Je n'écris pas aussi bien que Moulin le dit hein, soyez indulgent avec moi
+ Avertissement : Ca va pas parler super bien (comprendre : il risque d'y avoir des passages grossiers.)
Introduction (1/4) :
Prison secrète de très haute-sécurité, réservée aux porteurs, océan Pacifique...
Des bruits de pas retentirent. Ray ouvrit lentement les yeux. Assis à même le sol, en position du lotus, il vit la porte de sa cellule s’ouvrir pour la première fois depuis sept ans. Trois hommes pénétrèrent dans la pièce, tandis qu’un autre restait à l’extérieur.
Ils étaient tous vêtus de treillis noirs, de pantalons gris, dotés de protections aux genoux, et de lourdes bottes aux semelles métalliques. Tous portaient également le même casque noir, et un masque de protection leur dissimulant la moitié du visage.
Une série de cliquetis retentit quand ils braquèrent leurs fusils automatiques dans la direction de Ray. Celui-ci n’eut pas besoin de les regarder pour deviner qu’ils n’étaient pas chargés avec des fléchettes anesthésiantes.
-Lève-toi, ordonna le plus proche d’une voix calme mais autoritaire. Et vite.
-J’ai le droit d’aller pisser, avant ?
-Lève-toi, répéta l’homme masqué sans hausser le ton.
Ray haussa les épaules et se leva. Ses articulations craquèrent. Il fallait dire que cela faisait déjà plusieurs années qu’il avait pris l’habitude de passer ses journées à méditer, immobile, faute d’autres activités. Lui qui était auparavant hyperactif… Douze ans de détention, sans le moindre contact humain et le moindre loisir, ça vous changeait un homme.
S’apprêtant à suivre les hommes armés, Ray jeta un dernier regard à sa cellule : Une petite pièce d’environs six mètres sur trois, aux murs matelassés d’un blanc immaculé, avec une couchette rigide au fond, des toilettes dans un coin, et un robinet. Bon débarras.
Les quatre hommes l’encerclèrent avec des mouvements parfaitement synchronisés et se mirent en marche. Ray étant placé au milieu, il fut bien obligé de les imiter. Ils traversèrent une série de couloirs, intégralement blancs et dotés de multiples caméras de surveillance ultra-sensibles, passèrent devant une bonne trentaine de portes, donnant évidemment sur des cellules, puis s’arrêtèrent devant une série de marche.
Les quatre hommes s’écartèrent. Sans un mot, l’un d’eux lui fit un bref signe du bout de son fusil, qui signifiait sûrement qu’il devait monter. Ray se gratta le menton et hocha la tête. Puis, il s’engagea sur la première marche et monta les escaliers.
En haut, une porte. Sans qu’il n’eut à faire le moindre geste, elle coulissa. Ray la traversa et se retrouva dans une vaste salle lumineuse. Il plissa les yeux.
Au centre se dressait une table en bois autour de laquelle étaient disposées deux chaises. L’une d’elle était occupée par un homme. L’homme le plus grand que Ray ait jamais vu. Devant dépasser les deux mètres, aux épaules si larges qu’on aurait dit qu’il était écartelé, et aux jambes aussi épaisses que des troncs d’arbres, il avait le crâne intégralement rasé, la peau pâle, le visage carré, et deux lunettes noires opaques vissées sur son nez. Il portait un costume-cravate noir, impeccablement repassé. L’archétype de l’agent du F.B.I., en beaucoup plus imposant (note de l’auteur : bon, ici c’est un agent du MI6, je préfère juste vous prévenir). Il aurait pu sortir tout droit du casting du prochain « Men in Black » que cela n’aurait pas surpris Ray outre mesure.
Un deuxième homme se trouvait dans un coin de la pièce, adossé à un mur et les bras croisés. Nettement moins costaud que son collègue, il avait les cheveux blonds, bien coiffés, et portait une chemise blanche sous une veste bleue. Il portait un holster assez voyant, sous l’aisselle gauche, dans lequel était enfoncé un pistolet à la crosse énorme et au canon plus large que la moyenne. Uns de ces derniers pistolets anti-porteurs à la mode. Ray ne lui donnait pas trente ans.
Quand il pénétra dans la pièce, l’homme aux lunettes noires se leva et afficha un large sourire.
-Ah, enfin ! Nous vous attendions. Asseyez-vous, je vous prie.
Ray s’avança et, sans se faire prier, il prit place à la table, en face de son interlocuteur. Le Men in Black hocha brièvement la tête et fit de même. Ray remarqua qu’il y avait des fiches disposées devant lui. L’homme les parcourut des yeux pendant quelques secondes.
-Alors… Ray G. Maskew, Américain, race blanche, trente-six ans, forme physique impeccable, pas le moindre problème de santé si ce n’est une légère allergie aux abricots… Oui, ça a l’air d’être vous.
-Et c’est moi.
-Tant mieux.
-Oui, tant mieux.
L’homme aux lunettes se lécha les lèvres et releva la tête.
-Savez-vous pourquoi vous-êtes là ?
-Non.
-Voulez-vous le savoir ?
-Non, ducon. Laisse-moi deux secondes, je vais essayer de deviner tout seul.
-Vous êtes là parce que vous allez être libéré sous peu.
-Merde.
-Ca ne vous rend pas heureux ?
-La bouffe était pas mal, ici.
-Oui, c’est vrai.
-Pourquoi je vais être libéré, au fait ? Je veux dire… C’est parce que j’ai été sage ?
-Pas exactement.
L’homme aux lunettes croisa les mains et se pencha en avant.
-Vous êtes quelqu’un de mentalement instable, Ray, dit-il. Vous n’êtes pas adapté à la vie en société. Vous êtes dangereux.
-Mentalement instable, hein ?
Ray ricana. C’était plutôt ironique, pour un porteur aux pouvoirs mentaux. Mais l’homme aux lunettes n’avait pas l’air de plaisanter. Il reporta son attention sur ses fiches.
-Schizophrène, sociopathe, à tendances légèrement paranoïaques, et extrêmement manipulateur, même lorsqu’il est privé de ses pouvoirs. C’est le rapport de votre médecin.
-Quel connard… Il a juste mis « sociopathe » parce que j’ai refusé de le sucer.
-Oh, vraiment ?
-Non, je déconne. S’il m’avait proposé de le sucer, je l’aurais tué.
-Vous n’étiez pas obligé de répondre. Enfin…
Ray croisa discrètement son index et son majeur, sous la table, tout en fixant son interlocuteur. Un simple tic, un geste anodin qu’il faisait lorsqu’il tentait de pénétrer dans l’esprit de quelqu’un. Il n’en avait pas réellement besoin pour activer ses pouvoirs, mais c’était une habitude dont il n’avait jamais réussit à se débarrasser. Et puis, en un sens, ça l’aidait à se concentrer.
Très étrangement, il ne parvint pas à savoir ce que pensait l’homme aux lunettes. Il eut l’impression de se heurter à une véritable barrière psychique. Celle-ci, non contente de simplement lui barrer le passage, le repoussa assez douloureusement.
Sur sa chaise, Ray tressaillit légèrement et fit une grimace. Une pointe de douleur avait fusée sous son crâne.
-Vous avez placés des inhibiteurs dans la salle ? s’enquit-il.
-Non, j’ai tout simplement été formé à déjouer ce genre de tentative d’invasion mentale. Les télépathes ne sont pas rares, de nos jours, et pour quelqu’un comme moi, il est nécessaire d’être capable de lever des remparts mentaux à n’importe quel moment.
-Ne sois pas trop fier non plus. Il fut un temps où j’aurais soufflé tes barrières comme la flamme d’une bougie. Et ensuite, je t’aurais fait bouffer tes couilles, celles du type derrière toi, et je vous aurais fait danser la salsa avant de vous faire exploser le crâne, sans bouger.
-Peut-être, mais vous avez passé douze ans sans avoir la moindre occasion d’utiliser vos pouvoirs, et vos capacités en ont pris un coup. N’est-ce pas ?
-Touché.
-Je connais vos pouvoirs. Vous êtes capable de lire dans les pensées des gens et d’influencer leur comportement à l’aide de ce que vous appelez des… injonctions mentales ? C’est ça ?
-Ouais. Et c’est pas moi qui ait trouvé le nom, hein !
L’homme aux lunettes le fixa pendant un moment.
-Le gouvernement a eu l’idée de lancer un projet. Réhabiliter des personnes non-adaptées à la société, des porteurs, précisément, afin de les faire travailler pour l’intérêt de l’humanité.
Ray leva les yeux au ciel et fit semblant de s’essuyer une larme.
-C’est beau…
-Votre profil a été retenu, Ray.
-Attendez deux secondes, en quoi ça consiste, le boulot ? Parce que c’est de ça qu’il s’agit, non ? Je vais devoir faire quoi, genre ? Tuer des gens ? Etre une sorte d’espion ? Devenir un super-héros ?
-Rien de tout cela. Essentiellement faire profil bas, exécuter les ordres sans discuter et ne vous servir de vos pouvoirs qu’en cas d’extrême nécessité.
-Ca a l’air aaaaatrocement chiant.
-Et ça l’est. Mais c’est soit ça, soit rester ici tout le reste de votre vie, ou jusqu’à ce que vous trouviez un moyen de vous suicider.
Ray s’étira et fit craquer les os de sa nuque.
-J’ai le choix, au moins ? soupira-t-il.
-En fait… non.
-D’accord. J’aime les situations claires. Bon, qu’est-ce qu’il va se passer, maintenant ?
-Maintenant ?
L’homme aux lunettes sourit.
-Je vais vous présenter votre équipe.
Ray ferma les yeux et porta la main à son visage.
-Merde…