Peuh, au moins ils se sont pas fait massacrer comme tes Earth Marines au début ![]()
Ouais, mais ils s'attendaient pas à croiser des dinosaures, eux ![]()
Mouais, avoue que c'était juste des bidasses sans expérience uniquement créés dans le but d'offrir un repas digne de ce nom à tes lézards ![]()
Jolie chapitre, mais au final pas de mort apparemment, mais si certains on failli y passer. Ils sont plus résistant qu'il n'y parais tes persos
J'ai eu peur pour Jennie
Le seul qui est encore endormi, c'est Jim ![]()
Sinon, Kleef est le premier à avoir buté un Neebray ![]()
Dommage qu'il y ait une infection, il serait devenu une légende ![]()
Merci
Yugo
Si j'avais une quinzaine de personnages sous la main j'hsiterais pas à en exécuter certains lorsqu'il le faut, mais en l'occurence je suis bien obligé de les faire survivre comme je peux, même si ça parait un peu surréaliste sur les bords...
D'autant plus que bon, le sort de chacun de mes persos restant est déjà planifié
Help
Eh oui, mais s'il n'y avait pas eu l'infection, il n'en aurait jamais combattu un, donc au final... ![]()
Bon, je vais vous le dire en clair:
J'ai eu un problème de Livebox qui, après presque une semaine, m'a fait migrer sur l'ordi portable de ma soeur, qui est le seul qui a Internet.
Sauf que, bien évidement, il est aussi le seul qui bugue à mort pour ouvrir un fichier OpenOffice, ce qui fait que ça fait 20 minutes que j'essaie et que j'y arrive pas.
Bref, je vais pas m'éterniser, je met la fic en pause le temps que ce problème se règle, donc en gros j'en ai pas la moindre idée, ça peut prendre deux jours de plus ou un mois, au choix.
c'est le genre de tuile, qui ne sont pas forcément simple à résoudre.
Bonne chance, on attendra ![]()
Me revoila enfin ![]()
Tout est réglé, je peux de nouveau faire comme avant, donc voila la suite ![]()
Et la suivante viendra, comme avant, mercredi prochain
Chapitre 50 : Changements.
Trop concentré par ses gestes pour broyer les Créateurs, trop aveuglé par la douleur, trop faible à cause du sang qui cascadait de la plaie béante de sa nuque. L’absence de réaction du Neebray pouvait s’exprimer de bien des manières. Quoi qu’il en soit, une seule chose était sûre. Il ne vit pas la jeune femme, pas plus qu’il ne vit le fusil qu’elle tenait. Et il ne réagit pas non plus lorsque la sphère électrique jaillit de la gueule du canon, fondant sur lui à une vitesse effroyable.
La fraction de seconde qui précéda l’impact, lorsqu'il se rendit enfin compte du danger qui le menaçait, ne lui fut pas suffisante pour recouvrir ses yeux de leur protection, qui lui aurait sauvé la vie. Et lorsque la sphère explosa, faisant sauter le haut de son crâne déjà fragilisé et cautérisant sa vie, la tête du plus dangereux prédateur de cette planète s’effondra dans un soubresaut.
*
Laura resta debout, le fusil levé, les yeux vides. Le tir avait traversé l’oeil comme du beurre, et la détonation avait eu lieu quelque part derrière. Des plaques de carapace s’éparpillèrent, tandis que des lambeaux de chair et de cervelle jaillissaient dans le ciel avec la force d’un geyser. Le rugissement du prédateur s’éteignit brutalement, et sa lourde tête retomba, son œil encore intact projeté hors de l’orbite par l’explosion interne.
Ce globe oculaire, de la taille d’une roue de camion, était posé sur le sol, dirigé vers la jeune femme comme un projecteur, la fixant de son regard mort. Elle s’aperçut alors qu’elle était restée en apnée pendant les dernières secondes, et expira brutalement. Ses bras se remirent à trembler. Puis elle se relâcha complètement, laissant l’embout du canon toucher le sol. Toute la peur, la rage qu’elle avait ressenti avaient disparue en même temps que la sphère d’énergie. Pour laisser place à un grand vide.
Dans le feu de l’action, attaquer et tuer une créature vivante n’avait rien de bien perturbant. Tuer de sang-froid l’était peut-être un peu plus, si le meurtre était dicté par le devoir ou une nécessité. Mais tuer pour se vider de ses émotions était... nouveau.
Un bras lui entoura les épaules, et elle sursauta. Lorsqu’elle tourna la tête, ce fut pour croiser le regard d’un vert intense de David qui la fixait, un pâle sourire aux lèvres.
*
« Bravo, murmurais-je, penchant la tête de côté. »
Laura me rendit mon sourire, mais ses yeux ne dévièrent qu’un bref instant de la carcasse sanglante du prédateur. Un peu plus loin, Kleef avait rouvert les yeux et échangeait quelque paroles avec Kolyath. La Créatrice semblait soulagée, mais la douleur était visiblement en train de reprendre le pas sur la peur de perdre son époux. Elle avait saisi son bras cassé, et ses traits étaient crispés. Du sang continuait à couler des deux plaies sur ses flancs. Kleef s’était redressé, et semblait chercher un moyen de faire une attelle.
Même d’ici, je vis son regard se porter sur l’un des morceaux de carapace du prédateur, et esquissai un sourire de plus. Entourant toujours les épaules de ma coéquipière, je la tirai doucement en arrière, mais elle résista.
« Allez viens, ils s’en sortent très bien, fis-je doucement. »
« Vas-y. J’ai besoin... il faut que... que je réfléchisse. »
« Comme tu veux. »
Je la lâchai, jetai un dernier coup d’oeil au Neebray mort puis, après une vague hésitation, déposai un léger baiser sur sa joue. Ses pommettes prirent une douce couleur rose, mais je fis semblant de ne pas avoir remarqué, et rejoignis Jim et Jennie. La jeune femme était toujours évanouie, mais sa plaie à la tempe était en train de coaguler.
Jim, lui, semblait émerger d’un très long sommeil, mais n’avait pas l’air en trop mauvais état à l’exception de nombreuses écorchures. Le vol plané qu’il s’était offert semblait ne pas avoir causé de dégâts, et c’était une bonne chose. Vu le nombre de blessures, il n’y avait pas de quoi panser les plaies de tout le monde. Même si la Créatrice était le cas le plus urgent. La queue en pince du prédateur avait laissé ses marques, et même si Kolyath ne saignait pas trop et cicatriserait vite, il valait mieux éviter qu’elle perde trop de sang.
Dans tous les cas, nous aurions besoin de repos.
Mais la proximité d’un cadavre aussi imposant risquait d’attirer la faune locale. Je passais mes mains écorchées sur mon visage, essayant de réfléchir à ce qu’il fallait faire. Un cri de douleur me fit sursauter. Je relevai la tête, effrayé.
Puis je me détendis.
Un peu plus loin, je vis Kleef qui s’acharnait à remettre le bras de Kolyath dans le bon sens. Je revis brièvement les angles multiples qu’il présentait suite à l’affrontement, et sentis une vague nausée me monter à la gorge en pensant à la douleur qu’elle devait ressentir. Je laissai mon regard se perdre dans le lointain, vers notre prochaine destination, que l’on ne distinguait plus maintenant que nous étions revenus en plaine.
Un peu partout, on voyait en revanche d’autres petits bosquets d’arbres similaires à celui qu’avait du traverser Kleef, le Neebray en moins. Ce serait l’endroit parfait pour nous reposer un moment avant de reprendre la route. Le jour venait à peine de se lever, il n’était donc pas question de nous arrêter longtemps. Les dix jours de marche, de combats et de rétablissements que nous avions vécus sur cette planète se faisaient cruellement sentir, notamment lorsque nous ne faisions rien, mais il nous restait encore quelques temps à passer ici, ne serait-ce que pour atteindre la capitale.
Mais là encore, un problème se posait. Sans même prendre en compte le risque d’infection. Si nous tombions enfin sur ces vaisseaux... qu’en ferions nous ? Laura et moi-même savions piloter les vaisseaux humains, mais ces engins étaient peut-être différents. Kleef et Kolyath accepteraient-ils de quitter leur propre planète avec nous ?
Deux bras passèrent autour de ma taille, me faisant sursauter à nouveau.
« Tu réfléchis trop, fit Laura en appuyant son menton sur mon épaule. Ça se remarque tout de suite, on dirait que tu es absent. »
« Et c’est toi qui dit ça, répondis-je avec un sourire. Tu viens pas de me laisser en disant qu’il fallait que tu ‘’réfléchisses’’ ? »
« Je sais. C’est juste que... Je sais pas, je me suis pas reconnue tout à l’heure. »
« On change tous petit à petit. » Je tournai légèrement la tête vers elle, croisant son regard fixe et légèrement vide. « C’est dur à admettre, mais ce voyage est en train de nous bouffer... »
« Oui... Mais j’aime pas..., commença t-elle tristement, hésitante, je veux pas devenir comme ça... »
Je me retournai, glissant dans le cercle de ses bras, de façon à ce qu’elle puisse poser son visage contre moi. Elle garda les yeux grands ouverts, fixés sur un point qu’elle seule pouvait voir.
Effectivement, les gens changeaient.
La jeune femme avait toujours été très réservée, tant dans la conversation que dans l’action. Elle se contentait généralement de suivre docilement ce qu’on lui demandait de faire, et jusqu’ici, sur cette planète, nous avait surtout laissé passer devant. Et malgré cela, elle avait toujours gardé un caractère joyeux, affichant toujours un léger sourire. Ce vide que je sentais désormais en elle était inquiétant, de même que l’initiative meurtrière qu’elle avait prise pour achever le Neebray.
Je passai inconsciemment une main dans ses cheveux, tandis que mes yeux glissaient sur nos deux autres coéquipiers encore en vie. Jennie était devenue beaucoup plus froide qu’avant, surtout lors des affrontements. Sa réaction à la mort de Cole avait été de poser un masque sur son visage pour dissimuler ce qu’elle ressentait, et là encore, ce n’était pas dans ses habitudes.
Quant à Jim...
Depuis la découverte du monolithe, le jeune homme me faisait peur. Sa réaction excessive à la disparition de notre coéquipier dans les grottes en était un parfait exemple. Une fois encore, mes pensées dérivèrent plus loin, envisageant des possibilités qui n’auraient peut-être jamais lieu. En l’occurrence, elles se concentrèrent sur la question suivante : Comment réagirait-il si nous retrouvions à nouveau ce monolithe ? Et la réponse était évidente ; il risquait de craquer.
Plus loin, Kleef finissait d’attacher un morceau de carapace en guise d’attelle pour son épouse, et Jennie s’était redressée, le regard un peu vague. Je repoussai délicatement ma copilote, qui paraissait sortir d’un long sommeil.
Nous rejoignîmes nos deux collègues encore légèrement hébétés, bientôt rejoins par le couple de Créateurs. Le bras droit de Kolyath était solidement maintenu par une plaque qui devait initialement se situer au sommet du crâne du prédateur. Ses plaies de chaque côté de son torse avait déjà cessé de saigner, mais étaient elles aussi couvertes par ce qui ressemblait à de la peau. Kleef avait encore perdu de nombreuses écailles, mais il aurait presque pu paraître en forme s’il ne se penchait pas légèrement en avant, courbé par l’épuisement.
« Je pense que vous êtes tous d’accord, commença le Créateur, il faut absolument faire une pause, mais pas ici de préférence. »
Personne ne fit la moindre remarque. Tout le monde comprenait pourquoi il disait ça, et il n’y avait pas besoin de parler davantage.
« Je me disais donc qu’il nous faudrait continuer jusqu’à l’un de ces bosquets, le temps de se reposer un moment. Puis nous repartirons avant que la nuit ne tombe pour continuer vers le fleuve. »
« Z’êtes sûrs que votre pont est encore debout au moins ? Maugréa Jim. Parce que jusqu’à maintenant on peut pas dire qu’on a eu de la chance... »
« Il n’y a aucune raison qu’il soit détruit, répliqua Kleef d’un ton sec. Nos constructions sont faites pour durer. »
« Ouais, comme la muraille de votre cité... »
« C’est bon Jim, coupa Jennie. On a pas besoin de ça. Faut qu’on y aille, c’est tout. »
Le jeune homme la regarda de travers, mais n’ajouta rien. Nous relevâmes prudemment, nous assurant de ne rien oublier. Maintenant que l’affrontement était passé et que les effets de l’adrénaline s’étaient estompés, je me remis à boitiller très légèrement, cette vague douleur toujours présente. Kleef se posta à côté de Kolyath, fixant son bras d’un air inquiet. Je me rendis compte que la Créatrice n’avait que des fusils, armes qu’elle n’était plus en état d’utiliser.
Je m’approchai d’elle, et lui tendis mon propre pistolet. Elle me regarda pendant une petite seconde, puis tendit sa main aux serres courtes vers la crosse. Ses yeux rouges continuèrent à me fixer, et elle prononça un bref mot dans sa langue, que j’interprétais comme un remerciement. Kleef hocha gravement la tête, avant de se détourner. Sur la gauche, Jim regardait droit devant lui, une lueur mauvaise dans les yeux. Laura vint à mes côtés, détournant mon attention du jeune homme.
Elle glissa ses doigts entre les miens, et je répondis par un sourire qui n’était plus que l’ombre de celui que j’aurais pu faire quelques jours avant.
Oui, vraiment, les gens changeaient.
Encore une fois, toutes mes excuses pour ce problème et cette "mise en pause" de la fic ![]()
Bon chapitre, après cette pause forcé.
On voit que tous ce qu'ils ont traversé à un fort impact psychologique. On ressent bien le changement qui s'effectue chez eux. Un bon chapitre de transition, qui fais le bilan de l'état de chacun.
Une pointe de romance qui se profilent, c'est pas mauvais puisque c'est bien amené. On ressentait leurs rapprochement ce faire depuis un moment. C'est toujours bien de voir que ça se concrétise, même si c'est par de petit détails dans l'attitude ou les gestes.
Merci ![]()
J'ai un peu hésité pour la romance, j'avais l'intention de le faire mais je savais pas trop quand et comment me jeter à l'eau. Content de voir que ça convient ![]()
Bon chapitre, comme d'hab
Sinon, je parie que Laura mourra avant que les choses sérieuses commencent ![]()
Merci
+ Pfeuh, aucune raison que ça arrive, je suis un pro des happy end, tu le sais bien ![]()
Comment ça le message est trop long? ![]()
Bon bah divisons alors
Chapitre 51 : Sur la berge.
Nous marchâmes ainsi pendant une vingtaine de minute, suffisamment pour que le cadavre du Neebray ne soit plus visible à l’horizon. Je me surpris à bailler longuement, et plaçai ma main libre devant ma bouche pour le cacher un minimum. Le contact de la chair à travers la peau arrachée contre mes lèvres me fit frissonner, et je rebaissai la main, la frottant machinalement contre ma jambe.
Mon boitillement allait en s’intensifiant, même si la fatigue y était plus pour quelque chose que la douleur. D’un bref coup d’oeil sur la gauche, je vis que ma copilote avait le regard incroyablement vide et fixe. J’aurais certainement pu extirper mes doigts de sa poigne sans qu’elle ne s’en rende compte, mais je n’en avais pas la moindre envie. Ce doux contact avait quelque chose de rassurant, maintenant que j’avais réellement pris conscience de la gravité des changements opérés en chacun de nous. Je les avais certes soupçonnés, remarqués, mais le fait de l’énoncer à haute voix à la jeune femme s’était avéré encore plus perturbant que de le garder au fond de moi.
Nous arrivâmes au pied d’une petite colline, et les deux Créateurs décidèrent que ce serait l’endroit idéal pour faire une pause. Je faillis les interroger à ce sujet, sachant qu’il y avait des bosquets d’arbre un peu partout, jusqu’à voir les imposants rochers qui la parsemaient. L’herbe était sèche, et les cailloux nous offriraient suffisamment d’ombre pour nous soustraire à l’implacable chaleur de l’astre.
Je lâchai doucement la main de Laura, suivant les deux aliens qui nous guidaient. Plusieurs rochers étaient disposés de façon à pouvoir tous nous accueillir en dessous, et nous nous y installâmes. Je déposai mes armes, avant de m’adosser à la roche fraîche et de laisser échapper un soupir de soulagement. Je tendis ma jambe gauche devant moi, laissant un léger engourdissement la gagner. Avec un peu de chance, d’ici notre départ, le kit de soin aurais définitivement finalisé le travail.
Kleef s’approcha de moi, ses griffes ne produisant pas le moindre bruit dans l’herbe.
« Votre camarade a vraiment un sale caractère, dit-il d’une voix neutre en pointant Jim, qui tournait en rond un peu plus loin, sous une autre pierre. »
« J’ai remarqué. Il a jamais été très calme, mais là..., commençais-je, hésitant, avant de m’arrêter. » Je ne voyais pas trop comment formuler ma pensée.
Le Créateur plia les genoux, s’asseyant à côté de moi. Kolyath s’était déjà endormie. A l’extrémité de la surface ombragée, Jennie et Laura discutaient tranquillement. Les joues de ma copilote avaient pris une teinte nettement plus rose, et il n’était pas difficile de déterminer leur sujet de conversation. Elles ressemblaient étrangement à deux adolescentes en train de bavarder. Néanmoins, à intervalle régulier, les deux jeunes femmes tournaient un regard inquiet vers Jim, qui s’était assis seul, à l’écart. Il nettoyait grossièrement son arme, avec des gestes secs et qui exprimaient parfaitement son état d’esprit actuel.
« Vous avez une idée de pourquoi il est devenu comme ça ? Me questionna l’alien. »
« Une petite... Mais ça ne justifierait pas tout. Ca a en partie été causé par votre... monolithe. »
« Comment est-ce possible ? Cet artefact n’a jamais eu de tels effets sur notre espèce. »
« Oui, mais nous sommes différents. Il vous renforce, mais il repousse ces créatures. Alors il est probable qu’il ai un effet... mental sur nous. »
« Mental ? »
« Oui, qu’il nous perturbe, nous fasse revivre de mauvaises périodes, avançais-je maladroitement, avant d’ajouter, d’une voix presque éteinte, ....Voire, qu’il nous fasse... perdre le contrôle. »
« Vous avez peur qu’il devienne dangereux, n’est-ce pas ? Questionna le Créateur, une lueur de compassion dans les yeux. »
« Si on devait revoir cette structure... Oui..., répondis-je dans un souffle. »
Kleef ne répondit rien, et je me contentai de regarder droit devant, vers la plaine au bout de laquelle on distinguait une tâche de verdure. Au bout de deux minutes, je lui jetai un bref coup d’oeil. Le Créateur me fixait.
Il avait légèrement plissé les yeux, non pas dans une attitude menaçante, mais qui laissait apparaître une certaine pitié sur son visage reptilien. Je lui jetai un regard interrogateur, mais il se contenta de tourner la tête pour regarder sa compagne endormie. Je pris alors conscience de la question qu’il avait brûlé de poser, et à laquelle je n’aurais pas pu répondre. Je clignai des paupières, essayant de repousser cette idée. Il aurait tout aussi bien pu me regarder de cette façon parce qu’il regrettait que l’un de mes amis devienne agressif.
Néanmoins, après cinq nouvelles minutes, il confirma mes craintes.
« A quel point ? Fit-il à mi-voix. »
« Quoi ? Répondis-je craintivement, dans l’attente de la suite. »
« A quel point vous avez peur qu’il devienne dangereux ? »
Je déglutis péniblement, encaissant la question avec difficulté. Je pris une grande inspiration, cherchant de quelle manière lui répondre. Mais rapidement, la réponse vint, même si ce n’était pas celle attendue. Je ne savais pas.
J’ignorais totalement jusqu’où je craignais que le jeune homme aille. Même si, au fond de moi, je redoutais qu’il ne devienne dangereux pour nous. Passé le ‘’choc’’ de cette question, une nouvelle vague d’angoisse me submergea, car la réponse que je m’étais donné amenais une autre question. Et cette autre question était des plus simple : Si le jeune homme devait devenir dangereux pour nous.... quelles mesures serions nous capables de prendre ? Et une fois encore, la réponse était évidente. Evidente, mais inacceptable.
Pour ces raisons et pour tant d’autre, je me contentai de secouer la tête pour toute réponse.
« Je ne sais pas trop, répondis-je, les yeux clos. Je ne sais pas... »
« Je comprend. Vous devriez dormir vous aussi, si nous partons assez tôt, nous pourrons atteindre la bordure du fleuve avant qu’il ne fasse vraiment nuit. »
Je hochai silencieusement la tête, me remontant un peu le long de la roche pour ne pas avoir la nuque en miette en me réveillant. Kleef était allé s’asseoir auprès de Kolyath. Les deux filles continuaient de discuter, mais Jennie avait l’air de vaciller légèrement. Jim s’était recroquevillé sous son autre pierre, le regard perdu dans le lointain. Je réprimai un bâillement, et appuyai mon crâne contre la paroi rocheuse, laissant mes yeux se fermer d’eux même.
Ce fut le Créateur qui nous réveilla tous, une nouvelle fois. Je rouvris les yeux doucement, et fus instantanément aveuglé par la lumière qui éclairait de manière intense la prairie qui s’étendait au-delà de l’ombre de nos pierres. Je me redressai le long de la paroi, avant de m’étirer.
« Ça vous arrive de dormir des fois ? Demandais-je au Créateur d’une voix un peu éteinte. »
« J’ai eu ma part de sommeil moi aussi, ne vous en faites pas, répondit-il, avant d’ouvrir largement la gueule pour laisser échapper un bâillement. »
Je souris, avant de me relever pour aller réveiller les autres. Jim s’était endormi plus loin, roulé en boule contre le rocher. Je m’accroupis aux pieds des deux jeunes femmes, qui s’était allongées sur une plaque d’herbe, avant de les secouer doucement. Lorsqu’elle ouvrirent les yeux, je me dirigeai vers l’extérieur, pour observer un peu les alentours.
L’une des deux filles s’occuperait bien d’aller voir Jim.
Le soleil était au-dessus de nous, indiquant qu’il nous restait une bonne moitié de journée avant de nous arrêter pour la nuit. Au niveau des montagnes que l’on distinguait toujours en fond, des rapaces volaient paisiblement, minuscules points dans le ciel. Au moins, la mort du Neebray n’était pas passée inaperçue. Enfreignant la règle que nous nous étions imposés, nous prîmes un léger repas pour faire le reste du trajet jusqu’au fleuve.
Une fois tout le monde prêt, nous nous mîmes en route sous la chaleur écrasante du soleil.
Les rochers et la colline s’éloignèrent très lentement dans notre dos, alors que devant, la masse verte de la forêt et la ligne du fleuve se rapprochaient. Les heures de sommeil avaient fait leur travail, et je ne sentais plus la moindre douleur dans le mollet. Jim marchait à quelques pas de nous sur le côté. Kolyath, elle, s’efforçait de garder son bras plié devant elle, mais elle grimaçait toujours de douleur. Comment avait-elle pu s’endormir tout à l’heure ?
Au fil de mes pas, mon regard se fixa sur la longue et nette déchirure sur la combinaison de ma copilote, à travers laquelle on distinguait de temps à autre une ligne sombre, seul souvenir qu’elle garderait à jamais avec elle. Nous avions tous tellement soufferts depuis que nous avions quitté la station spatiale, une éternité auparavant....
Alors que le soleil progressait dans le ciel, elle tourna la tête et croisa mon regard. Elle sourit avec un clin d’œil et se reconcentra sur sa conversation avec Jennie. Je battis stupidement des paupières, avec l’impression de sortir d’un rêve. Étais-je passé en mode automatique l’espace d’une demi-heure, d’une heure ? Probable.
A gauche, Kolyath émettait des grognements fréquents, la mâchoire hermétiquement close, les traits crispés. Entre nous deux, Kleef tournait très fréquemment la tête vers elle, murmurant des paroles très douces dans leur langue pourtant assez gutturale.
Alors que l’astre entamait sa descente dans le ciel, la Créatrice laissa échapper un couinement, rapidement suivi de quelques larmes.
« Il n’y a vraiment rien à faire ? Demandais-je, inquiet. »
« Malheureusement non, nous n’avons rien pris en quittant notre maison, répondit l’alien d’une voix triste. Je doute que l’os se reconstitue comme il faut, alors pour ce qui est de stopper la douleur... »
« Ca mettra longtemps ? »
« Quelques jours. Peut-être que son bras sera de nouveau utilisable quand nous arriverons en ville, murmura t-il, d’un ton si morne que j’eus du mal à distinguer l’espoir qu’il aurait normalement du contenir. »
« Vous avez de la chance que votre espèce soit aussi résistante. Il nous faut plusieurs semaines sans soin pour qu’un os se répare pour nous. Quand il se répare... »
Il tourna la tête et ce qui paraissait être un sourire de compassion s’afficha sur son visage reptilien. L’être qui semblait se désoler et s’ennuyer de la faiblesse des humains avait disparu, probablement emporté par les charges meurtrières du Neebray. C’est alors que je compris pourquoi il semblait aussi peu enclin à l’espoir vis-à-vis du bras de son épouse.
Il craignait que cette blessure ne soit un handicap trop important, impossible à gérer. Peut-être même craignait-il qu’elle n’ait jamais l’occasion de s’en resservir. Il suffirait qu’une créature, quelle qu’elle soit, jaillisse de derrière un arbre et assène un coup au membre blessé de la Créatrice pour qu’elle soit hors de combat. Et alors...
Je déglutis, et hâtai un peu le pas, laissant le couple en paix pour rejoindre les trois autres, Jim s’étant enfin rapproché des deux jeunes femmes. Je vins me placer à droite de Laura, n’échangeant qu’un bref sourire avec elle. L’expression de Kleef me hantait. C’était comme si... comme si Kolyath était déjà morte.
La sueur perlait sur mon front, roulant sur mon nez et mon cou avant de finir sa course dans le col de ma combinaison déjà bien humidifié. Je levai un regard vide vers le soleil qui descendait progressivement vers la forêt, derrière laquelle il disparaîtrait en nous plongeant dans une agréable pénombre. Il y avait bien longtemps que le réglage de température interne de ma combinaison avait rendu l’âme, et de toute façon, vu l’état du vêtement, il n’aurait pas été très utile.
« Jennie, demandais-je d’une voix sifflante, t’as encore une gourde dans ton sac ? »
« Non. J’ai vérifié tout à l’heure mais... Ça doit être le Neebray, elle s’était vidée dans mon sac quand je l’ai récupéré... »
« Merde... Bah, au moins on pourra tout remplir dans le fleuve... »
Je me passai discrètement la langue sur les lèvres pour les humidifier un peu. Après tout, d’ici une ou deux heures, nous serions arrivés. Les doigts de Laura se faufilèrent à nouveau dans une timide tentative pour s’emparer de ma main et me faire revenir parmi eux. Je la laissai faire en répondant par un nouveau sourire. Après tout, mieux valait en profiter tant qu’on le pouvait. Il n’y avait que peu de chances que cette relation évolue tant que nous étions sur cette planète, et une partie de moi m’implorait de ne pas m’attacher à ce point.
Il suffisait de si peu pour que tout s’arrête.... Et si cela devait finir de façon dramatique, l’un ou l’autre, autrement dit le survivant, serait rapidement inconsolable. Et une nouvelle fois, ce raisonnement m’amena au couple de Créateurs et à l’expression sinistre de Kleef.
Après un temps qui me parut durer une éternité, le soleil se coucha, alors que l’on distinguait nettement le fleuve droit devant. Dans la pénombre, nous progressâmes encore pendant un moment, jusqu’à établir notre camp à quelques dizaines de mètres du cours d’eau. Le pont était intact.
Incapable de fermer l’oeil maintenant que la douleur avait atteint un niveau difficilement supportable, Kolyath se proposa pour le premier tour de garde. Son époux tenta de l’en dissuader, mais la Créatrice imposa sa décision avec un ton catégorique, perceptible malgré la différence de langue. Le Créateur décida de prendre le second et, à mon grand étonnement, Jim pris le dernier. Je jetai un regard en biais au jeune homme, bien que la faible clarté ne permettait à personne de le remarquer.
Finalement, je m’allongeai à côté de ma copilote, qui se recroquevilla un peu plus contre moi. Je me tournai sur le flanc, laissant l’un de mes bras tomber sur sa taille, tandis que mon regard se perdait au-dessus de sa tête. Ce fut l’écoulement proche de l’eau qui me permit de m’endormir.
*
Le tour de garde de Jim s’était passé sans quoi que ce soit d’anormal ne se produise. L’aube pointait derrière les montagnes, éclairant les environs de sa très faible lueur matinale. Le jeune homme se releva, veillant bien à ne pas réveiller les autres. Il se pencha pour fouiller dans son propre sac et tomba sur l’une des trois gourdes qui leur restait après la disparition du sac de Cole dans la grotte. Ramassant son fusil, il se dirigea vers le fleuve et son pont.
L’édifice était légèrement sur la gauche, et il descendit donc le long de la berge, pour remplir la gourde et assouvir la soif qui le tiraillait depuis la veille. Une fois le récipient rempli, il avança un peu dans l’eau, pour en voir la profondeur. Le fleuve était d’une clarté presque surnaturelle, et le fond était pourtant indiscernable. A moins que ce ne soit l’obscurité.
Un flash lui traversa l’esprit, une image d’un prédateur marin crevant la surface d’un lac pour tenter de les dévorer.
Il déglutit, et s’éloigna rapidement du bord, ne souhaitant pas particulièrement revivre cette expérience. Une ombre passa en trombe au milieu de la rivière, et il recula plus vite. L’un de ses pied se bloqua sur un galet et il tomba lourdement en arrière. Le fleuve était exactement pareil qu’avant. Il cligna des yeux à plusieurs reprises, pour être sûr d’avoir bien vu.
Son cœur battait contre sa poitrine, tellement fort qu’il semblait vouloir en jaillir. Il respirait rapidement, ses yeux passant d’un point à l’autre du fleuve si vite qu’ils en devenaient presque flous.
Puis un léger scintillement l’arracha à sa recherche angoissée. Il redressa la tête pour regarder dans le début de forêt qui s’étendait de l’autre côté.
Puis il cria. Il y avait une once de peur dans ce hurlement, mais il s’agissait également d’un cri d’alarme. Il remonta la berge à toute allure, ne jetant même pas un autre regard dans le bois de l’autre côté. Les autres seraient réveillés par son cri. Il fallait qu’ils le soient.
*
Alors qu’il remontait en courant pour alerter ses coéquipiers, le jeune homme ne vit pas la cause de sa frayeur se déplacer. Dans les ombres projetées par le lever du jour, une autre ombre, plus profonde encore, se glissa parmi les branchages. Jim ne s’était pas trompé. La silhouette, vaguement humaine, était reconnaissable facilement, même dans l’obscurité.
L’abomination qui avait autrefois été un mécanicien tourna la tête vers le campement, plus loin. La lumière du soleil l’éclaira brièvement, et ses yeux jaunes renvoyèrent un scintillement sur la berge d’en face.
réaction juste à la fin du chapitre.
Oh ça va chier Louis est dans le coin !
d'ailleurs j'y pense, mais ce serait inintéressant que tu fasse une happy end et une bad end.
Juste pour voir les différences qu'il pourrait y avoir entre les deux.
je voulais que ça serait intéressant d'avoir une happy et bad end.
Punaise une fonction edit serait pas du luxe.
Ma fin étant déjà toute prête (pas écrite hein, mais les idées sont là), et vu comment ça se passe, je vois pas trop comment je pourrais faire son opposé honnêtement
Enfin, je veux dire, autre que "tout le monde survit et quitte la planète" dans une Happy End et "tout le monde crève sur place" dans une Bad End
Mais bon, no spoil, la fin est pas pour tout de suite ![]()
Fu
Je dois y aller, donc je lirai demain matin ![]()
Si t'avais pas autant tardé pour poster ton chapitre aussi.... ![]()