Rencontre du troisième type
Alors que les porteurs "toxiques" et ceux en combinaisons d’interventions commencèrent à fuir, la gamine aux bras dans le dos stoppa son massacre. Le sang recouvrait le sol et donnait l’impression que ses habits en étaient totalement imprégnés. Elle se tourna alors vers l’autre petite fille et son gardien, ses bras se rétractèrent comme pour amorcer une attaque, mais Canta se défit de l’étreinte protectrice du lycanthrope et se plaça devant lui, les bras en croix.
-Non ! Il est pas méchant !
-Mais…c’est un loup ! Laisse-moi le tuer et après je t’emmènerai en sécurité…
-Si tu le tue je te tue moi aussi ! C’est mon ami…mon grand frère !
-Même si tu essayais tu n’y arriverais pas, tes pouvoirs ne sont pas aussi développés que les siens, rétorqua Allister en se levant. Pour ma défense je n’ai qu’une seule chose à dire : suis-nous.
-J’accepte, mais au moindre geste je te tue !
« Quelles paroles malsaines pour une fille de son âge », pensa le loup-garou qui prit Canta par la main et fit signe à l’autre gamine de le suivre. Ils rentrèrent au chaud dans la grande maison, et s’installèrent dans le salon.
-Et si tu commençais par te présenter ?, proposa alors Allister.
-Maman m’a toujours dit de ne pas parler aux étrangers…
-Quel changement de caractère, elle qui était tout à l’heure si froide, pensa le lycan. Très bien, je suis Allister, mes gènes de porteurs me permettent de prendre une forme de loup-garou et j’ai vingt-cinq ans. Voici Can…
-Je sais qui elle est, maman m’a demandé de venir voir ma soe…, commença la gamine avant d’être stoppé par Allister.
-Elle ne le sait pas encore, chuchota-t-il à son attention.
-Ma maman m’a demandé de venir ici pour te voir Canta. Je m’appelle Alicia et j’ai onze ans !
Canta lui sourit comme seule réponse, elle l’invita ensuite à venir jouer dans sa chambre avec tous ses "amis". Alicia accepta et elles partirent s’engouffrer dans la pièce remplie de jouets et poupées en tout genre.
Pendant ce temps Allister essaya de contacter la mère de Canta, mais aucune réponse ne lui parvint. Il décida de laisser les deux filles s’amusaient, la petite devait être venue pour examiner de plus près Canta et sûrement lui annoncer son ascendance.
Il prit alors l’initiative de faire disparaitre toutes traces du combat, il déplaça un à un les corps en calmant ses envies de viandes fraîches, passa le jet d’eau sur les tâches de sang et essaya de réparer au mieux les objets détruits.
A son retour dans la maison il n’entendit plus les filles, paniqué il se précipita dans la chambre mais elles n’y étaient pas. Il fila alors dans la salle d’entraînement et fut surpris de ce qu’il se passait devant lui.
Alicia avait déployé ses bras et jonglait avec des poids. C’est alors qu’il aperçut Canta deux bras semblables sortant de son dos. Lorsqu’elle vit son "grand-frère" de cœur elle lui sourit et courut vers lui.
-Regarde grand-frère, Alicia m’a apprit à faire ces bras ! Maintenant je peux soulever des choses plus lourdes et je tape encore plus fort que Tibbers !
-Co…Comment as-tu fais pour apprendre aussi vite ?
-On apprend tous vite, ma plus grande sœur a pas mit longtemps pour faire apparaître ses bras.
-T’as vu, on se ressemble beaucoup avec Alicia, en plus elle aime bien mes peluches !
-Canta, je pense qu’il est temps de t’en apprendre plus sur ma venue et sur ta famille d’origine.
-Hein ?
-Rien, montes sur le canapé, je dois parler avec Alicia. Et range moi ces bras avant de tout casser !
-D’accord…
-Très bien, tu peux m’expliquer pourquoi votre mère t’a demandé de venir ici ?
-Maman m’a dit que je devais évaluer Canta et lui dire que je suis sa sœur. Mais si tu veux on peut l’appeler comme ça ce sera plus simple, je me souviens pas de tout ce qu’elle m’a dit…
-J’ai déjà essayé, nous allons lui en parler mais je compte sur toi pour ne pas être trop brusque. Allez, monte.
Précédé par Allister, Alicia grimpa les escaliers en quatrième vitesse pour rejoindre sa sœur. Elle l’a trouva dans le salon à porter le canapé avec ses bras psychique, alors qu’elle l’encourageait Allister débarqua et passa un court sermon à sa protégée.
-Canta, nous avons quelque chose à t’annoncer, alors je veux que tu écoutes bien chaque mot et que tu ne t’égare pas, compris ?
-Oui !, fit la gamine en prenant un air à moitié sérieux.
-Très bien. Tu demandes sûrement pourquoi toi et Alicia avait tant de ressemblances ? Eh bien c’est très simple, et tu l’as peut-être compris, c’est ta sœur. Enfin l’une de tes sœurs…
A ce moment-là Canta se tourna vers Alicia et afficha son plus beau sourire, un mélange de joie et d’amour.
-Votre mère est une porteuse très puissante, et tu es sa première fille.
-Sa première fille ? Mais pourquoi Alicia est plus grande que moi ?
-La où j’habite le temps ne se passe pas comme ici, c’est pour ça que nos sœurs sont très grandes !
Une légère perturbation de l’air apparut dans le salon et un hologramme fit son entrée. Il mit quelques temps à se stabiliser, et au final les trois compères distinguèrent les traits d’une femme qui ne leur était pas inconnus.
-Enfin je te rencontre ma petite chérie, fit l’apparition mentale de Léa.
-Vous êtes qui ?, demanda Canta le regard plein de question.
-Je m’appelle Léa, et je suis ta mère…cela faisait si longtemps.
Canta eut un tilt et se jeta alors sur sa mère, mais elle traversa la projection et s’écroula par terre. Elle se releva l’air renfrogné et passa sa main à travers le corps de sa mère, celui-ci grésilla ce qui fit rire la gamine.
-Cependant ce n’est qu’une projection que je peux réaliser grâce à mes pouvoirs. Dans quelques temps tu pourras toi aussi le faire, mais passons je suis si contente de te voir d’aussi près ! J’ai tant de choses à te dire, tant de choses à apprendre de toi !
-Nous étions entrain de lui expliquer sa provenance, fit Allister. Peut-être voulez-vous prendre notre place ?
-Pourquoi pas, ça me permettra de lui parler un peu. Assis-toi tranquillement ma chérie, l’histoire que je vais te raconter est la tienne.
-D’accord maman, répliqua Canta le visage enchanté qui ravit sa mère.
-Pour commencer sache que je n’ai jamais rencontré ton père, il a juste donné sa "petite graine" pour que tu naisses. Une fois que tu es née j’ai dû fuir de l’endroit où nous étions car des gens nous voulaient du mal. Durant plusieurs mois je t’ai élevée malgré ton jeune âge mais quelque chose continuait de me poursuivre, un méchant monsieur. Nous avons donc voyagé à travers le monde pour trouver un endroit sûr, mais la seule solution pour que tu sois en sécurité fut l’adoption. J’ai donc trouvé une famille où tu serais bien et par la suite j’ai rencontré Allister, qui est aujourd’hui ton mentor, ton gardien, ton "grand-frère". Ensuite j’ai fais tout mon possible pour que tu aie une vie parfaite, comme par exemple cette maison. Les exercices qu’Allister te faisait faire venaient de moi, et à ce que je vois ils t’ont été utiles ! Tu n’es pas ma fille pour rien !, finit Léa en souriant.
-Mais quand est-ce que je te verrais en vrai ?
-Dans très peu de temps, sois patiente tu rejoindras bientôt toutes tes sœurs. En attendant j’aimerais qu’Alicia reste avec toi, elle t’aidera à développer tes capacités et je vois que vous vous entendez bien.
-Oui ! C’est ma grande sœur préférée !, répliqua Canta en serrant la personne mentionnée dans ses bras.
-Je pense que tu n’y vois pas d’inconvénients ?, demanda Léa à l’attention d’Allister.
-Non, j’ai réussi à m’occuper de ta première pendant plusieurs semaines, une de plus ce sera pas la mort.
-Très bien, je vous laisse alors. Soyez sage et obéissait à Allister, les filles, d’accord ?
-Oui maman !, répondirent les sœurs en chœur.
Léa envoya alors un baiser à ses deux filles et disparut.
-Bon, ce soir c’est un jour spécial, qu’est-ce que vous voulez manger ?
-Des pâtes !, répondit Canta.
-Des frites !, lança Alicia.
Des frites !, reprit Canta.
-Va pour des frites alors, vous pouvez aller vous amuser, je vous appellerais quand ce sera prêt.
La soirée se passa ensuite tranquillement, les filles passèrent leur temps à jouer ensemble, elles mangèrent pour quatre et filèrent se couchés. Allister regarda la télé en espérant trouver le sommeil, mais il fut obligé de partir faire un tour. A son retour il s’affala sur le canapé et s’endormit aussitôt.