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[Fic] Dead Space Source

Spycho
Spycho
Niveau 10
08 avril 2012 à 11:48:51

Du moment que ça reste métaphorique, c'est possible :hap:

HelpingFR
HelpingFR
Niveau 36
08 avril 2012 à 12:41:22

Oh :-(

Spycho
Spycho
Niveau 10
08 avril 2012 à 19:13:31

Tu es répugnant :noel:

HelpingFR
HelpingFR
Niveau 36
08 avril 2012 à 19:17:01

Ben quoi ? :hap:

Si j'étais vraiment répugnant, je demanderai une romance entre le perso principal et l'Alien :hap: ( :bave: )

Spycho
Spycho
Niveau 10
08 avril 2012 à 19:29:43

OMFG! :peur:

Avec Laura aussi pendant qu'on y est? :hap:

HelpingFR
HelpingFR
Niveau 36
08 avril 2012 à 19:34:45

Pourquoi pas, le ménage à trois, ça donne que du bon :oui: :hap:

Spycho
Spycho
Niveau 10
11 avril 2012 à 18:16:38

Mouais :hap: (j'avais pas vu ton post en fait :noel: )

Bon, j'ai hésité à reprendre le rythme mercredi/samedi pour cette semaine.
Entre toutes mes activités en ce moment je galère un peu à trouver le juste milieu, en plus de ce foutu problème de PC (je suis sur celui de ma mère actuellement :noel: ), donc j'avance pas particulièrement vite, mais bon.

Il me reste deux chapitres d'avance (en comptant celui-ci), j'espère que ça me suffira pour en reprendre un peu. :o))

Chapitre 56 : Temps de repos.

Le long hurlement nous glaça sur place. Nous avions trouvé refuge dans une vieille souche de plusieurs mètres de large et entièrement creuse. Son propriétaire gisait à côté, mais avait entrainé l’un de ses congénères dans sa chute, qui s’était partiellement abattu sur notre refuge, le couvrant en partie. Ajouté à la couverture épaisse des feuilles, cette protection empêchait presque complètement la pluie de passer.
Nous étions en train de nous entasser dans la zone abritée quand la longue plainte résonna.

« C’était quoi ça ? Couina Laura, qui s’était assise entre mes genoux pour l’occasion. »
« Pas un de ces tigres en tout cas, fit Jim d’un ton lugubre. »

Sa phrase resta en suspension, au milieu du martèlement régulier de la pluie. La souche était remplie de feuilles mortes, ce qui nous évitait de tremper dans la boue. Je risquai un regard par l’ouverture dans le bois, par laquelle nous avions pu entrer. Au milieu de ce déluge, elle était quasiment impossible à repérer, et ce n’était que par un coup de chance que nous étions tombé dessus. On pouvait donc espérer que rien ne viendrait fourrer son nez dans notre refuge.
Je m’étais adossé contre la paroi craquante, Laura recroquevillée entre mes deux jambes pliées. J’avais laissé tomber mes deux bras complètement trempés de façon à la serrer contre moi, et elle s’était laissée faire sans broncher. Jennie s’était roulé en boule à côté de Jim, qui essayait de la réchauffer tout en regardant fréquemment par l’ouverture. Kleef, quant à lui, avait accepté de prendre une place où il risquait plus de prendre la pluie, ses écailles lui offrant une protection suffisante.
L’orage grondait toujours au-dessus, mais aucun éclair ne zébrait le ciel. Pour l’instant.
Grelottants, il nous était difficile de trouver le sommeil, malgré notre épuisement. Une partie de moi était persuadée qu’il ne s’agissait que d’un abri précaire, et que des félins nous trouveraient sans peine au milieu de la nuit. Qui plus est, il s’agissait d’un endroit parfaitement clos.
Un bruit feutré m’arracha instantanément à mes pensées.
Laura, qui avait commencé à s’assoupir, releva brusquement la tête, manquant de m’envoyer un coup dans le menton. Toutes les têtes se tournèrent vers l’ouverture dans la souche, sans le moindre bruit. Je détachai l’un de mes bras de ma copilote et le laissai glisser lentement vers la crosse de mon fusil. Plusieurs autres sons, tellement légers qu’ils étaient presque imperceptibles à travers la pluie, nous parvinrent.
Mes doigts enlacèrent délicatement la poignée, sans émettre ne serait-ce qu’un cliquetis ou un froissement de feuilles. Un brindille se brisa à quelques mètres, mais le craquement résonna comme un coup de fusil. Nous étions tellement habitués au son de la pluie que la moindre variation était aussi distincte que le hurlement d’un Neebray. Et il n’y avait pas le moindre doute.
Quelque chose marchait non loin.
Je fus secoué d’un frisson en me rendant compte que, du fait des bruits de pas, le nouveau venu ne se déplaçait que sur deux pattes. Kleef s’était raidi, et il était évident qu’il avait lui aussi relevé ce détail.
Restait à prier pour que le Créateur ne se jette pas hors de la souche pour attaquer la chose qui nous traquait. Car il était impossible d’avoir ne serait-ce qu’un doute sur son identité. Néanmoins, il parvint à se contenir, et ne fit pas un geste.
Puis le chasseur qui nous traquait probablement depuis un moment apparu dans notre champ de vision, à quelques mètres. Je m’écrasai contre l’écorce, et sentis Laura faire de même contre moi. Puis je tournai la tête, risquant un regard dans l’ouverture.
La pluie ruisselait sur sa carapace noire, faisant réfléchir les quelques rayons de lumière qui survivaient à l’approche de la nuit. Notre ancien coéquipier marchait lentement, un pas après l’autre, braquant son regard dans toutes les directions. Son regard jaunâtre ne passa qu’une seule fois, très brièvement, sur notre abri. Je fermai les yeux au moment où nos deux regards se croisèrent, sans qu’il ne s’en rende compte.
Il continua à avancer, un pas après l’autre, fixant le sol à intervalles réguliers, comme s’il cherchait des traces. Le passage de la créature ne dura pas plus de trois ou quatre minutes, qui nous semblèrent une éternité.
Puis il disparut plus loin, rien qu’une ombre de plus dans la nuit.
Le silence, lui, se prolongea pendant plusieurs minutes. Nous étions tous persuadés qu’il savait qu’on était là, qu’il ne guettait qu’un signe pour obtenir notre localisation exacte, dissimulé dans la végétation. Mais aucun son ne rompit le martèlement monotone de la pluie. Alors, lentement, je me détendis, bientôt imité par les autres. Laura décroisa ses jambes et se laissa aller en arrière, nettement moins crispée.

« On monte la garde au cas où ? Demanda Jennie en réprimant un bâillement. »
« Pas la peine, répondis-je, les yeux clos. On est tous crevés, vaut mieux profiter de la nuit. »
« Et si il revient ? Insista la jeune femme. »
« Si il revient, dans l’état où on est, et vu notre planque, on pourra rien faire. »
« Je déteste ça.... souffla t-elle. »
« Eh, de toute façon il sait pas où on est. A moins que l’un d’entre vous ronfle suffisamment fort pour l’attirer, achevais-je en ouvrant juste un œil et en souriant. »

La jeune femme esquissa un sourire et se cala plus confortablement contre Jim. Ce dernier, en revanche, semblait dans un autre monde. Le regard fixe, les traits figés, il n’avait pas bougé d’un poil depuis que Louis était parti. S’il n’y avait pas eu sa lente respiration et quelques clignements de paupière, on aurait pu le croire mort. Le jeune homme était tout bonnement absent. Le vide total.
Kleef, quant à lui, s’était roulé en boule, son regard rouge disparaissant lentement derrière ses paupières. La journée avait été particulièrement éprouvante, surtout pour lui. Je laissai retomber ma tête contre l’écorce, fermant à nouveau les yeux. Le son de la pluie eut presque l’effet d’une berceuse.

*

Le jour se leva, accompagnant le vent de plus en plus violent. A ceci près que, cette fois, des éclairs traversaient le ciel à intervalles réguliers, illuminant davantage la forêt que la pâle lumière du soleil, qui peinait à se frayer un chemin. Ni le souffle du vent, ni le grondement de l’orage, ni les craquements réguliers alors que la foudre s’abattait quelque part ne pouvaient détourner la créature de son but.
Ils avaient été si près, à un moment.... Mais, en raison de cette eau, Louis n’avait pas été capable de les retrouver. Peut-être avaient-ils continué, peut-être s’étaient-ils arrêtés. Et si il les avait dépassé, alors tout espoir de les retrouver était vain. La pluie s’était arrêtée depuis un moment déjà, mais il était trop tard.
Il ne pouvait plus faire qu’une seule chose ; quitter cette forêt et les guetter à la sortie. A condition de trouver le chemin. Le liquide cristallin gouttait toujours sur sa carapace alors qu’il progressait avec difficulté. Il y eut un craquement, l’équivalent d’une détonation, et une lourde branche s’écrasa à quelques mètres, fumante.
L’être inhumain leva la tête vers les cieux, rétractant une membrane sur ses yeux pour les protéger des gouttes qui continuaient de couler des feuilles dans les hauteurs. Le moignon de bois, loin au-dessus, laissait lui aussi échapper un mince filet de fumée à l’endroit où la foudre l’avait percuté.
Finalement, il allait peut-être falloir qu’il s’inquiète de ce mauvais temps.

*

Réveillé depuis peu de temps, ce furent les premiers rayons de soleil qui me décidèrent à bouger. La pluie avait enfin cessé, probablement au cours de la nuit. Les conditions exécrables nous avaient en partie englué dans la boue, mais surtout recouvert d’innombrables feuilles mortes. Je vis que Kleef s’était décalé durant la nuit, se cachant du mieux qu’il pouvait du déluge.
Cette nuit n’était en revanche absolument pas comparable à celle que nous avions passé avant d’entrer dans la caverne. Je secouai la tête pour faire tomber les débris qui m’étaient tombé dans les cheveux et tapotai doucement ma copilote. Elle ouvrit lentement les yeux et bâilla longuement, avant de relever la tête pour chercher un baiser. Je le lui donnai sans la moindre hésitation, profitant de ce contact pour oublier le froid, le vent et la foudre.
Puis nous réveillâmes les autres.
La partie qui n’était pas abritée par l’arbre abattu était remplie de toutes sortes de branches, et Kleef avait eu de la chance de ne pas en recevoir sa part. Mes bras me faisaient horriblement mal, mais il allait bien falloir le supporter. Laura se redressa doucement, essayant de se relever sans me marcher dessus. Je m’étirai longuement, avant de faire de même, tandis que les trois autres émergeaient progressivement.
Puis je sortis par la brèche, histoire de me dégourdir un peu les jambes. A peine le nez dehors, je fus brutalement secoué par une violente rafale de vent, qui manqua de m’envoyer une branche en plein visage. Je fis aussitôt un pas en arrière, trébuchant à moitié sur une racine, pour regarder le morceau de bois continuer son ballet aérien sur quelques mètres. Laura ne tarda pas à sortir elle aussi, et croisa immédiatement les bras sur sa poitrine.

« On va vraiment marcher dans ces conditions ? Demanda t-elle d’une voix forte pour couvrir le bruit du vent et le grondement de l’orage. »
« Je préfèrerais attendre que ça se calme, mais plus on attend, plus l’infection progresse. »
« Et tu crois pas qu’on devrait.... Je sais pas.... Lui laisser une longueur d’avance ? Proposa la jeune femme sans grande conviction. »

Je pivotai vers elle, l’interrogeant du regard. Puis je compris de qui elle parlait. Puisque nous étions toujours en vie, cela signifiait que Louis ne nous avait pas trouvé et avait continué sa route.

« Il a eu toute la nuit pour progresser... j’espère en tout cas. »

Elle me regarda d’une façon qui montrait clairement qu’elle n’était pas convaincue, mais s’abstint de répondre. Au lieu de ça, elle dégagea les longues mèches complètement trempées qui lui collaient au front et sur les tempes et se tourna vers la souche. Nos trois autres coéquipiers ne tardèrent pas à en sortir. Jennie ouvrit son sac et en fit tomber un peu de nourriture, expliquant qu’il en restait vraiment très peu et qu’il valait mieux rationner davantage.
J’avalai l’étrange viande gélifiée en quelques bouchées, espérant que cette minuscule portion suffirait à calmer les grondements de mon estomac. Kleef regardait autour de lui avec inquiétude, et je devinai aisément ce qu’il cherchait. Mais Louis n’avait pas laissé la moindre trace de son passage. Les empreintes qu’il avait du laisser dans la boue avaient depuis longtemps disparu.
Nous décidâmes finalement de nous mettre en route, guettant le moindre mouvement dans la végétation.
Il se passa une heure avant que le danger ne vienne d’une façon totalement inattendue.
Habitués à ce qu’on nous apprenait sur notre planète et dans nos stations, il ne nous était pas venu à l’esprit que ce bois humide puisse représenter un quelconque danger. Pas plus que nous ne nous étions attendus à ce qu’il ait séché à une vitesse phénoménale à partir du moment où la pluie avait cessé. Et, si quelqu’un avait formulé l’hypothèse qu’il puisse être suffisamment sec pour ce qui arriva, nous lui aurions probablement ris au nez.
C’est pour cela que, lorsque la foudre traversa le feuillage à quelques dizaines de mètres, nous eûmes surtout peur de nous prendre un arbre sur la tête. La base du géant de bois éclata en centaines d’éclats alors qu’il vacillait, avant de s’écraser. Nous étions trop loin pour le voir distinctement.
Pas un seul instant nous ne pensâmes que l’arbre en question était suffisamment sec pour s’enflammer. Et encore moins qu’il communiquerait le feu à ses voisins.
Et pourtant...

Donc, la suite viendra samedi :oui:

Spycho
Spycho
Niveau 10
12 avril 2012 à 11:27:11

Ou dimanche, je verrais :(

HelpingFR
HelpingFR
Niveau 36
12 avril 2012 à 13:11:32

Génial, une course poursuite avec le feu :hap:

Le ciel de cette planète est fan de Johnny :hap:

Spycho
Spycho
Niveau 10
12 avril 2012 à 15:41:27

J'irais pas jusqu'à dire ça, mais... pourquoi pas :hap:

Spycho
Spycho
Niveau 10
14 avril 2012 à 12:57:07

Chapitre 57 : Gagner du terrain.

Nous fîmes une dizaine de mètres avant de nous apercevoir de ce qui se passait dans notre dos. Il fallut qu’un couple d’oiseaux complètement paniqué passe au-dessus de nos têtes en couinant pour que je jette un rapide coup d’oeil derrière moi. Et que je me fige sur place.
Laura fit deux pas de plus avant de regarder pourquoi je l’avais soudainement lâchée et de s’immobiliser à son tour. Les autres ne tardèrent pas à faire de même, et restèrent bouche bée. L’arbre qui avait été abattu par la foudre s’était embrasé, et les flammes, en courant sur son tronc, avaient rejoint celui sur lequel il était tombé. Ce-dernier commençait déjà à être dévoré par le feu, qui rejoignit les branches. Branches qui étaient directement en contact avec celles des arbres voisins.
Laura posa une main sur mon épaule et me tira en arrière avec insistance.
Je ne résistai pas, bien que ne comprenant pas trop pourquoi il était si urgent de s’éloigner. Des feux de forêts, ça devait être fréquent au vu de la violence des orages et de la quantité de jungles sur cette planète. Nous en avions déjà observé plus d’un au cours de nos missions de reconnaissance, une éternité auparavant.

« Allez Dave, faut qu’on y aille, me pressa la jeune femme. »
« Pourquoi tu tiens tant à.... »

Mais je m’interrompis. Les rouages se mirent en place. Le feu de forêt n’était pas dangereux. En temps normal, en raison de l’humidité du sol et de l’éloignement des arbres, il se serait éteint après en avoir consumé quelques uns. Mais un autre détail s’ajoutait à cela.
Le vent.
Le vent soufflait vers nous. Et les flammes s’étendaient, progressant d’arbres en arbres en tendant leurs bras crépitants. Rapidement, le feu de forêt tourna au début d’incendie. D’ici quelques minutes, il serait probablement devenu un véritable brasier. Et nous étions en plein milieu.

« C’est bon, j’ai capté, répondis-je à mi-voix. »

Un souffle chaud se répandait autour de nous, et des volutes de fumée commencèrent à s’échapper des arbres enflammés, certains s’élevant dans les hauteurs, d’autres rampant au sol comme des serpents immatériels. Le second arbre à s’être enflammé commença à craquer et à vaciller. C’est à cet instant que je réalisai à quel point il était haut. Et nous près.
Une quinzaine de géants étaient en train de flamboyer, et les flammes progressaient vers nous à une vitesse un peu trop grande à mon goût.
La base de l’arbre que j’avais remarqué était en train de se consumer lentement. Je fis quelques pas en arrière, poussant mes coéquipiers sans décrocher mon regard du bois qui disparaissait lentement, transformé en cendres brûlantes qui s’envolaient dans le vent, risquant d’aller embraser des herbes hautes. Puis il y eut un craquement nettement plus important.
Le sommet de l’arbre, perdu dans les hauteurs, commença à pencher dangereusement, ses branches percutant les autres, s’y brisant net avant de tomber en une cascade fumante. Ces mêmes branches enflammées, en tombant dans le feuillage qui recouvrait le sol, ne tardèrent pas à y mettre le feu. Et le titan de bois continua sa lente chute.
Alors que nous faisions demi-tour, nous mettant à courir, il percuta un autre arbre déjà fragilisé par la chaleur, qu’il entraina dans sa chute.
Le fracas qu’il provoquèrent, si proche de nous, souleva des gerbes de terre et fit trembler les arbres encore intacts. Je trébuchai sur ma mauvaise jambe sous le choc, et m’accrochai au bras de ma copilote pour ne pas m’écraser au sol. Elle me retint du mieux qu’elle pu, pendant que je me remettais à peu près droit.
Malheureusement, nous n’avions toujours pas trouvé le sentier.
Progresser allait être affreusement compliqué. Et lent. Trop, beaucoup trop lent.

« Putain, par où on va ? s’écria Jim, avant d’avaler un nuage de fumée et de se mettre à tousser violemment. »
« On continue droit devant, fit Kleef d’une voix qui se voulait calme et contrôlée, mais qui commençait à trembler. Je ne pense pas qu’on soit trop loin de l’extérieur de la forêt. Les obstacles devraient être moins importants. »
« J’espère, murmurais-je pour moi-même, parce que je sais pas si je pourrais les couper.... »
« Je devrais pouvoir m’en occuper, siffla Kleef en me regardant droit dans les yeux. »

Je baissai les yeux, avant de me mettre à trottiner derrière les autres. Les yeux rouges du Créateur étaient brillants de larmes. Il avait peur, au moins autant que nous.
Derrière, les flammes progressaient toujours à une vitesse effroyable. Nous trébuchions rapidement entre les arbres, essayant de mettre le plus de distance possible entre nous et le brasier. Mais le vent continuait à agiter les feuilles et les braises dans notre direction. Et, si notre chemin était parsemé d’embûches et zigzaguait doucement entre les obstacles, le feu, lui, ne s’embêtait pas à les éviter.
Et il se répandait.
Que resterait-il de la forêt après cela ? On ne pouvait rien en savoir. Quoi qu’il en soit, la partie dans laquelle nous nous trouvions serait à coup sûr réduite en cendre. L’autre côté avait plus de chances de rester intact, si le vent demeurait.
Nous arrivâmes devant un large tronc tombé en travers du chemin. Il était long de plus d’une centaine de mètre, et tenter de le contourner nous ferait perdre un temps précieux. Mais l’escalader aussi. Néanmoins, dans notre dos, à une bonne distance, d’autres arbres se consumaient, tandis que la fumée commençait à ramper de façon beaucoup plus abondante sur le sol. Nous avions de l’avance sur l’incendie, mais la température continuait de monter. Il nous fallu donc prendre une décision.

« Je vais vous aider à monter, dépêchez vous, s’enquit le Créateur d’une voix inquiète. »
« Et vous ? Demanda Laura. »
« Je me débrouillerais, fit-il en agitant ses griffes doucement. »

Je hochai la tête, poussant gentiment ma copilote. En raison de son dos, il valait mieux qu’elle passe la première. Certes, elle était soignée, mais bon... Elle me jeta un regard en biais, puis s’approcha de Kleef, qui s’était déjà accroupi. Il croisa ses doigts devant lui, laissant la jeune femme y poser un pied. Puis il la souleva sans le moindre effort, mais lentement.
Elle pu s’accrocher à la partie légèrement courbée sur le niveau supérieur du tronc, et acheva sa propre partie de l’escalade. A quatre pattes au sommet, elle semblait regarder de l’autre côté, comme si elle appréhendait la descente. Jennie monta à son tour, aussi vite qu’elle le pouvait, aidée par Laura. Je donnais une tape sur l’épaule de Jim, sans décrocher mon regard de la lueur rougeâtre qui envahissait une bonne partie de la forêt, derrière nous. Le jeune homme grimpa à son tour, tandis que je toussai faiblement. Il y avait de plus en plus de fumée.
Kleef m’appela, et je fis volte-face, posant le pied sur ses mains jointes. Alors que mes mains moites agrippaient l’écorce sèche du mieux qu’elles le pouvaient, un nouveau craquement résonna. Je m‘accrochai au bois, alors que le géant s’écrasait avec un autre tremblement surpuissant, qui manqua de me faire lâcher prise. Sa cime était posée à moins de vingt mètres de nous, et le feu se servait du tronc comme d’une passerelle pour progresser plus vite.
Le vent apporta une nouvelle volée de cendres chaudes et de fumée, et je me cachai le visage dans les bras.
Le Créateur se retourna et sauta, plantant ses griffes dans l’écorce.

« Commencez à descendre ! Ordonnais-je entre deux toussotements à mes coéquipiers. On a plus de temps à perdre, ça se rapproche ! »

Les trois autres se laissèrent glisser doucement le long du tronc, tandis qu’à quatre pattes, je m’assurai que Kleef arrivait à monter. Les flammes avaient glissé de la cime de l’arbre abattu pour se couler sur les titans voisins, dont certains n’étaient pas très hauts. Le brasier n’avançait évidemment pas en ligne, et sur la droite ou la gauche, on pouvait distinguer des endroits où le feu était largement plus avancé que nous.
Je tendis la main au Créateur, qui s’en saisit, même s’il n’avait pas vraiment besoin d’aide. Je plissai les yeux pour lutter contre le vent qui continuait à transporter un peu de tout, mais surtout des cendres et de la fumée, et vis que l’incendie n’était qu’à quelques mètres de notre tronc. Des oiseaux, totalement paniqués, volaient en tout sens, poussant leurs cris de terreurs à peine audible au milieu du crépitement des flammes.
L’alien me donna une tape pour me faire pivoter, avant de bondir de son perchoir. Je déglutis et me laissais glisser jusqu’au sol, préférant éviter de me casser quelque chose, ce qui s’avérerait à coup sûr fatal. Je lâchai prise une fois à moins de deux mètres du sol, et atterris lourdement dans les feuilles mortes. Kleef me saisis par le biceps pour s’assurer que je me redressai sans plus attendre, et nous recommençâmes à courir.
Si on pouvait réellement ‘’courir’’ dans ces conditions.
Peu de temps après, les flammes commençaient à lécher l’arbre que nous venions de franchir difficilement. Elles se répandirent sur toute sa longueur. Le géant ayant entrainé des végétaux moins grands dans sa chute, ceux-ci furent eux aussi pris par l’incendie, lui permettant de franchir l’obstacle tout en gagnant du terrain.
Jennie, qui avait pris la tête de notre petite troupe, glissa brusquement et disparut de notre vue. Elle poussa un court cri de surprise avant que nous n’arrivions à notre tour. Dans la faible clarté, elle avait dérapé sur des feuilles et des branches encore humides, et venait de s’écraser dans un creux du terrain. Elle roula une ou deux fois, avant de se redresser péniblement, des branches plein les cheveux, les mains pleines de boue.
La chaleur devenait de moins en moins supportable. Derrière nous, le brasier dévorait avidemment les arbres qui se dressaient sur sa route, poussé par le vent qui continuait de souffler. On entendait même plus le grondement de l’orage, bien que les nuages noirs soient toujours présents au-dessus. Des braises rougeoyantes passèrent au-dessus de nous, comme un essaim d’insectes enflammés, avant d’aller se poser au milieu des branchages, devant nous.
Et d’y mettre le feu.
Nous nous mîmes en route, désireux de passer avant que les débris deviennent un peu plus qu’un petit feu de camp. Les flammes commencèrent à se propager aux arbres alentours, et nous sautâmes au-dessus pendant qu’elles étaient encore faibles.
L’incendie se poursuivait. Sur les côtés, à quelques dizaines de mètres, on pouvait voir que la forêt brûlait déjà, et que nous étions largement en retard sur le brasier. Derrière, les flammes poursuivaient leur route destructrice, avides mâchoires de feu se refermant sur le bois sec.

*

Finalement, l’eau était peut-être mieux.
De nombreux animaux fuyaient, bousculant Louis comme s’ils ne le voyaient tout simplement pas. Et il ne comprenait pas pourquoi ces êtres n’avaient d’un seul coup plus peur de lui. Il y avait bien cette lueur rougeâtre au loin, derrière lui, mais rien qui puisse expliquer la fuite de toutes ces bêtes, petites comme grosses.
La fin de cette forêt approchait à grand pas, il le sentait. Il continua à marcher pendant quelques minutes, avant de se rendre compte du net changement qui se passait. Un fauve passa en trombe à côté de lui, manquant de le jeter par terre et, d’un mouvement circulaire de ses bras, il lui trancha la tête. Le cadavre du félin continua de courir quelques mètres avant de s’écraser au sol.
Louis poussa un grognement, puis se retourna.
En raison de sa carapace, il n’avait pas été sensible à la subtile modification de la température. Mais cela ne signifiait en rien qu’il n’y serait pas sensible s’il venait à s’embraser.
La lueur rouge était nettement plus proche maintenant, et il distinguait d’étranges formes qui s’agitaient au milieu, comme des volutes de fumée, mais qui rampaient sur les arbres, les faisant noircir avant qu’ils ne s’écrasent au sol. Le peu de souvenir qu’il lui restait de son ancienne vie parvenaient avec peine à faire entrer ces spectres rouges orangés dans la catégorie ‘’dangereuse’’
En revanche, l’animal qui fondait sur lui, sa peau fondant sous les flammes au milieu de ses hurlements de douleur, étaient nettement plus efficaces que des souvenirs effrités vis-à-vis de la dangerosité d’un incendie.
Lorsque la bête s’écrasa presque à ses pieds, sa chair crépitante et carbonisée continuant à se consumer, Louis comprit finalement que cet événement représentait un danger de taille.
Et, enfin, il fit volte-face et s’éloigna des flammes, aussi vite que lui permettait ce corps maladroit.

Bon, la suite viendra donc samedi :oui:

[Yugo]
[Yugo]
Niveau 3
14 avril 2012 à 19:00:23

Yeah même Louis est dans la merde à cause de l'incendie. N'empêche si ils veulent faire un barbecue, là ils ont de quoi faire.
A moins que ce soit eux qui serve de viande à griller :noel:

HelpingFR
HelpingFR
Niveau 36
14 avril 2012 à 19:22:25

Ils sont dans la merdeuh, ils sont dans la merdeuh :hap:

Bon chapitre, comme d'ab :noel:

Spycho
Spycho
Niveau 10
14 avril 2012 à 19:39:22

Merci :)

Eh ouais, tout le monde subit, tout le monde est dans la merde, Mère Nature fait pas d'exceptions :noel:

HelpingFR
HelpingFR
Niveau 36
18 avril 2012 à 22:16:21
  • tousse*
  • regarde la date*

:hap:

Spycho
Spycho
Niveau 10
18 avril 2012 à 23:56:14

Je t'invite à regarder la dernière ligne du chapitre :hap:

D'ailleurs, comme je passerais la journée chez une amie, il est probable que ce chapitre vienne plutot vendredi :(

HelpingFR
HelpingFR
Niveau 36
19 avril 2012 à 09:51:35
  • tousse*
  • regarde la ligne*
  • se pend de honte*
Overdragon
Overdragon
Niveau 10
19 avril 2012 à 13:25:34

"D'ailleurs, comme je passerais la journée chez une amie, il est probable que ce chapitre vienne plutot vendredi :( "

Chez une amie hein ? :hap:

Tu nous enverras des photos de toi en mode yes-life, une télécommande wii à la main entrain de danser sur du hard-rock. :bave:

Spycho
Spycho
Niveau 10
19 avril 2012 à 13:38:23

Ca fait déjà quelques mois que je me suis remis en question de ce point de vue là Over, je suis plus le petit geek no-life et binoclard d'avant :rire:

Overdragon
Overdragon
Niveau 10
19 avril 2012 à 13:46:27

Bah justement, on peut avoir des photos amusantes maintenant. :hap:

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