''La première impression qui vient à l'esprit de n'importe quelle personne regardant cette série, c'est : « Mais c'est quoi, ce truc ?… » Parce qu'il faut bien le dire, les trois premiers épisodes sont une torture aussi bien visuelle que mentale. Visuelle à cause de changements de plan tellement rapides que l'impression rétinienne n'a même pas le temps de se faire. On verra donc des coupures, des phrases en japonais, puis un gros plan, puis un plan large… Palme d'or pour les débuts d'épisode, juste après le générique ! (Tentez de lire, si vous avez le courage.) Mentale grâce aux jeux de mots fondés sur les différents sens des kanji et autres formes de langage que seuls les Japonais peuvent comprendre, qui, au même titre que les images, se succèdent à une vitesse impressionnante, dans des dialogues qui sont parfois d'une longueur à faire peur, sans but scénaristique réel. Il faut donc être concentré pour saisir tous les détails des méchancetés que débite Hitagi ou d'un dialogue philosophique sur la qualité humaine.
Mais une fois le choc des trois premiers épisodes passés et le spectateur conscient de ce qui l'attend, on découvre ce qui se cache vraiment derrière Bakemonogatari : des histoires (monogatari) de monstres (bakemono). Le personnage principal, Koyomi, s'occupe donc de divers fantômes, esprits et autres « individualités » du genre qui touchent les personnes (des filles) qu'il croise et dont chacune est personnage-clé de l'arc qui lui est dédié : Hitagi, la tsundere (dont on est forcement sous le charme au terme des quinze épisodes), Mayoi, la gamine perdue, Suruga, la sportive… Graphiquement, le character design est à mon avis très au-dessus de la moyenne ! Les décors sont quant à eux volontairement et désespérément vides… Peut être trop, parfois, mais c'est ce qui donne, combiné aux musiques de fond, cette ambiance lugubre et glauque à laquelle on finit par s'attacher.
Petite spécialité pour les génériques de début, puisque chaque personnage, et donc chaque arc, se voit gratifié d'un générique à son image. Dans l'ensemble, ceux-ci sont corrects. J'ai lu quelque part quelqu'un affirmer que Bakemonogatari, c'était un peu comme de l'art moderne : ça ne ressemble à rien de connu, ça risque d'en rebuter quelques-uns, mais ceux qui auront l'envie ou le courage de continuer seront probablement surpris et content d'avoir persévérer !
Une sorte de petit chef-d'œuvre à voir, donc, mais la mise en scène risque d'en dissuader plusieurs de poursuivre. ''
Une bonne petite analyse plutôt objective sur la série 