Phase 6 : L'éveil | Partie 3 : Face à face avec le diable
Deuxième partie
Point de vue d'Ethan Decker :
Pour une raison obscure nous étions convoqué au quartier général. Cela ne me plaisait guère; la capitale étant la place forte de notre organisation, il n'était pas rare qu'elle soit la cible de pseudo-vendetta ou quelques mouvements séparatistes de faibles intensités. Mais jamais le commandement ne nous avais rappelé à la base...ça ne présageait rien de bon.
« On passe la vitesse les gars. Stein, tu prends ton escouade et vous gagnez l'aile Sud, généralement c'est là-bas que c'est le plus dangereux. J'exige un rapport dès votre arrivée. Nous, on grimpe !
Une seconde plus tard quatre de mes hommes nous laissaient pour faire route vers le centre médical de la ville. Quant à ceux qui restaient, ils me suivirent comme un seul homme jusqu'aux hauteurs.
En se plaçant sur les plus hauts bâtiments nous pourrions d'une part nous déplacer plus rapidement, mais surtout nous aurions un visuel quant à la menace qui plane sur le QG.
Malgré la distance j'avais déjà activé la lunette Geiger, mais j'étais loin de me douter de ce qu'elle allait m'indiquer.
En effet, la ville entière était cernée par des flammes noires d'une intensité rarement vue. Le compteur s'affolait alors qu'une distance de plusieurs kilomètres nous séparaient...qu'est-ce qui avait pu faire ça ?
« C'e...c'est quoi ce bordel ?, bégaya Butch. Comment on n'a pas pu s'en rendre compte ?!
Et c'est là que nous l'avons aperçut. Un Porteur auréolé de noir filant vers le QG. Une aura monstrueuse l'entourait et nous pouvions la sentir malgré l'écart de distance. Mais peu importe si ce type était puissant ou non, notre devoir nous incombait de nous charger de lui.
« Vitesse maximale les gars. On doit stopper cet enfoiré avant qu'il n'atteigne la base !
Je profitais de notre cours trajet pour leur rappeler quelques règles essentielles en cas d'affrontement contre un Porteur puissant.
« Rappelez-vous, peu importe la force de notre ennemi, nous sommes plus nombreux et notre équipement nous permets de lui faire face. Mais malgré notre effectif et nos outils, un Porteur reste un Porteur : ne le sous-estimez pas ! Privilégiez les attaques à distance, ou les coups rapides. Tout comme moi vous avez pu apercevoir la carrure de cette erreur de la nature, ne vous faites pas toucher. Et surtout, n'oubliez pa...qu'est-ce que...Stein, non !
Alors que nous passions aux côtés d'un important carrefour, nous assistions impuissant au démembrement et à l'extermination de l'escouade de Stein.
Le Porteur n'avait rien d'humain. Son crâne – orné d'un masque couleur ébène pour le moins troublant, un sourire malsain encré sur sa bouche – était surmonté de deux cornes plus impressionnantes encore que celles d'un taureau. Ajoutant à cette chose une dose d'effroi, deux immenses ailes aux plumes noires entouraient le Porteur et semblaient le protéger des balles.
Autour de lui tout n'était que mort et désastre. Il venait d'arracher la tête de Stein d'une seule main, pendant que son autre bras lui transperçait le ventre. Barett, lui, était maintenant partagé entre trois abominations ressemblants de loin à des canidés. Les deux autres manquaient à "l'appel", mais les deux squelettes enflammés qui jonchaient le sol indiquaient qu'ils étaient morts calcinés.
« Ch...chef ? C'est quoi ce truc ?, bafouilla un nouveau de mon équipe.
-Ça mon gars, c'est un putain de Porteur ! Et même s'il peut t'impressionner, il ne fera pas long feu contre nous.
http://www.youtube.com/watch?v=ghNDfFZlwDE
Au moment où je terminais ma phrase, une demi-douzaine d'autres escouades débarquèrent. L'abomination était entourée d'une centaine de soldats sur-équipés et prêts à tout pour défendre leur territoire.
« Tu es cerné l'affreux. Opposer une quelconque résistance est vaine, le rapport de force est trop large pour que tu puisses prétendre à t'en sortir, émit le caporal Braham en guise de sommation. Si tu te rends maintenant, je te promets une mort rapide et indolore.
L'être démoniaque se tourna alors vers le caporal, son masque affichant toujours cette expression dérangeante, et d'une voix profonde et gutturale il répondit.
« Le rapport de force est trop large, vous avez raison. Cependant, il semblerait que vous n'ayez pas raison sur toute la ligne.
En une fraction de seconde il se retrouva aux côtés du caporal. Il engloba la tête d'un soldat à ses côtés et la broya sans aucune difficulté.
« Vous voyez ce que je veux dire ?
-Tu l'auras voulut l'affreux. Soldats, ne vous retenez pas !
Le Porteur voulut alors balayer le plus haut-gradé d'entre nous, mais ce dernier effectua une pirouette. Il envoya son pied dans la mâchoire du colosse vêtu de noir et fit plusieurs arabesques en arrière.
Une salve de projectiles en tout genre – de la "simple" balle au carreau explosif – fut envoyé à l'attention de l'intrus. L'impact créa un nuage de fumée, mais nos indicateurs montraient que le "démon" était toujours là.
Comme pour appuyer le bilan de nos détecteurs et autres radars, il sortit de l'écran brumeux et se jeta sur deux soldats. Comme tout à l'heure il engloba les crânes des deux malheureux, mais cette fois il les frappa l'un contre l'autre, créant une explosion sanguinolente d'os et de morceaux de cervelles. Le sourire malfaisant sur son masque donnait une toute autre dimension à la situation, rendant l'air encore plus tendu.
Il envoya plusieurs salves de sphères noires un peu partout, plus dans l'optique de causer des dégâts matériels que de toucher quelqu'un. Ses globes d'ébènes causèrent d'innombrables explosions, emportant avec eux des bâtiments entiers, et certains soldats trop lents.
Trois des nôtres se jetèrent sur lui, engageant un corps-à-corps désespéré. L'action avait surtout pour but d'accaparer l'attention du Porteur pendant que nous lui balancions ce que nous avions. Ainsi, les trois bougres périrent dans un mélange de flammes et de foudres noirâtres, mais la tentative fut payante.
Pendant qu'il s'occupait des "sacrifiés", il ne remarqua pas les hommes qui le prenaient en joue. Plusieurs roquettes et des dizaines de grenades de toutes sortes furent envoyés sur lui. Des chargeurs entiers de fusils d'assauts furent vidés pour sa personne. Et pour finir, dix de nos gars lui lancèrent des javelots argentés, reliés par une chaîne – faite du même alliage que notre exosquelette.
Encore une fois, il fut entouré d'une brume grisâtre. Mais les lanceurs de javelots n'attendirent pas de réponses, ils commencèrent à tourner autour de lui, créant un cliquetis métalliques assourdissant.
Soit l'engeance démoniaque était totalement entravée par les chaînes, soit il était compressé comme jamais. Dans tous les cas il ne pouvait pas s'en sortir.
« Ah oui ? Je ne peux m'en sortir ?
Je me retournais d'un bond, mais ne vis rien. Quelle était cette voix ? Contrôlait-il aussi la télékinésie ? Pouvait-il communiquer par la pensée ?
« Tu n'as pas besoin de le savoir. A vrai dire, tu ferais mieux de te préoccuper de ce qui se passe sous tes yeux.