la frime. Absolument pitoyable, ce type de gens. (Je parle des pimbêches, pas de Charlie.)

"Dis, Amélie..."

Je me retournai vers Zorua, qui souriait en me regardant.

"Je ne veux pas paraître indiscret, mais... As-tu déjà... Enfin, tu vois... Avec Charlie?"

J'explosai de rire. Je ne savais pas qu'un Pokémon pouvait avoir un esprit aussi tordu, quelque soient les circonstances!

-Mais bien sûr que non! Qu'est-ce que tu insinues?
"Je ne sais pas... Je voulais juste poser la question comme ça...

Je venais de m'apercevoir que plus on se rapprochait de la date butoir, et plus Zorua commençait à me poser des questions, de plus en plus intimes, qui touchent de plus en plus ma vie privée...
Juste à ce moment-là, je me tournai vers Zorua et lui lançai:

-Qu'est-ce que tu veux de moi, vraiment?
_________________________________
13 heures 15. Sur la table du déjeuner, deux cookies, comme d'hab'.

"C'est à la limite du rationnement, ton truc."
-Quand on a pas le budget, on a pas le budget, qu'est-ce que tu crois?
"Non, rien. Je pensais juste à ce qui pourrait t'arriver si je partais... Comment tu réagirais..."
-J'ai Amélie à mes côtés, je pense que j'essaierai de rattraper le temps perdu depuis la 6ème...
"Quoi?? Mais tu disais que tu ne la connaissais que depuis octobre!
-Je sais cacher mes pensées, ne pas penser aux choses trop intimes. Apparemment, cette information t'a échappé, je me trompe?

Riolu ne répondit pas, et se contenta de prendre le premier cookie sur la table. Je pris le second, et me dirigeai vers la fenêtre.

-Qu'est-ce que j'aimerais être à la campagne en ce moment... C'est calme, pas de pollution, la nature à perte de vue...
"C'est ton idéal? La campagne?"
-Oui, mais je suis pour l'instant confronté à la dure réalité: on est dans la capitale, 10 millions d'habitants... Tu ne peux qu'étouffer, et vouloir aller autre part, faire passer le temps...

Il y eut soudain un grand silence, et je crus entendre Riolu ajouter:

"Demain est un autre jour..."
_________________________________
21 heures 30. Je n'appréhende pas cette nuit, trop peur de faire encore un cauchemar, trop peur de perdre Charlie...
Nous étions samedi, jour où je devais surveiller ma pimbêche de soeur, veille du départ de Zorua et avant-veille de la rentrée. C'est génial, trois malheurs en trois jours.
Comme d'habitude, j'avais laissé ma soeur jusqu'à 22 heures 30, heure à laquelle je faisais agir mon ami le disjoncteur, heure à laquelle elle gueulait et tapait contre les murs et, surtout, heure à laquelle je profitais de mon iPod. Aujourd'hui, j'avais décidé de mettre une musique au hasard, et c'est Mad World de Gary Jules qui résonnait en boucle dans mes oreilles (et surtout dans celles de Zorua, qui a voulu profiter de la musique au maximum en se plaçant juste à côté de mes écouteurs) jusqu'à ce que ma soeur se calme. Cette fois-ci, elle était apparemment fatiguée vers minuit, puisque je n'ai plus entendu de bruit vers cette heure-là.
Je me mis alors dans mon lit et finis par m'endormir une petite demi-heure plus tard (en ayant pris soin d'éteindre mon iPod au passage).

Courage... Demain est un autre jour...
_______________________
Désolé d'ailleurs de tout envoyer tout de suite, j'ai juste pas vraiment le temps, surtout dans un bar de Ste-Maxime... :hap:

carlos100496
carlos100496
Niveau 10
12 avril 2011 à 18:34:59

Comme dit le dicton, jamais deux sans trois! Voici le chapitre sixième, avec un peu plus d'action avant d'entamer la partie un peu sinistre... :noel:
____________________________
Chapitre 6: La seule chose à laquelle je n'avais jamais pu penser (3/3)

21 avril 2012
H-6

Je me réveillai, la bouche pâteuse (comme d'habitude), puis m'habillai à la va-vite et descendis vers la table de la salle à manger pour prendre un petit-déjeuner rapide, comme je fais depuis près de 3 ans sans jamais avoir eu de problèmes d'anorexie.
Je m'aperçus, en sirotant mon café, qu'un renard était venu se loger sur mon épaule... Ah oui, c'est Zorua. Qu'est-ce que je peux être crevée le matin, j'vous jure...
Je regardai l'heure: 8 heures 05.

-Ca nous fait encore 5 heures et 55 minutes à tuer, lançai-je au Pokémon qui était maintenant sur la table de la cuisine, en train de me regarder boire tranquillement mon café.
"Tu te verrais dans un miroir, tu aurais peur, ma grande. Regarde tes cheveux, quand même... On dirait qu'un cyclone est passé dans ta tête."
-Oh, ça va. De toute façon, je ne me suis JAMAIS coiffée, je ne vois pas pourquoi je devrais laisser mes mauvaises habitudes au placard...
"Sauf que là, on va sortir, donc je te conseille de te coiffer asser vite..."

Ah oui! Je me souviens maintenant pourquoi j'ai mis mon réveil à 8 heures...
Je montai dans la salle de bains, puis descendis pour mettre mes chaussures, quand je vis Lucie, ma cruche de soeur, en train de siroter un jus d'orange à la paille sur la table de la cuisine.

-Je peux savoir pourquoi tu pars à cette heure-là? lança ma soeur, à la limite d'un ton autoritaire.
-Tu vois, moi, je vais m'instruire et essayer d'avoir de la culture, contrairement à certaines cruches dans ton genre... lui répondis-je d'un ton ironique.

Je sortis de la cuisine et me dirigeai vers la porte d'entrée. Au moment où j'ouvris la porte, j'entendis mon père dire:

-On peut savoir pourquoi tu sors?
-Comme j'ai dit à ma cruche de soeur quelques secondes plus tôt, je vais m'instruire.
-Et tu vas où? ajouta ma mère.
-Au château de Saint-Germain-en-Laye, j'ai besoin de sources pour mon dossier d'histoire de la juridiction sur la monarchie absolue.
-Et pourquoi tu ne vas pas à Versailles? continua mon père.
-Parce que Louis XIV a passé la majorité de son enfance à Saint-Germain, voyons! Faut avoir un peu de culture, de temps en temps... ironisai-je avant de fermer la porte.

J'eus à peine le temps de sortir du jardin quand j'entendis mon père me dire:

-Amuse-toi bien avec Charlie!

Il y a des fois où j'ai envie de les tuer, j'vous jure...

"S'ils savaient..." lança Zorua, qui avait écouté toute la conversation en étant juché sur mon épaule.
-Ouais. Bon, maintenant, on prend le métro et on va à Saint-Germain. C'est bien là où tu as fixé ton point de rendez-vous, non?
"Oui. D'ailleurs, joli mensonge, le coup de Louis XIV était bien trouvé."
-Sauf que Louis XIV a réellement habité à Saint-Germain, et je n'ai pas raconté un seul mensonge.

Pour une fois.
Je regardai une dernière fois ma montre: 8 heures 20. Tempo parfait pour se faire une virée matinale...
______________________________________
H-4

"Charlie, réveille-toi."

Et meeeerde... J'ai encore oublié que c'était aujourd'hui. La date butoir.
Je me réveillai, m'habillai et pris rapidement mon petit-déjeuner, à savoir une tasse de céréales avec du lait.
Je partis ensuite me peigner, revins dans le salon et arrêtai ma montre.

-7 minutes 32.
"Joli."
-Merci, même si je pensais faire moins.

J'appelai alors Amélie sur son portable, en espérant qu'elle réponde parce que j'en avais quand même marre de tenir encore... 3 heures 50 avant de lui dire que je l'aime.

  • Allô?*

-Ouais, c'est Charlie.

  • Ah, ça, j'avais remarqué, t'es numéro 1 dans ma liste de contacts. On peut savoir pourquoi tu m'as laissé 9 messages dans ma boîte de messagerie entre 21 heures 20 et minuit?*

-J'avais besoin de te parler, mais t'es jamais joignable, donc...

  • Ouais, excuse-moi d'avoir une soeur chiante comme pas deux.*

-Excuse-moi d'être fils unique.

  • Pas grave. T'es où?*

-Je viens de sortir de chez moi.

  • Seulement? Je viens d'arriver à Saint-Germain.*

-Ben dites donc, pour être rapide...

  • Je t'attends dans un bar pas loin du parc, le "Soubise". Compris?*

-D'accord, bisous.

Je raccrochai finalement le téléphone, et Riolu me lança:

"Elle t'attend pas dans le parc?"
-Ben non, malheureusement. Elle est dans un bar non loin.
"Bah, c'est pas grave, on finira bien par la trouver..."
____________________________________
H-2

"Apparemment, il vient d'arriver."
-C'est parfait, je l'attendais.

Tiens, d'ailleurs, le voilà. Comme d'hab, avec les cheveux longs en queue de cheval cette fois-ci, et un petit sourire en coin. Je me demande ce qui le fait sourire comme ça.

-Tes parents t'ont grillé? lança Charlie.
-Mieux que ça, je leur ai dit la vérité.
-Que tu me rejoignais là-bas?
-Non, que j'allais me cultiver l'esprit au château de Saint-Germain.
"Et apparemment, elle sait très bien détourner un sujet." ajouta Zorua en s'installant sur mes genoux.

Nous continuâmes à discuter devant la terrasse du café jusqu'à ce que le serveur arrive.

-Vous désirez? lança-t-il.
-Donc, pour moi, une Sangria, et pour toi, Charlie?
-Mettez-en une deuxième.
-Je peux voir vos cartes d'identité? ajouta le serveur.

Nous sortîmes nos cartes, et le serveur fit une moue dubitative.

-C'est bon, je vais vous chercher ça, conclut le serveur en retournant vers le bar.
"Si vous aviez vu la tête du serveur lorsqu'il a regardé la carte d'identité de Charlie, vous seriez morts de rire." commença Riolu.
"Encore un qui croit que vous êtes tous les deux mineurs..." finit Zorua.

Nous commençâmes à rire, puis attendîmes notre sangria. Nous la finissâmes vite, parce que nous nous aperçûmes que le rendez-vous était à 14 heures et qu'il ne restait plus que dix minutes pour aller à la terrasse.
____________________________________
H-5 minutes

Nous arrivâmes tous les quatre (je veux bien sûr entendre parler de Riolu, Amélie, Zorua et moi) au niveau de la terrasse, puis je lançai la conversation:

-Belle vue, hein?
-Je te le fais pas dire... ajouta Amélie, en souriant.

Les deux Pokémon ne bougeaient pas, préférant nous laisser seuls en intimité, profiter de la vue qui s'offrait à nous.
Outre les grands bâtiments parisiens, se dressait la Seine, qui drainait son eau vers les terres en passant par la capitale. En-dessous de nous se dressait un grand champ de vignes, apparemment construit par les deux maires de l'époque, qui nous laissait penser que nous ne sommes pas que dans une ville de la banlieue parisienne.
Alors que nous regardions la vue, une voix grave s'adressa à nous:

-Monsieur Rhones et Mademoiselle Grizals, je présume?

Nous nous retournâmes et vîmes un homme habillé en gentleman, costard et cravate. Vu le style de langue qu'il utilisait, il avait l'air d'un majordome.

-Eux-mêmes, lança Amélie, un brin inquiète par l'homme qui s'adressait à nous comme si il était notre serviteur.
-Je suis enchanté de vous rencontrer, vous savez.
-Nous ne sommes pourtant pas si connus que ça... ajoutai-je.
-Veuillez me suivre, j'ai à vous parler...

L'homme avait l'air grand (environ 1 mètre 80 au grand maximum) et avait des yeux extraordinairement... rouges?? Attendez, je dois rêver...
Soudain, je me retournai. Personne autour de nous, alors que la terrasse doit être bondée à ce moment-là. Cela devenait de plus en plus étrange...
Puis je vis l'homme se retourner. Je savais pourquoi il ne me paraissait pas normal... Sa queue de cheval se terminait par une espèce de bracelet doré, qu'il me semblait avoir déjà vu quelque part...

-Amélie...
-Oui? lança-t-elle, soucieuse.
-A trois, on se sépare et on court le plus rapidement qu'on puisse, d'accord?
-Mais de quoi tu parles?
-Un...
-Qu'est-ce qui se passe?
-Deux...
-Charlie!
-Tout cela était une mascarade! lui soufflai-je à l'oreille.
-Mais...
-TROIS!!! beuglai-je.

Juste à ce moment-là, nous nous séparâmes et je vis l' "homme" sourire... Non! Cela ne devait pas finir comme ça!
Je courus à perdre haleine, puis m'arrêtai au bout de 5 minutes de course éffrenée. Je sentis alors une présence dans mon dos.

"C'est trop tard pour t'échapper, maintenant..."
-Qu'est-ce que vous nous vouliez?
"Nous? Absolument rien, nous faisons ça uniquement pour le plaisir..."
-Tu vas pas faire ça, hein?
"Game over, Charlie... Game over..."

Un simple coup de paume dans la nuque suffira pour me mettre à terre. J'essayai de me forcer à rester conscient, mais je craquai et m'écroulai sur le sol. Ce fut alors le noir total.
_________________________________________
Je ne savais pas depuis combien de temps je courais. Je m'arrêtai contre un arbre, complètement exténuée, puis me retournai et vis une griffe collée contre ma jugulaire.

"Tu fais le moindre geste et je t'égorge. Tu es prévenue, jeune fille..."
-Pourquoi? Pourquoi moi et Charlie, et pas deux autres, hein?
"Le hasard a bien fait les choses, non? Vous vous connaissiez, vous vous aimez, et vous mourrez peut-être ensemble, qui sait?"
-Et Zorua?
"Un simple pion sur l'échiquier. Il n'a fait que respecter les ordres, et il l'a bien fait, puisqu'il t'a servie sur un plateau..."
-Vous voulez dire qu'il m'a trahie?
"La trahison n'est qu'une formalité chez nous, l'essentiel étant de réussir la mission... Tu vois, je pense que je vais te supprimer, vu que tu en sais trop désormais..."

Et je reçus un coup dans les côtes. Je vacillai, puis tombai à genoux devant la créature qui me regardait avec un sourire presque diabolique.

"Non, remarque, la mission était de te garder en vie, alors je ne vais pas bouder mon plaisir à te voir souffrir jusqu'à te voir sombrer dans l'inconscience..."

Je sentis du sang couler sur mon jean. Mon sang. Je savais que je n'allais pas tenir longtemps...
Quelques secondes plus tard, je m'écroulai de fatigue, sans doute consciente de la quantité de sang que je venais de verser.
_______________________________
Ouf! Ca en fait, du chapitre. :o))
Allez, la suite... entre jeudi et dimanche... :hap:

yoyo-link12
yoyo-link12
Niveau 10
12 avril 2011 à 21:51:54

Ouah ! Il y a de l'action là, la tension augmente, sa me plait bien ! C'est au final un peu plus intéressant qu'une simple histoire de meeting version pokémon, tant mieux je dirais. :)
Vivement la suite !

carlos100496
carlos100496
Niveau 10
14 avril 2011 à 17:07:02

Ca tombe bien, parce que l'action va s'accentuer petit à petit, vous allez comprendre pourquoi, mes amis...
C'est le chapitre 7, mesdames et messieurs! :fete:
________________________
Chapitre 7: Charlie Rhones (1994-2012)

21 avril 2012
Environ deux heures du matin

La première chose que je ressentis fut un énorme mal de crâne. J'étais mouillé, ce qui pouvait signifier qu'on m'avait fait boire, de gré ou de force. D'après la tronche que je pense avoir, ça devait être une bouteille de whisky. Je sentis alors mes vêtements: je puais l'alcool à plein nez. Aucun doute, c'était du rhum.
Je me levai péniblement, et m'aperçus que je n'étais pas enchaîné. Une bonne chose de faite, ça me permettrait de voir où je suis. Je parvins finalement, à tâtons puisque j'étais dans le noir, à un interrupteur que j'enclenchai. Une pâle lumière envahit soudain la salle.
Je vis une petite cellule, d'environ trois mètres sur quatre, avec un petit lit et une fenêtre avec des barreaux qui donnait sur une espèce de grand-rue, assombrie par la nuit environnante. Pour une cellule de prison, c'est du 4 étoiles, si on excepte les barreaux.
J'avais également une table de chevet, avec un livre sur la psychologie de Freud. Sans doute le livre de chevet de la dernière personne qui était venue ici. Je le feuilletais rapidement et vis un marque-page tomber du livre (précisément de la page sur la grandeur de l'âme). Je le ramassai et vis sur ce marque-page une inscription en allemand, qu'on pourrait traduire par "Ils auront notre corps, mais pas notre esprit". L'ancien "proprio" de ces lieux était donc allemand, et je risque de ne jamais revenir de ces lieux. C'est bon à savoir.
Je regardai ensuite la texture des murs. On dirait du plexiglas, mais version entièrement blanc. La salle n'est même pas carrée puisque je vois des bouts ronds sur les angles, et apparemment ils ont eu la bonne idée de mettre une musique d'ascenseur pour tuer le temps.

C'est bizarre, j'ai limite l'impression que cette salle ressemble à une salle d'attente.
Soudain, j'entendis des bruits de pas et je me jetai sur le lit en prenant la première chose qui me passait sous la main (à savoir le bouquin de Freud) et commençai à lire.
Je vis alors deux... euh, attendez une minute, ils ont pas l'air humains, là...
Le premier ressemble à Riolu, mais version XXL: deux fois plus grand, avec un air du style "tu bouges, j'te mets la misère", une physionomie entre le fil de fer et l'armoire à glace... Vaut mieux pas que je me frotte à lui, d'ailleurs.
Le deuxième, on passe carrément à autre chose: même taille et même physionomie mais des lames à la place des bras et un air beaucoup plus supérieur. Donc je savais une seule chose: il ne valait mieux pas chercher les emmerdes avec ces deux-là.
Pourtant, étrangement, je me suis surpris à rire.

"C'est de nous que tu te moques?" lança le Lucario, apparemment vexé.
-Non, pas du tout! C'est juste que je trouve drôle que vous vous mettiez à deux pour me passer à tabac! D'habitude, je pense qu'un seul aurait suffi... Alors pourquoi deux? Je suis aussi célèbre que ça?
"Encore plus humain que ce que je pensais." acquiesça le Gallame, pas du tout surpris par ma réflexion qui est, soit dit en passant, carrément stupide de ma part.

Je me levai pour mieux faire face à mes geôliers. Apparemment, nous faisons tous les trois la même taille, c'est génial. On me menotta (Enfin! On passe aux choses sérieuses) et on me conduisit dans un long corridor, dans lequel je voyais des gens, comme moi, apeurés et en même temps surpris de voir un jeune aller, la tête haute, vers un destin sans doute funeste. Je m'arrêtai quelques secondes devent un homme, assis dans sa cellule, l'air de prier. Il me regarda et me lança:

-Jeune homme, tu n'as donc pas peur de la mort?
-Moi? Je n'ai pas l'impression d'avoir vécu jusque là... lançai-je à l'homme.
-Je prierai pour le salut de ton âme.

Ben voyons. Moi qui suis agnostique, ça me surprenait de voir des chrétiens aussi pratiquants prier pour moi. Je me demandais ce qu'il y avait de si spécial au bout de ce corridor...
Au fil des cellules, je voyais des gens, dans leur cellule, en train de prier pour moi, tandis que certains avaient décidé de se taire et se cachaient au fond de leur cellule, attendant leur tour.
Puis nous arrivâmes finalement à une porte dorée. Génial, je vais avoir le droit à un accueil chaleureux car comme on dit chez nous, "Porte dorée, accueil assuré!" (Je déconne complètement, bien sûr.)
J'arrivai dans une salle entièrement noire, éclairée par des bougies (Ah, c'est aussi des Pokémon? Autant pour moi) et, au centre de cette grande salle, un Pokémon siégait sur un trône.

-C'est tout? J'aurai préféré un accueil plus chaleureux... lançai-je ironiquement en sachant ma fin proche.
"Je suppose que tu aurais préféré qu'on te fasse la surprise et que dès ton arrivée, on danse et on chante sur une musique de Patrick Sébastien?" ajouta le Pokémon d'un ton irascible.
-...Mouais, c'est peut-être mieux comme ça, tout compte fait...
"J'aime cette saine vision des choses."

Il descendit de son trône et se dirigea vers moi. Je voyais un Pokémon noir, dans son infinie splendeur avec des yeux bleus extrêmement clairs (qui contrastaient avec le reste par ailleurs).
Il avait fait en sorte d'être légèrement plus grand que moi, même si je sais qu'il pouvait être aussi grand qu'il le pouvait.

"C'est donc toi, le fameux Charlie Rhones..."
-Je me demande pourquoi je suis connu ici...
"Ah, ça, ce ne sont pas les raisons qui manquent..."

J'étais surpris de sa réflexion. D'habitude, s'il avait été comme un des autres Pokémon que j'ai croisé depuis tout à l'heure, il se serait foutu de moi, mais là non. Je me demande pourquoi...

"Mais si je devais te donner une seule raison pour laquelle tu es connu parmi nous, c'est que... tu as été choisi, vois-tu."
-Ca y est, on repart dans le raisonnement type Eragon...
"Sauf que ce n'est absolument pas le cas."
-Et qu'est-ce que vous allez me faire?
"Je ne sais pas... La première chose qui me vient à l'esprit serait de te tuer, mais... Je pense qu'on va tenter une petite expérience sur toi..."

Un frisson me parcourut l'échine.

-Et c'est quoi, cette fameuse expérience?
"Est-ce que tu t'es déjà injecté quelque chose dans les veines?"
-Moi non, je ne m'injecte pas de coke par intraveineuse, mais par contre, pour mes vaccins, oui, je me suis déjà fait injecter quelque chose...
"Parfait, cela ne fera pas souffrir, donc..."
-Qu... Quoi??
"Emmenez-le dans la cellule d'effacement de souvenirs, qu'on puisse lui injecter le truc sans problèmes. Et... Ah oui: changez-lui ses vêtements, il pue l'alcool, c'est effarant."
"Oui, maître Darkrai." lança le Lucario.

Je n'eus même pas le temps de réagir que les deux lourdauds m'avaient déjà menotté pour m'envoyer dans cette fameuse cellule, et m'y jetèrent sans aucun procès, en ayant pris soin d'enlever mes menottes avant de me jeter à terre. Je n'eus aucune résistance, bien malgré moi.
Au moment où je touchai terre dans la cellule, j'entendis la porte se claquer et quelque chose se lever dans la pénombre. Je commençai à me lever mais je fus propulsé contre le mur. Heureusement, je m'étais retourné au dernier moment pour ne pas m'exploser la colonne vertébrale, et je pus me retourner sans problème pour voir deux yeux extraordinairement bleus me fixer. La créature alluma ensuite la lumière pour que je puisse sans doute la voir en entier.
On aurait dit un dragon bleu, qui venait de sentir ma peur puisqu'il avait lâché un long râle.

"Arrête de te cacher derrière tes réflexions." commença le Pokémon qui m'avait plaqué au sol en descendant lentement et inexorablement vers mon corps.
-De... De quoi tu parles?

En réalité, je savais exactement de quoi cette créature parlait, mais j'étais tellement en train de flipper que je ne pouvais quasiment plus parler.

"Tu caches ta peur derrière ton humour et tes autres sentiments, et tu fais en sorte de cacher le moindre de tes souvenirs aux personnes que tu croises."
-Non... Ce n'est pas vrai...
"Avoue-le. As-tu peur?"
-Non... ajoutai-je avec une larme qui me coulait sur la joue.
"Tu mens! As-tu peur??"
-Non!
"CHARLIE RHONES, AS-TU PEUR DE MOI???"

Il avait lancé cette réfléxion tellement fort qu'apparemment beaucoup de monde avait entendu, et s'était retourné.
Quand à moi, j'étais la tête dans les mains, face contre terre, et je chialais. Je pleurais autant que je le pouvais, car je savais que c'était trop tard pour moi. A partir du moment où j'avais trouvé Riolu, je savais que ma vie était finie...

-Oui, je l'avoue: j'ai peur! Depuis la mort de mes parents, j'essaie de cacher ma propre peur de la mort! J'en avais marre de servir de souffre-douleur et de bouc émissaire, il fallait que je m'affirme! Voilà pourquoi j'avais décidé de me cacher moi-même derrière mes blagues...

Je me relevai et lui fis face. Il me regardait avec un sourire sadique, comme s'il aimait me voir souffrir.

-... et il a fallu que Riolu arrive dans ma vie... De toute façon, je sais que je ne vivrai pas longtemps...
"Je ne te tuerai pas. C'est toi-même qui te tueras."
-Vas-y, efface-moi ces souvenirs, qu'on en finisse... lançai-je les larmes aux yeux.

Le Latios s'approcha de moi, me demanda de le regarder fixement, puis ouvrit les yeux.
Je fus plaqué à terre, incapable de bouger, une douleur atroce me traversant le cerveau, comme si quelqu'un venait de me tirer une balle mais que j'étais encore vivant.
Je sentis alors mes souvenirs défiler petit à petit dans ma tête.

[Flash-Back]

18 mars 1994.
Je me voyais naître dans la clinique de la ville où j'ai grandi, sauf que j'étais en-dehors de la chambre, je voyais au travers du mur la joie de mes parents, et mes premiers cris.

Nouveau souvenir. 21 juin 1995.
Devant la super 8 de mon père qui n'avait pas tellement de moyens et le regard émerveillé de mon père, je faisais mes premiers pas. Je me voyais moi-même commençant à gambader dans ma maison qui a fait mon enfance...

-Qu'est-ce que tu cherches? lui lançai-je, sachant que je n'aurai pas de réponse.

Nouveau souvenir. 30 juillet 2004.
Une nouvelle maison, de nouveaux souvenirs. J'avais 10 ans, j'étais quand même déjà grand pour mon âge, je me voyais encore dans cette maison où j'ai passé tout mon collège... Où j'ai connu mes premières amours, où j'ai fait résonner les premières notes d'un piano tout neuf...

Nouveau souvenir. 18 mars 2005.
J'étais à mon propre anniversaire, je voyais les gens autour de moi... Je vis Amélie, mon amie d'enfance, s'approcher de moi et me murmurer ces quelques mots: "Je t'aime". Je me souviens l'avoir embrassée ce jour-là. J'ai su qu'elle déménageait à la fin de l'année.

"Ce n'était donc pas la première fois..."
-Je préfère ne pas en parler.
"Vous vous l'étiez caché..."
-Je lui avais promis de ne plus m'en souvenir! Pourquoi me le ressortir maintenant?
"C'est parce que je pense que ta décadence à commencé à partir de ce moment-là..."

Nouveau souvenir. 18 juin 2009.
Un peu après mon quatorzième anniversaire. Mes parents, alors qu'ils n'étaient qu'en concubinage, décident de se marier. Grande célébration, prévue un an plus tard, puis grande lune de miel au Brésil. Ils allaient me laisser pendant quinze jours, normalement.

Nouveau souvenir. 18 juin 2010.
Le jour du mariage est arrivé. Je suis le témoin de mariage de mon père, je lui conseille dans ses costards, il m'embrasse sur la joue. Arrivée devant l'autel, mes parents se disent oui, grande émotion dans toute la salle. Prévision de la lune de miel: après les résultats de mon bac de français. Mes parents acceptent que je reste à la maison au lieu d'aller chez mes grands-parents.

-Je ne veux pas que tu ressortes ce souvenir.
"Je suppose que tu veux parler de la mort de tes parents."
-S'il te plaît...

Nouveau souvenir. 10 juillet 2010.
Arrivée à l'aéroport. Annonce du crash de l'avion censé rentrer du Brésil, un seul survivant. Je regarde la liste des disparus. Je vois le nom de mes parents.

-NON!!

J'étais à terre, en larmes. Comment cela avait-il pu arriver? Pourquoi sont-ils partis??
Le Pokémon était maintenant sur le lit et me regardait. Il allait commencer à pleurer à son tour...

Rentrée à la maison. Je vois des gens emporter des meubles de chez moi. Je vais voir l'huissier, il me dit qu'on ne peut pas revenir en arrière. Il fait transférer l'argent de mes parents sur mon compte. J'en ai pour un an, à tout casser.

C'est à ce moment-là que j'ai entendu Amélie pleurer, dans la salle en face. Elle me voyait mais elle ne pouvait pas comprendre ce qui se passait...

Nouveau souvenir. 13 avril 2012.
Dans le bus, accompagnant pour une retraite de confirmation. Je vais chercher un sac oublié, je reviens et vois mon sac ouvert. Je suis debout, juste à côté de l'endroit où je suis censé être assis dans le bus.
Je me vois ouvrir le sac, je vois Riolu, le regard apeuré, me regarder. Je sens sa présence...

"Je ne peux pas continuer."

J'ouvris les yeux, et me levai. En tournant la tête, je voyais Latios, replié en position foetale dans son nid, en train de pleurer. Je me rapprochai de lui et il me lança cette simple phrase:

"Je ne t'effacerai pas tes souvenirs, et je suis désolé pour ce que je viens de te faire subir..."

Puis le Lucario entre, me prend et me menotte. Je n'éprouve aucun sentiment de résistance. Je suis juste comme ce pauvre Pokémon blotti au fond de son nid: en larmes, apeuré comme un simple enfant.
J'arrivai dans une salle adjacente, qui ressemblait à un laboratoire. Je me rappelai mon cauchemar et commençai doucement à sangloter. On m'attacha avec des sangles et on amena Amélie. Elle aussi se rappelle. Elle fond en larmes, j'essaie de la consoler en lui disant que tout ira bien pour elle.
Les deux silhouettes arrivent dans la salle. Il s'agit de Lucario et d'un deuxième Pokémon dont j'ignorais l'existence jusqu'à présent. Je les vois sortir une seringue, la remplir d'un liquide, puis poser mon bras pour m'injecter la substance.
Juste à ce moment-là, je demandai mes dernières volontés. Je leur dis simplement:

-Si vous me tuez, je vous demande de ne pas tuer Amélie. Elle saura surmonter, tourner la page, mais je ne veux pas que sa vie s'arrête ici. Je n'ai pas envie d'avoir un mort sur la conscience.
"Nous ferons en sorte que tes voeux soient exaucés." lança le Lucario.

Ils prennent mon bras, et y enfoncent la seringue. Je ne résiste pas, je ne pleure pas, je ne crie pas. J'attends juste ma fin.
Je commençais à voir ma vision se troubler, je regarde mes geôliers et leur fais un grand sourire.
Finalement, je ferme les yeux et, à la manière du loup de Vigny, je meurs silencieux, en ayant bien sûr une dernière pensée pour Amélie, et la certitude d'une seule chose:
Le virtuel peut devenir réel.
Une dernière larme coule sur ma joue, comme sur celle d'Amélie.
__________________________
Je vous annonce que c'était avec une petite larme à l'oeil (et la musique "Hello" de Evanescence) que j'ai fait ce chapitre.
Allez, je suis gentil, je vous case le 8ème et dernier chapitre, avec l'épilogue. :hap:

carlos100496
carlos100496
Niveau 10
14 avril 2011 à 17:10:18

Bon, je vous mets le 8ème chapitre, et l'épilogue dans un post suivant (l'épilogue fait deux pages, soit dis en passant)
______________________________________
Chapitre 8: Se sentir renaître

Date non donnée
18 heures 30

Paris, un homme tapote sur les touches de son iPad quand le téléphone sonne. L'homme se lève, va vers le téléphone et pense qu'il s'agit, comme d'habitude, d'une simple alerte de routine. Caressant son Phyllali en passant, il décroche finalement le téléphone.

-Romain Noutrais, j'écoute?

  • Monsieur Noutrais, on a un très gros problème...*

-Si c'est encore une arnaque, je vous préviens, je vous étrangle, Jenkins!

  • Non, je vous assure, c'est à propos du VRP!*

L'homme s'arrête net. Il n'a quand même pas dit...

-Le Virtual Reality Project? Vous vous foutez de moi, j'espère?

  • Non, j'ai une fille qui dit s'appeler Amélie Grizals, et...*

-Et quoi?

  • Officiellement, elle est morte depuis juin 2010...*

-Je passe vous voir. Vous êtes où?

  • Elle a dit qu'elle partait au château de Saint-Germain-en-Laye... Retrouver la trace de son passage et récupérer le temps perdu...*

-Je vais la voir, ne bougez pas.

Sur ces mots, il éteignit son iPhone, rappela son Phyllali dans sa Pokéball, mit son manteau et partit voir sa femme.

-Chérie, je pars pour la journée, j'ai une affaire urgente.
-J'en ai entendu parler. C'est à propos du VRP, c'est ça?
-Ouais, j'ai mobilisé une amie pour ça donc ne t'inquiètes pas. A tout à l'heure...

Il embrassa sa femme devant sa petite fille, et partit en fermant la porte.
Sorti de la maison, il appela Sophie, "l'amie" en question, et reçut en réponse un:

  • Sophie Rochand, j'écoute?*

-C'est Romain.

  • Je suis à Saint-Germain, je t'attends. Et toi, t'en es où?*

-Je viens de sortir de chez moi, j'ai eu la nouvelle par Jenkins il y a à peine cinq minutes, donc...

  • J'te préviens que Kritlats va me tuer...*

-Ah, cette vieille branche... Je lui aurais déjà foutu une bonne mandale dans sa tronche depuis longtemps, dentier ou pas... Donc il te fera rien, il sait que je suis derrière tout ça... Je te laisse, j'ai mon chauffeur. A tout à l'heure.

Il raccrocha son téléphone et vit un blond complètement excité sauter de son Arcanin et lui lancer:

-Romain, tu es une loque, on serait déjà arrivé à Bougival si tu te bougeais ne serait-ce qu'un peu plus!
-C'est bon Jasp', on peut bien aller à son rythme...
-Oui, mais ton rythme à toi est trop lent, rétorqua Jasper avant que Romain ne saute sur le Pokémon, juste derrière le dénommé Jasper.

Le voyage fut extrêmement rapide: le Pokémon fit la distance entre Paris et Saint-Germain en un petit quart d'heure et déposa Romain juste à la porte du parc.

-Au plaisir Romzy! lança Jasper avant de repartir.
-Je t'ai déjà dit que je n'aime pas qu'on... Oh, de toute façon, c'est pas grave, à l'heure qu'il est il doit sûrement être à Marly, bouda Romain.

Romain rentra alors dans le parc, encore bondé de monde à 19 heures, tout de même. Les gens étaient contents, tous (ou pour plus de la majorité) accompagnés de leur Pokémon, et ce depuis presque douze ans. Il avait déjà entendu parler d'une autre réalité (pour preuve, il y avait rencontré Charles, son "créateur", et Delphine, la meilleure amie de Charles) où les Pokémon n'existaient pas, ce pourquoi il avait compris que, tous les ans, deux jeunes se faisaient enlever et laisser pour morts, et transférés dans l'autre réalité, celle de Romain en quelque sorte. La jeune Amélie n'était donc pas la première. Reste à savoir où est l'autre...
Arrivé au niveau de la terrasse, il vit Sophie, qui lui annonça que la fille qu'il cherchait portait un pull noir et un jean bleu clair. Elle avait également les cheveux bruns et des moonboots. Il ne mit pas longtemps avant de la trouver: dans la grande sphère, les coudes sur la barrière. Il se dirigea lentement vers elle et vit qu'elle avait le regard fixé sur la Tour Eiffel. Il s'installa à côté d'elle avant de lui dire:

-Belle vue, n'est-ce pas?

La jeune fille se retourna et préféra ne pas répondre: elle se sentait honteuse. Comme si quelqu'un avait été tué par sa faute...

-Je comprends ce que vous pouvez ressentir. J'ai vu ma mère se faire tuer dans un règlement de comptes, et une de mes amies est morte de fatigue juste devant moi, alors qu'elle était censée me combattre. J'ai eu tellement d'emmerdes ces dix dernières années que je pourrais en faire un bouquin, alors ne vous morfondez pas sur votre sort.
-Et pourquoi ils ne l'ont pas laissé en vie? Hein? Je peux savoir pourquoi?
-Laisse-moi une seconde.

Il sortit un Pokémon et lui demanda de faire une attaque. Les deux jeunes se retrouvèrent alors englobés dans une espèce de sphère.

-Et vous pensez faire quoi avec ça? lança-t-elle.
-Vous parler sérieusement et sans avoir à nous déplacer toutes les minutes à cause du monde qui passe.
Je vais me présenter sérieusement: je m'appelle Romain Noutrais, je vais bientôt avoir 21 ans et j'aide le gouvernement au niveau de ce qu'on peut appeler le "Virtual Reality Project".
-Et ça consiste en quoi, ce Virtual Reality Project?
-C'est un double transfert. Tu as fait une filière scientifique?
-Non, économique.
-Dommage. Bon, ce que je vais te dire est que le VRP se compose de deux phases: la première est un transfert de deux Pokémon, appelés "éclaireurs", dans la Vraie Réalité et qui sont chargés de surveiller, en quelque sorte, deux jeunes choisis au hasard dans une liste de données. D'ailleurs, il me semble que tu avais été choisie des années à l'avance, trois ans je crois.
-Pourquoi trois années à l'avance?
-Ce que tu dois savoir, Amélie... C'est que la vraie Amélie Grizals, celle qui se trouve dans notre réalité, est morte le 29 juin 2010 d'un accident de voiture.
-Attendez, vous voulez dire que... Je suis normalement morte??
-En quelque sorte. Je continue donc: ces deux jeunes, à partir du moment où ils acceptent d'héberger le Pokémon, ne peuvent plus retourner en arrière: le PNR est franchi.
-Il existe un point de non-retour dans cette expérience?
-Ouais, et le problème est que tout le monde, jusqu'à présent, l'a franchi. Je continue: au moment où les deux Pokémon se sont suffisamment liés d'amitié avec les humains concernés (généralement un garçon et une fille par ailleurs), ils prévoient un rendez-vous pour faire en sorte d'activer la deuxième partie du plan.
-Qui est de transférer les deux humains dans l'autre réalité?
-Presque. Pas dans cette réalité-là, mais dans une réalité alternative où seuls les Pokémon existent, mais pas les humains.
-Alors là, je n'ai STRICTEMENT rien pigé.
-Ne cherche pas à comprendre. A partir de ce moment-là, j'ai eu vent de plusieurs choses, tu me les confimeras, d'accord?
-Je vais essayer.
-Normalement, tu te réveilles dans une chambre aux décors un peu futuristes.
-Oui, et normalement deux Pokémon viennent te chercher: l'évolution du Pokémon "éclaireur" et un Pokémon psy.
-A savoir, pour toi, Zoroark et Gardevoir.
-Je ne connais pas tous les noms, je te rappelle que je n'ai JAMAIS joué à un seul jeu de Pokémon.
-Compris. Ensuite, tu te retrouves dans une grande salle où un Pokémon trône au centre, tu sais duquel il s'agit?
-Non, malheureusement. Charlie aurait bien pu le dire, mais...
-Je sais, toutes mes condoléances. Ensuite, tu te retrouves dans une salle où tu vas te faire vider tes souvenirs. Généralement, ça marche assez bien.
-Sauf que ça n'a pas marché sur moi, et sur Charlie non plus apparemment.
-Comment ça?
-J'ai vu que le Pokémon qui le faisait sur Charlie s'est arrêté en plein milieu et a refusé de prendre ses souvenirs sous prétexte qu'ils étaient trop dangereux pour qu'on les révèle au grand jour. On m'a emmené dans l'autre salle où je me suis retrouvé face à un Pokémon qui ressemblait étrangement au Pokémon que j'avais vu dans la salle avec Charlie.
-Latios pour Charlie et Latias pour toi. Je me demande ce qu'ils font là, sérieusement...
-Je ne sais pas, mais je crois qu'elle a à peine commencé quand elle a arrêté. Elle a commencé à sonder pour voir les souvenirs à ressortir et a refusé de faire le reste.
-Soit elle a suivi son frère... soit les deux ont quelque chose à cacher. Viens, je vais te présenter à une amie.

Romain prit Amélie par la main et ils sortirent du parc. En passant, Amélie voyait un spectacle qu'elle n'avait jamais vu avant.
Les jeunes bambins jouaient dans l'herbe avec les petits Goupix, qui étaient bien sûr surveillés par leur mère non loin. D'autres adolescents, un peu plus âgés, s'adonnaient à de grandes batailles de boules de neige pour essayer de mitrailler leurs parents qui se cachaient derrière les boucliers en bois construits pour l'occasion. Pour finir, certains marchaient dans le parc, en évitant tout le grabuge et en savourant de la vue saint-germanoise.
Arrivés à la grille, ils virent alors Sophie, qui attendait à l'entrée, et ils se dirigèrent vers Paris (aidés de Jasper bien entendu) pour la faire recenser au niveau de la mairie de Paris.
Sophie attendit à l'extérieur et les deux jeunes rentrèrent dans la mairie.
Au niveau du triage des lettres, au chaud à cause de la température extérieure (environ 5 degrés), on trouvait trois Bekipan; au niveau de l'accueil, une jeune fille les accueilla.

-Bonjour monsieur Noutrais! Que puis-je faire pour vous?
-Simple contrôle de routine, je voulais juste vérifier si la dénommée Amélie Grizals était bien sur les registres de décès au 29 juin 2010.

La jeune femme héla un dossier qu'un Saquedeneu lui apporta en moins de 30 secondes. Elle vérifia les dossiers et confirma la présence de la jeune fille sur la liste.

-29 juin 2010, la jeune Amélie Grizals est amenée à l'hôpital de Poissy. Elle ne survivra pas plus de trois heures malgré les soins prodigués. Heure estimée du décès selon le coroner: 22 heures 38.
-Vous avez gardé son dossier, j'espère?
-...Qu'est-ce que vous insinuez?
-Dans le cadre du VRP.
-... Oh mon dieu. Je préviens tout de suite monsieur le maire.

Quelques minutes plus tard, un homme arriva à la hauteur des deux jeunes.

-Bonsoir monsieur, bonsoir jeune fille. J'ai entendu dire que nous avons un dossier à résoudre?
-Bien sûr. Vous pouvez signer ici?

Amélie regarda furtivement le papier et put lire: "Je, soussigné .......... affirme avoir reçu le (la) jeune Grizals Amélie alors qu'il (elle) a été déclaré(e) décédé(e) à la date du 29 juin 2010, et affirme donc la reprise d'identité par le (la) jeune ici présent(e).
Je m'engage à lui verser une indemnité de..." Et patati, et patata. Formulaires politiques en tous genres...

-Voilà, nous allons activer votre passeport, mademoiselle. Vous le recevrez d'ici le 15 février au grand maximum, 20 janvier si tout va bien.
-Et pour l'université?
-Vous alliez à l'université? Vous y retournerez dès que vous aurez votre passeport...

Après une petite accolade entre le maire de Paris et le jeune cadre, Romain et Amélie sortirent.

-Eh ben dites donc, t'en as mis du temps! J'allais finir par crever de froid à force, heureusement qu'un Goupix est venu me réchauffer les pieds pendant deux ou trois minutes... lança Sophie, d'un ton cynique.
-Tout le monde peut aller à son rythme, hein... ajouta Romain en tirant la langue.
-Dites, je n'y ai pas pensé, mais je pourrais juste savoir quel jour on est? lança Amélie, un brin soucieuse.
-On peut savoir le jour où tu as été capturée? lui demanda Romain.
-21 avril 2012.

Romain regarda Sophie, qui acquiesça et lança:

-Huit mois.
-Comment ça, huit mois? lança Amélie en regardant un homme se poser avec son Dracaufeu devant la porte.
-Huit mois se sont écoulés entre ta capture et le moment où tu es ici.
-Ca veut dire que...
-Nous sommes le 24 décembre 2012, annonça Romain d'un ton amusé. Joyeux Noël.
_________________________
Quelle belle fin, vous ne trouvez pas? :coeur:
Bien sûr, j'ai encore l'épilogue dans ma besace. Je la mets maintenant, tiens. Pas envie d'attendre, déjà que j'ai pas du tout le temps...

carlos100496
carlos100496
Niveau 10
14 avril 2011 à 17:15:17

Avis aux lecteurs:
Cette épilogue ne sera compréhensible pour vous que si vous avez lu la fic commune "Collège Pokémon: l'enfer de l'école" (qui se trouve également sur Pokébip, 'suffit de chercher), car la majorité des personnages présents (mis à part Amélie, Keith, Jamie, Edwin, Nolwenn et Jeanne et les filles des persos de la fic commune) se trouvent dans cette fic. Comme je l'ai dit, 'suffit de chercher, ça fait 200 pages mais vous saurez au moins qui est qui.
Bon, stop pavé, je lance les hostilités. Euh non, l'épilogue. :noel:
______________________
Epilogue: On prend les mêmes...

Point de vue: Romain

-Ah, Romain, nous vous attendions!
-Comment ça, nous? lança Amélie.

En effet, beaucoup de gens étaient venus nous rendre visite: il y avait bien sûr Electra et Jasper, ainsi que Will et Naomi qui étaient venus spécialement de Poképolis pour l'occasion; Sophie qui assurait l'ambiance en racontant deux ou trois blagues; Astrid (ma fille) et Lucia (la fille de Jaspy) qui jouaient dans leur chambre; le jeune Keith, seize ans, à peine arrivé, qui s'entendait bien avec Edwin, le jeune premier de la bande puisque celui-ci n'a que quatorze ans, et sa petite copine Nolwenn; Jamie qui s'éclatait sur Dance Central en compagnie de Jeanne, une de mes amies, devant les yeux ébahis de Naomi qui voyait leur style assez particulier... En fait, cette fête comptait une vingtaine de personnes, dont...

-Arno! Vieille branche, comment ça va depuis le temps? lançai-je au blond assis sur le canapé en compagnie de Yami, sa copine.
-Tiens, Romain, ça faisait combien de temps? Deux ans?
-Presque deux ans et demie, reprit Alice. Je te rappelle qu'on a quitté le collège en juillet!
-Ah oui, c'est vrai, on avait fini par quitter ce calvaire... ajouta Arno avant que la moitié de la salle ne se mette à rire.

Je priai Amélie de venir devant les cadeaux, pour voir comment nous fêtions Noël. Chez nous, Noël est une petite tradition, et la pile de cadeaux est généralement aussi grande que le sapin (qui fait à peu près ma taille, soit dit en passant).
Tout d'abord, chacun ouvrit les cadeaux qui lui étaient destinés.
Alice reçut donc quelques cadres et une machine à café Nespresso (qui la fit beaucoup rire soit dit en passant).
Quant à moi, je reçus des boîtes d'anchois, dont je ne savais pas la signification (encore un mauvais coup de Jaspy, sans doute...) et, bien sûr, du liquide anti-rouille.

-Dis, Arno, tu pourrais arrêter de recycler tes cadeaux? C'est les mêmes à chaque fois! lançai-je avant que la salle n'explose de rire.

Jamie s'est résolu à m'offrir un magnum de Jack Daniels, alors que Keith s'est ramené avec une boîte de Toblerone grande comme mon bras. Ah, la démesure américaine, j'vous jure...
Les autres ne m'offrirent pas de cadeaux, principalement concentrés sur Alice. Après tout, c'était elle, la reine de la soirée.
Quant à Amélie...

-Dis, Amélie, tu pourrais me suivre deux secondes? lançai-je à la jeune fille qui s'éxécuta rapidement.

Je pris la jeune fille à part dans l'entrée et lui montrai un paquet cadeau fait à la va-vite.

-On a reçu ça il y a à peine une heure, selon ma femme. Apparemment, ce serait pour toi. On m'a d'ailleurs demandé de ne pas l'ouvrir, on voulait te laisser la surprise. Allez... Tu viens à l'intérieur?

Dès notre arrivée dans la salle à manger, on nous offrit, à moi et Amélie, une coupe de champagne et on trinqua "à la nouvelle arrivante", avant qu'Amélie n'ouvre son cadeau.
__________________________________________
Point de vue: Amélie

Je ne savais pas quoi dire: des inconnus qui me donnaient un cadeau, c'était... flippant, mais ça devait être une bonne expérience, non? Après tout, se faire inviter était déjà pas mal...
J'ouvris le papier cadeau et vis une boule rouge en plein milieu, que je pris d'abord dans ma main.
Ca devait être grand comme mon pouce, au maximum.

-Une Pokéball? Intéressant, reste à savoir ce qu'il y a dedans... lança Keith, apparemment amusé.

Donc ceci s'appelait une Pokéball... Pigé.
Etrangement, je ne savais pas comment l'ouvrir, jusqu'à ce que je voie le bouton blanc au centre. Je le pressais et je vis la ball doubler de volume en l'espace de quelques centièmes de seconde. Surprenant, je ne savais pas comment ça marchait et me voilà en possession d'une. Raison de plus pour apprendre...

-Lance-la, me dit Romain.

J'avais peur de la casser, donc je ne la lançai pas trop fort. Arrivée à terre, la Pokéball s'ouvrit pour laisser apparaître un Pokémon dont j'ignorais l'existence, mis à part qu'il ressemblait à un chat noir avec une espèce de perle sur son front. Electra sortit sa Pokéball, qui laissait apparaître le même Pokémon.

-Etrange coïncidence, n'est-ce pas? me lança-t-elle.

Ca, tu l'as dit. Mais ce qui était encore plus étrange, c'est qu'un petit mot était accroché au fond du papier cadeau...
Je l'enlevai soigneusement et commençai à lire:

Chère Amélie,
Cela fait maintenant huit mois que tu as "changé de réalité", en quelque sorte. Pour laisser une trace de ton passage, je t'offre ce Pokémon en cadeau. J'aimerais que tu l'acceptes juste pour me faire pardonner.
Allez, sans rancune.
Z

J'avais soudainement pris peur. Qui pouvait m'offrir ce Pokémon?
Je me retournai et vis qu'il me faisait un grand sourire. Une espèce de sourire sadique... Non, ce ne serait quand même pas...

-Zorua? lançai-je, inquiète.

Il me fit un grand sourire et revint à sa forme d'origine en bondissant dans mes bras.
Les autres étaient sans doute atterrés de voir qu'une simple fille avait réussi à se faire ami avec ce Pokémon. Pourtant, lequel d'entre eux, à part Romain et sa femme, connaissait la raison pour laquelle j'étais amie avec ce Zorua?

"Alors, tu vas faire quoi?"
-T'as beau m'avoir trahi, t'as beau m'avoir presque tuée moralement... Si tu reviens en tant que cadeau, je peux pas refuser. Après tout, je m'étais tellement attachée à toi...

A ces mots, Zorua bondit sur mon épaule et regarda les gens avant que je ne le rappelle dans sa Pokéball et que je ne lance devant toute l'assemblée ébahie:

-Je vous raconterai l'histoire plus tard, d'accord?
___________________________
C'est le coeur gros que je vous laisse cette histoire... En espérant bien sûr que vous la lirez sur Pokébip, s'il vous plaît. :ange:

carlos100496
carlos100496
Niveau 10
16 avril 2011 à 20:51:48

Je uppe un peu, pour que quelqu'un lise... :(