Bah c'est simple. Essaie de concevoir la plus grande quantité de taff qu'un être humain puisse avoir en cours. Conçois la bien avant de lire la suite. Conçois la bien...
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La prépa, c'est juste 10 à 20 fois plus que ce que tu viens de concevoir.
Même "être préparé à bosser comme un dingue" n'est pas suffisant. Car en réalité, il faut y être pour vraiment entendre ce que c'est que "bosser comme un dingue".
La quantité de travail dépassera toujours l'imagination de quelqu'un qui n'y est pas. Ca ne sert à rien de dire que tu as tellement de taff que tu ne pourras jamais rien finir, que tu es obligé de faire des choses la veille pour le lendemain parce que tu avais tellement de taff que tu ne pouvais pas le faire jusqu'à la date buttoir. Ca ne sert à rien de dire que les exigences ne sont vraiment pas les mêmes que celles du lycée, que tu vas te retrouver, si t'as de la chance, face à des gens extrêmement exigeants à tel point que tu vas remettre tes capacités en question, et, si tu n'as pas de chance, face à des professeurs extrêmement exigeants à tel point que tu vas remettre tes capacités en question ET extrêmement sadiques et méchants à tel point que tu vas entendre à longueur de temps que tu n'es qu'un bon à rien qui ne mérite pas d'être en prépa et qui ferait mieux de retourner en fac.
Ca ne sert vraiment à rien de dire que, de toute façon, t'auras toujours l'impression d'être dépassé par le taff, toujours l'impression que tu ne pourras jamais réussir, toujours l'impression qu'il faut limiter la casse et non essayer de briller, car il te faudrait des journées de 36 heures ne serait-ce que pour retrouver ton niveau, en chiffres absolus, du lycée.
Ca ne sert à rien parce que, de toute façon, tant qu'on y est pas, on sous-estime beaucoup trop.
Pour moi, après un an et demi de prépa ECS (dont l'ancien nom est HEC, donc prépa éco et commerce, pour ceux qui sortent de S), et à un moment où il ne me reste qu'un mois et une semaine de cours (sans compter les vacances), et même si je m'en sors plus que correctement en cours, je continue d'affirmer que la prépa est un système inhumain.
Les apports sont extrêmement bénéfiques: tu découvres que réfléchir n'est pas inné et que ce n'est pas enseigné au lycée. Tu découvres véritablement ce que cela signifie. Tu acquières des connaissances en si grand nombre que cela dépasse de loin ce que tu as pu apprendre durant les 7 années de collège et de lycée. Tu décuples, voire plus, tes capacités qu'on peut grossièrement qualifier "d'intellectuelles". Mais malgré tout ces apports, la prépa reste une véritable torture. Un système inhumain qui ne devrait pas exister, qui est psychologiquement et physiquement très dur, voire même insupportable (5 élèves ont abandonné en cours d'année dans ma classe l'année dernière, alors que je suis dans une des meilleures prépa ECS de France et donc, par extension, que la quasi-totalité des élèves qui sont dans ma classe étaient premiers au lycée).
On peut se dire que cela est propre aux classes préparatoires parisiennes, que le rythme n'est inhumain que dans ces classes "usines". Mais non. Allant dans un lycée qui n'était pas du tout à Paris, je connais beaucoup de monde qui est allé dans des prépas qui ne sont pas parisiennes. Je te rassure (ou pas), c'est pareil là-bas. On pourrait aussi se dire que c'est propre aux prépas HEC, et que, dans la prépa que tu veux faire, c'est différent. Là encore, pas du tout.
Maintenant, est-ce qu'il faut aller en prépa ? Je maintiens, ça ne devrait vraiment pas exister. Mais cela ne sert à rien de parler au conditionnel: puisque ça existe, autant s'y plier. Et, si tu juges que c'est la meilleure des voies possible pour faire ce que tu souhaites, alors fonce, mais profite de la vie jusque-là. Par contre, si tu as la possibilité d'aller à l'étranger (universités londoniennes, par ex.) alors choisis cette possibilité.