Je ne sais pas où j'étais. Ni ce que je devais faire.
Je découvrais cet endroit si familier cloîtré et sombre, tous étaient forcés d'être assis. Craignant ces corbeaux-humains qui patrouillaient, gigantesques.
Alors j'ai tenté et je fus très bien accueilli. Je n'avais sûrement pas le droit d'utiliser cette seule machine qui me connectait au monde, et on m'expliquait qu'il fallait mieux rester calme et inactif.
Mais finalement, nous partîmes. Avec ces deux meneurs qui étaient si amicaux envers moi. Mais qui étais-je ? Pourquoi étaient-ils si proches d'un étranger alors qu'ils pourraient tant me repousser ? Me connaissaient-ils déjà avant ? M'avaient-ils assommé, avais-je perdu la mémoire ? Il rigola.
Puis nous sortîmes hâtivement de cette cour sombre et... La fille en robe rouge !
Elle est là. Que fait-elle là ? Derrière moi. Elle court. Je l'aime.
Elle me suit.
Je la perds de vue dans la course, dans la fuite. Nous arrivons devant ces espèces de bains lugubres, qui mènent vers la liberté.
Je me retourne. Elle est là. Elle n'a plus les mêmes habits, mais... Elle est toujours en rouge, sublime, magnifique, offrant un contraste si délicieux avec le blanc de sa peau.
Elle s'approche. Elle me regarde. Nous sommes si près l'un de l'autre.
Traversons ensemble. Je la prends dans mes bras. Je la tiens fermement.
Et j'avance dans cette eau poussiéreuse. Et... Rien. Tout va bien. Ou plutôt, pour nous.
Le reste de nos semblables se tordent de douleurs, hurlent de peur, sont effrayés. Nous sommes censés voir des masques, des masques de mort, des fantômes, des choses horribles. Mais nous ne les voyons pas ; ni moi, ni elle. Nous nous regardons. Elle est si belle...
Nous traversons le premier bassin. Puis le second. Puis le troisième. Le spectacle est le même à chaque fois, tous crient d'effroi tandis que nous sommes épargnés. L'amour sauve deux âmes de la peur, évidemment.
Je lui demande son prénom.
Lucie.