Free Candys
L’entraînement de la petite Canta avançait convenablement, elle posait cependant toujours autant de questions sur l’utilité des exercices et sur ce qu’ils allaient faire durant la journée. Allister faisait preuve d’une patience et d’une gentillesse exemplaire, ce que la gamine lui demandait il le faisait sans broncher ou lui expliquait le pourquoi du comment tranquillement.
Une amitié naquit très vite entre les deux personnages, et Canta trouva une sorte de grand-frère à travers le lycanthrope.
Les exercices que devait réalisés la bambine devenaient de plus en plus complexes, mais ils gardaient un côté amusant pour ne pas la lasser. Allister, de son côté, faisait de gros efforts pour forger son corps et maîtriser son côté animal. Depuis sa rencontre avec la mère de Canta il avait apprit à se transformer quand il le voulait, mais son instinct de bête reprenait parfois le dessus et il se devait de le neutraliser pour ne pas blesser Canta ou des innocents.
La journée il passait le plus de temps possible avec la gamine, lui apprenait les choses de la vie, l’entraînait à utiliser ses pouvoirs, et la nuit il laisser son esprit bestial prendre le dessus pour mieux le comprendre et parvenir à le maîtriser.
Par moment la mère de Canta apparaissait et lui donner des indications sur la façon dont il devait s’en occuper, parfois elle lui donnait des cadeaux, parfois elle demandait juste des nouvelles.
-Comment se porte-t-elle ?, demanda l’hologramme psychique.
-Aujourd’hui elle a enfin réussi à dévier le jet d’eau de force dix, mais l’activité l’a grandement fatigué. Le reste des exercices se déroule comme à l’accoutumée et il semblerait qu’elle ait une préférence pour le calculateur de puissance, son ours lui permet de développer une grande force d’impact et aujourd’hui elle a dépassé les cinq cents bars.
-Elle fait d’énorme progrès, c’est parfait ! Je te conseille de l’emmener faire un tour en ville, emmène la où elle veut mais reste quand même stricte, je ne voudrais pas qu’elle cause du tort aux civils. Une expérience face à un porteur serait bénéfique, elle pourrait ainsi se rendre compte qu’elle n’ait pas seule et que le monde est rempli de danger tous différents. Je te laisse t’occuper de tout ça, tu fais du très bon boulot, Allister…
-Merci ma Dame.
Trois jours après la venue de la mère de Canta, Allister réfléchissait encore à un moyen de lui faire rencontrer un porteur peu puissant, histoire de la mettre en situation "réelle". Il se renseigna donc sur les derniers agissements suspects dans les environs et parvint à trouver un jeune porteur de feu.
C’était un adolescent dans la banlieue de Paris qui terrorisait les gens à l’aide de ses pouvoirs et avait même créé un groupe qui le suivait sans réfléchir. Le parfait adversaire pour la petite, cependant il lui fallait en savoir plus sur les agissements du gamin, au cas où des personnes plus puissantes seraient derrière. Il faudrait aussi que Canta puisse dévier voire contrôler le feu, il s’empressa donc de mettre en place un système de lance flamme pour entraîner sa protégée.
Ainsi durant la matinée il concentra Canta sur des exercices banaux et l’après-midi il lui fit passer plusieurs tests pour ensuite finir par le contrôle du feu. Le même tuyau qu’ils utilisaient pour l’eau était maintenant rempli d’un mélange gazeux et à l’extrémité se trouvait une petite flamme bleue. Le lycanthrope demanda à son élève de créer une protection autour d’elle, au cas où, et de bien se concentrer.
Il actionna le système et un trait de feu en sortit, mais il ne toucha pas la petite. Elle concentra alors son esprit sur les flammes et réussi à les faire bouger, mais elle perdit assez vite le lien et les flammes reprirent leur aspect sauvage. C’était déjà une bonne chose, a force d’entraînement elle pourrait bientôt faire la même chose qu’elle faisait avec les poids et autres objets solides.
Le lendemain Allister lui expliqua qu’ils allaient faire un tour en ville, histoire de se dégourdir les jambes et de se changer les idées. Ils prirent une des voitures présentes dans leur garage et partirent en direction de la ville.
Durant le voyage Canta posa encore une fois plein de question, surtout sur le but de son dernier exercice, la veille.
-Pourquoi est-ce que je devrais contrôler le feu ? C’est très dur d’utiliser mes pouvoirs sur quelques choses comme ça…
-Je sais, et c’est bien pour ça que tu dois encore t’entraîner. Ta mér…les autres porteurs dans ton genre peuvent diriger les éléments sans problèmes, il est normal que tu réussisses toi aussi.
Ils progressaient dans les rues de la ville et finirent par se garer non-loin d’un centre commercial. Canta voulut tout de suite le visiter, Allister ne refusa pas mais garda ses sens en alertes. Durant ses recherches il avait pisté le porteur de feu et avait mémorisé son odeur, ainsi il pourrait le repérer une fois qu’il serait à portée.
Le centre commercial était immense, des magasins d’habits, de loisirs, de jouets, de sports, bref il y en avait pour tous les goûts. Bien entendu la petite se précipita vers les magasins de jouets et d’habits, elle en ressortit avec des robes, des vestes, des collants, des jupes, et pleins d’autres habits de petite fille. Les peluches et autres poupées présentes dans les magasins ne lui plurent pas et elle rentra bredouille de ce côté-là.
Ils sortirent alors du centre commercial et posèrent les sacs dans la voiture, c’est alors qu’Allister flaira l’odeur du jeune délinquant. Il intima à la petite de le suivre en lui disant qu’il connaissait un magasin qui lui plairait très certainement. Bien sûr c’était plus une ruse pour l’attirer vers son premier "adversaire" qu’autre chose.
Il fut tout de même surpris de voir l’enseigne d’un magasin de peluche et de jouet.
L’adolescent se baladait avec trois autres gamins de son âge, ils avaient tous le même signe distinctif : les cheveux rouges et une veste sans manche de la même couleur. Allister demanda alors à Canta de continuer toute seule vers le magasin et qu’il la rejoindrait après. Il partit se réfugier un peu plus loin, derrière une voiture et pria pour que la rencontre se passe bien.
A la vue d’une gamine toute seule et avec un ourson aussi gros, le porteur de feu eut la réaction escomptée. Il ordonna à ses "sous-fifre" d’entourée la petite et s’approcha vers elle en roulant des mécaniques.
-Alors ma petite, on se balade tout seul dans les rues ?
-Laissez-moi passer, je dois aller dans ce magasin de jouet…grand frère Allister m’y attend.
-Ah parce que tu n’es pas venue seule ? C’est parfait ça, attrapez la ! On va toucher un peu d’argent aujourd’hui !
Les gamins se précipitèrent vers Canta les bras en avant et commencèrent à l’agripper. La petite ne l’entendait pas de cette oreille et produisit une faible impulsion qui écarta les mains des vils personnages, cependant ils ne se découragèrent pas et reprirent de plus belle.
Cette fois Canta usa de son ours et envoya voler l’un des délinquants, les autres eurent un hoquet de stupeur et reculèrent doucement.
-M…Mike, elle est pas normale celle-là !
Le dénommé Mike sourit en voyant la scène et fit apparaitre une gerbe de flamme dans sa main. Il fit prendre de l’élan à sa main et balança la boule de feu dans la direction de Canta, mais elle fut stoppé par un mur invisible. L’adolescent reproduisit la même action, mais des deux mains cette fois, il bombarda la pauvre petite de sphères incandescentes. Malgré la hargne qu’il y mettait, aucune de ses tentatives ne touchèrent la petite.
Sans attendre de riposte de la part de son vis-à-vis, Canta s’éleva dans les airs et passa au-dessus du gamin pour rejoindre le magasin tant attendu. Cependant Mike ne l’entendait pas de cette oreille et, après avoir joint ses mains devant lui, il balança une roquette enflammée vers la petite fille qui ne se doutait de rien.
C’est son "sixième sens" qui l’avertit du danger et elle dévia tant bien que mal l’impressionnante boule de feu que lui avait envoyé son agresseur. Le missile finit sa course dans la vitrine du magasin que la petite convoitait et provoqua un incendie.
Cette vision horrifia Canta qui rentra dans une sorte de transe et chargea le pauvre Mike qui ne s’était pas encore rétabli de sa dernière attaque. Elle plaça Tibbers devant elle et concentra le maximum d’énergie dans le poing tendu de son ourson, son "ennemi" était paralysé par la peur mais aussi par l’étreinte de la gamine folle de rage.
-A cause de toi je n’aurais pas le droit aux jouets que ce magasin vendait ! Espèce de méchant !
Elle accentua la fin de sa phrase en frappant l’adolescent à l’aide de son ours, l’onde de choc fut si puissante qu’elle propulsa le pauvre Mike dans une voiture garée sur le trottoir opposé. Elle voulut ensuite continuer de martyriser ce pauvre bougre, mais les cris d’appels provenant du magasin la tirèrent de sa "folie".
Canta se précipita alors vers la vitrine en flamme et aperçut la vendeuse en panique qui cherchait à s’extirper du piège dans lequel elle se trouvait : une étagère la maintenait au sol. Elle criait au secours mais la petite n’avait qu’une chose en tête, sauver les pauvres peluches encore "vivantes". Elle usa de son pouvoir pour réunir le plus de poupées possible et les attira à elle, à ce moment-là Allister débarqua et lui ordonna de la suivre.
Derrière eux le son des sirènes retentissaient, mais ils n’en firent rien et continuèrent leur route vers le parking où se trouvait leur voiture. Canta perdit une bonne dizaine de peluche en route, mais ils arrivèrent sains et saufs à leur véhicule.
Sans plus attendre ils prirent la tangente, les nouvelles acquisitions de la petite bien gardée par cette dernière.
-Pourquoi n’as-tu pas sauvé la pauvre femme bloquée dans le magasin ?, demanda Allister alors qu’il conduisait.
-Les peluches m’appelaient, elles avaient peur…et ce n’est pas ma faute si le magasin a prit feu. C’est ce méchant garçon qui faisait du feu…
Surpris par ce qu’il venait d’entendre le lycanthrope ne posa pas plus de question et fit son possible pour rentrer au plus vite. Une fois chez eux, Canta fila dans sa chambre avec ses nouveaux "amis". Allister ne la dérangea pas et s’aperçut qu’elle s’était endormie, il la posa alors sur son lit et la borda doucement.
-Quelle petite fille incroyable…, glissa-t-il pour lui-même.