Faire connaissance
Bientôt une semaine venait de passer depuis la mort de ses parents, mais la petite Canta n’avait pas changé son mode de vie pour autant. Depuis son adoption elle avait compris que Isabelle et Eric n’étaient pas ses vrais parents, à vrai dire elle ne savait pas d’où elle venait vraiment mais cela ne la dérangeait pas.
Tibbers, son ours en peluche, était la seule chose qu’il lui fallait pour survivre. Depuis un peu moins de six jours elle ne se nourrissait que de friandises et de pâtisseries et passait ses journées à "boire le thé avec ses amis". Par moment des personnes venaient à sa porte, mais ils repartaient souvent en ne sachant pas pourquoi ils étaient là.
La seule envie de la gamine était de jouer avec ses "amis" et de devenir, un jour, une princesse. Son prince la comblerait de cadeaux et lui donnerait plein d’enfants tous aussi beaux les uns que les autres. Cependant, pour trouver un prince de sa stature, elle devait s’aventurer en dehors de son "château". Rien de bien dangereux au vue de ses capacités hors normes, mais laisser ses "amis" seuls ne lui plaisait pas trop.
Elle laissa donc la garde de la maison à Nestor, son nounours jardinier, en lui demandant de bien surveiller Tigrou et Taz, un tigre et un semblant d’ours hyperactif.
Son ami Tibbers dans les bras elle ouvrit la porte et s’aventura dans la rue où se trouvait sa maison. Dehors, tout était diffèrent. D’habitude son monde était plutôt sombre mais plein de couleur, la ville était, elle, très lumineuse mais plus terne au niveau des couleurs. Mais Canta avait prit l’habitude de se balader avec ses "parents" dans les rues de Paris, nombre de fois elle était allé visiter Disneyland et d’autres parcs pour enfants.
Sans se presser, son ombrelle dans une main et Tibbers dans l’autre elle avança dans le dédale de bétons et de fer qu’était son quartier. Les passants semblaient surpris de rencontre une si jeune fille, seule, dans les rues de Paris. Elle passa devant son restaurant préféré, mais le portier lui demanda d’aller retrouver ses parents plutôt que de le déranger durant son travail.
Le même manège se déroula lorsqu’elle voulut visiter le bureau d’Eric, où elle avait passé de nombreuses heures à s’amuser avec la secrétaire de son père adoptif. Même rengaine pour le magasin où elle achetait la totalité de ses habits, même si elle parvint à soutirer quelques robes qu’elle donna à Tibbers.
Elle se rendit aussi à son magasin de jouet préféré et s’arrêta sur plusieurs peluches toutes plus mignonnes et douces. Sans que les adultes ne s’en aperçoivent elle en subtilisa quelques unes et ramena ses acquisitions chez elle.
Sans attendre elle organisa la rencontre entre ses "amis" et les nouveaux venus. Durant trois bonnes heures elle discuta de choses et d’autres avec une panthère bleue et un éléphant multicolore.
Cependant l’appel du prince charmant lui rappela son but premier, et tout en enfilant sa nouvelle robe rouge en soie elle se munie d’une autre ombrelle, prit la main de Tibbers et repartit explorer la ville.
Sa dernière tentative ayant été infructueuse, elle décida de passer par le parc pour enfant. Là-bas peut-être un bel apollon l’attendrait et la rendrait heureuse.
Malheureusement, les garçons qui se trouvaient dans le parc n’étaient pas des gentlemans et ils ruinèrent les espérances de Canta. L’un d’eux s’approcha de cette dernière et la poussa en tentant de lui prendre son ours en peluche. La réaction de la bambine fut immédiate, elle fit tomber la brute à genou en exerçant une faible pression sur son buste et lui fit connaître des visions affreuses via sa propre pensée.
Les autres gamins crièrent à la sorcellerie et partirent se réfugier vers leurs parents. Canta n’avait que faire de ces petites gens qui ne pensaient qu’à assouvir leurs désirs malsains. La gamine resta là, à jouer et déblatérer avec Tibbers.
Le soleil commença alors à se coucher et Canta ne croyait déjà plus à son histoire de prince charmant, son ours était là et il lui convenait parfaitement. Mais c’est sur le chemin du retour qu’elle fit la rencontre qui comblerait ce jour.
Alors qu’elle sortait du square et prenait la rue menant à sa demeure, elle fut entourée par trois hommes vêtus de loques. L’un d’eux se rapprocha rapidement d’elle et voulut la retenir par l’épaule, mais d’un revers de main, Tibbers écarta le bras de l’homme.
Les deux autres en avaient profités pour bloquer la gamine en l’entourant et en écartant les bras pour ne pas qu’elle s’échappe. Ils se rapprochaient dangereusement, un sourire malsain aux lèvres, et le troisième fit de même. Canta savait qu’elle pouvait en finir au plus vite mais elle ne voulait pas dévoiler trop de puissance.
Le plus près des trois hommes sortit un couteau et le fit passer de sa main gauche à sa main droite, et vice versa.
-Ne t’inquiète pas, nous ne te ferons pas de mal ma petite…on veut juste s’amuser avec toi !, fit ce dernier en s’approchant à chaque syllabes.
Alors que la bambine allait donner des visions d’horreur à son agresseur, il fut balayé par une étrange silhouette. Un rugissement plus tard le deuxième connut le même sort et le troisième s’approcha en vitesse de Canta en lui passant son couteau autour du cou.
-Si…si tu bouges je la bute !, dit-il en tremblotant et en reculant vers le mur le plus proche.
-BOUH !, fit une voix rauque derrière.
Le voyou sursauta et en lâcha son arme, il disparut à son tour. Canta était stupéfaite par ce qu’il venait de se passer et sonda les alentours pour trouver son bienfaiteur. Elle s’approcha de la source de pensée qu’elle venait de trouver mais fut bien vite stoppée par une main qui sortit de la pénombre.
Une main poilue et griffue qui lui faisait signe de rester là où elle était, ce qu’elle fit aussitôt. Elle parvenait à analyser le corps d’où provenais cette main animale, elle n’avait jamais vu telle chose et fut surprise.
-Je ne te veux aucun mal, petite. Rentre chez toi tranquillement, il ne t’arrivera rien.
-Pourquoi vous vous cachez ? Vous avez peur de vous montrer ?
-Part, maintenant, sinon il ne t’arrivera rien de bien…
La présence disparut alors dans un rugissement rauque, laissant Canta seule dans la ruelle. Elle se promit d’en savoir plus sur cet étrange bienfaiteur et reprit son chemin.
Dans son "sanctuaire" elle expliqua à ses "amis" l’impressionnante rencontre qu’elle avait fait.
Elle s’endormit la tête pleine de question et le sourire aux lèvres. Un regard protecteur la surveillant de l’autre côté de sa fenêtre.