Et grâce à la FDDSAP, je suis rechu et encore plus puissant qu'avant. ![]()
Mais c'est moi qui reste directeur de la FDDSAP ![]()
Hindenburg se disait la même quand Hitler est arrivé au pouvoir. ![]()
la même chose* ![]()
Sans doute, mais on est plus mi-XXème siècle là ![]()
Que tu dis. ![]()
Vous êtes les bergers que nous, pauvres moutons, suivons aveuglément dans les entrailles de cette fic à plusieurs
Chapitre 41 : Effondrement.
Cette froide et longue nuit passa sans la moindre accalmie. La pluie ne s’arrêta que très brièvement à trois reprises, pour reprendre encore plus fort. Faisant tout mon possible pour abriter ma copilote de la pluie, je ne parvins pas à fermer l’oeil. Une fois que j’eus trouvé une position adéquate qui épargnait la jeune femme de se noyer sous ce déluge, je m’immobilisai, presque en transe.
Les yeux rivés sur les cheveux trempés de Laura, sans cependant les voir, je me rendis à peine compte que le temps passait. Malgré les conditions, elle finit par s’endormir pendant deux ou trois heures. Jennie, blottie entre Jim et Cole, était elle aussi plus confortablement installée que mes coéquipiers et réussit à dormir un peu. Les deux Créateurs avaient à peine l’air conscient du climat, et ne bougeaient même pas dans leur sommeil.
J’étais secoué de frissons brutaux, et tentai tant bien que mal de ne pas trop claquer des dents. Le vent continuait de fouetter le bosquet de manière très violente, envoyant des feuilles et des brindilles dans toutes les directions. J’étais enfoncé dans la boue presque jusqu’au bassin. Je n’avais même pas le courage de retirer les débris qui nous tombaient dessus régulièrement tant j’étais frigorifié.
De loin, je ne devais pas être simple à différencier de l’arbre contre lequel je m’étais appuyé...
Un craquement retentit comme un coup de tonnerre, et une branche s’abattit juste à côté de moi. Je sursautai violemment, réveillant ma copilote endormie. Le morceau de bois était assez épais et aurait très bien pu m’assommer ou m’ouvrir le crâne s’il était mieux tombé. Je levai un regard inquiet au-dessus de moi, quitte à recevoir de l’eau dans les yeux. A l’exception de gros branchages qui ne risquaient pas de céder, il n’y avait rien.
Laura releva légèrement la tête pour regarder la source de ce bruit, avant de la rabaisser et de se recroqueviller davantage contre moi.
Finalement, la lueur du jour perça à travers les nuages noirs, éclairant la plaine d’une faible lueur. Malheureusement, le lever du soleil ne fit pas pour autant disparaître la pluie. Néanmoins, le déluge perdit de son intensité, petit à petit. Je tournai la tête vers mes coéquipiers, et vis qu’il étaient toujours éveillés.
« Cole, Jim ! Vous vous sentez comment ? »
« Congelés, répondit Cole»
« Ouais, pareil, enchaina Jim. Et je sais pas si j’arriverais à me décoller du sol sans perdre une partie de ma combi’... »
« Et Jen’ ? »
« Elle dort. Mais elle a eu du mal à fermer l’oeil. On s’en va ? »
« Je pense qu’on va pas tarder, maintenant qu’il fait jour... »
Ignorant la pluie qui continuait malgré tout à nous marteler, je passai doucement une main sur les cheveux trempés de ma copilote pour la réveiller. Ce simple geste la fit sortir de son très léger sommeil, et elle releva lentement la tête en voyant la légère clarté qui illuminait à peine la plaine. Elle frissonna violemment, avant de bailler longuement. Elle me décocha un regard endormi, avant d’essayer de se redresser.
Elle déplia ses jambes et s’assit finalement devant moi, sans se soucier de la boue. De mon côté, profitant de ma nouvelle liberté de mouvement, j’entrepris de m’étirer après cette horrible nuit. Cole et Jim secouèrent doucement Jennie.
Je pris une grande inspiration, avant de poser mes mains sur le tronc contre lequel je m’étais appuyé. Je poussai de toute mes forces, me décollant avec un bruit spongieux de la gangue de boue où je m’étais à moitié incrusté. Ma combinaison noire de pilote, délavée par les conditions de survie, était devenue d’un marron très sombre de mes chaussures jusqu’à mon bassin.
Je me relevai avec précaution, essayant de faire tomber au sol tous les débris qui m’avaient recouverts pendant la nuit. D’innombrables brindilles et feuilles mortes, ainsi que des morceaux d’écorces, s’écrasèrent dans la boue fraiche. Mes avants-bras et mes mains n’avaient rien à envier au bas de ma combinaison.
Réveillés par tous ces mouvements, les deux Créateurs se redressèrent lentement. La pluie continuait de tomber, et j’en profitai pour essayer de me nettoyer un minimum. Avoir les jambes emprisonnées dans une coque de boue sèche lorsque le temps s’améliorerait n’allait pas m’aider. Nous restâmes ainsi plus d’une vingtaine de minutes, émergeant progressivement du sommeil.
Le couple d’aliens avait lui aussi ses propres soucis. S’ils n’avaient pas eu à craindre le froid et l’humidité, des débris et de la boue s’était cependant logés sous certaines écailles fragilisées, ce qui avait l’air assez désagréable.
Une fois que tout le monde fut débout, nous prîmes un très rapide repas. Le sac de Jennie avait assez mal résisté à l’humidité, et ce qu’il contenait n’était pas très appétissant. Néanmoins, nous nous en contentâmes.
« A votre avis, on atteindra ce foutu tunnel bientôt ? Je sais pas si je tiendrais très longtemps après la nuit qu’on vient de passer. »
Je jetai un regard en biais vers Jim, attendant la réponse du Créateur. Le jeune homme n’avait pas tort. Les deux filles et le couple alien avaient réussi à dormir, mais ce n’était pas notre cas. Avec un peu de chance, nous reprendrions un peu d’aplomb dans le courant de la journée.
Lorsque nous fîmes les premiers pas dans l’étendue boueuse de la plaine, le spectacle qui s’offrit à nous était impressionnant. Les hautes herbes étaient littéralement couchées sur le sol, et d’immenses flaques le recouvrait. Des morceaux de bois et d’autres débris avaient été dispersés un peu partout. Des cadavres de rongeurs flottaient à la surface des trous d’eau, noyés.
Heureusement pour nous, nos bottes, reliées à nos combinaisons, était suffisamment étanches. En pataugeant, nous rejoignîmes courageusement la route, qui ressemblait plus à un marais qu’à une voie aménagée. Les fossés creusés sur les côtés étaient remplis d’une boue liquide, et tout le chemin était couvert de flaques gigantesques.
Alors que nous nous mettions en route, la pluie cessa enfin.
Je poussai un soupir de soulagement, tout en restant concentré sur mes mouvements. Mes jambes, alourdies par la boue et l’eau, menaçaient de céder, en partie à cause de la fatigue. Le simple fait de devoir extraire mes pieds de la boue à chaque pas était une épreuve.
Notre seul réconfort était que, dans la clarté progressive, nous vîmes que, finalement, les montagnes n’étaient pas si loin. Une bonne partie de la journée passa ainsi, au rythme incroyablement lent de nos pas. Le soleil brillait désormais, mais un vent glacial nous empêchait d’en apprécier la chaleur. Les flaques de boue étaient plus épaisses, mais pas solides pour autant.
Brutalement, Jim s’étala de tout son long.
Jennie et Laura se précipitèrent vers lui pour l’aider à se relever. Elle l’empoignèrent par les bras et le redressèrent, tandis qu’il essayait de remettre ses pieds sur le sol. Le jeune homme était maculé de boue, et s’essuya le visage avec lourdeur.
« Ca va ? Demanda Jennie avec douceur. »
« Non... J’en peux plus... »
« Tiens le coup, on y est presque. Dès qu’on arrive, je te jure qu’on fait une pause, et au sec cette fois. »
Pendant que notre coéquipier reprenait ses esprit, je me pliai en deux, posant les mains sur les genoux, respirant doucement. Mes propres jambes étaient aux limites de céder, mais il fallait tenir bon. Nous en avions pour plus d’une heure avant d’atteindre la montagne. Les deux jeunes femmes proposèrent à Jim de porter ses armes, ce qu’il accepta sans vraiment y penser.
Le couple de Créateurs semblait plutôt découragé devant la faiblesse physique de notre espèce.
Nous poursuivîmes notre route, malgré l’épuisement qui nous accablait. Bientôt, nous pûmes distinguer une ouverture dans la majestueuse falaise. J’avais l’impression d’avoir des semelles de plomb. Même la sangle qui retenait mon fusil attaché paraissait incroyablement lourde.
Je fermais les yeux fréquemment pendant plusieurs secondes, tant cette marche était éreintante. Cela faisait désormais huit jours que nous nous étions écrasés sur cette planète. Et il en faudrait probablement autant avant de trouver un moyen de partir.
Laura vint se glisser à côté de moi pour s’assurer que je ne faisais pas la même chose que notre coéquipier épuisé. Les deux boitiers métalliques qui actionnaient mes griffeurs commençaient eux aussi à se faire sentir.
Mon pied s’enfonça dans une flaque plus profonde que les autres, et je me rattrapai de justesse, évitant de finir par terre. Ma copilote m’aida à me redresser, gardant une main autour de ma taille pour me maintenir. La légère nuit de repos qu’elle avait eu compensait sa plaie dans le dos, qui la ralentissait elle aussi.
Nous atteignîmes enfin l’entrée du tunnel.
Le long et large boyau était encombré de débris en tout genres et de fragments de murs ou de plafonds. Kleef nous avait précisé que ces voies n’étaient plus utilisées depuis un moment. Il était impossible de savoir de quelle manière la nature avait choisi de reprendre ses droits. Mais l’éventualité d’une attaque était le dernier de nos soucis. Nous fîmes quelques dizaines de mètres sur le sol rocheux, changement radical avec la boue précédente, afin de nous éloigner un minimum de l’entrée.
Des gemmes mauves diffusaient toujours une légère lueur à intervalles réguliers, éclairant juste assez le tunnel. Jim s’écroula sur les genoux, puis se traina jusqu’à un mur. Je me défis de l’emprise de Laura, avant de me laisser à mon tour glisser contre la paroi, bientôt suivi de Cole. Les deux Créateurs échangèrent un regard, avant de s’approcher à leur tour.
Mon regard tomba sur l’extérieur. La nuit ne tomberait pas avant plusieurs heures. Mais cela ne nous empêchait pas de dormir, puis de partir un peu plus tard.
Après tout, nous ne risquions pas de revoir la lumière du jour avant un petit moment.
Toujours aussi bon.
On dirait que le réveil n'a pas été plaisant pour nos héros ( le truc de la bout et des débris qui collent, rien que l’imaginer, c'est insupportable
), de plus, j'ai pitié d'eux pour le repas qui devait être dégueu
Ils arrivent finalement au tunnel après une marge encore plus pénibles, mais épuisés comme ils sont, ils font des proies idéales pour les abominations que contiennent ce tunnel, si abominations, il y a ![]()
Merci
+ Voyons, des abominations? Pourquoi diable irais-je mettre le moindre petit obstacle dans ces tunnels? ![]()
Bien sûr, pourquoi mettrais-tu des ennemis à cet endroit pile à ce moment ![]()
Content de voir que cette idée te parait absurde ![]()
Très absurde ![]()
Au moins on est d'accord, je suis quand même pas aussi prévisible ![]()
Pas du tout prévisible ![]()
C'est une bonne chose ![]()
Ou pas ![]()
Bon, je pense qu'exceptionnellement, je vais donner un petit coup de boost en postant un chapitre demain ![]()
Je ferais ça de temps en temps, parce que je peux me le permettre. Sachant que je posterais le 42 demain, et que je viens actuellement de commencer le 48, j'estime qu'une petite rupture du rythme ne va pas me pénaliser ![]()
Tu en prévois combien de chapitre au fait ? ![]()
A la louche, je dirais dans les 70, comme l'autre ![]()
J'ai tout de déja prévu, mais comme d'habitude, j'ai tendance à tellement détailler qu'un évènement ou une phase particulière peut prendre plus de place que prévu. (par ex, le pont avec le "poisson-nécro" a pris 3 chap alors que d'autres le feraient en un seul, voire deux) Du coup, dur d'etre précis, j'vais ptet finir à 80
Sinon, j'poste ce soir vers 19/20h, je suis pas sur le PC là
Chapitre 42 : Plongés dans le noir.
Lorsque nos coéquipiers se décidèrent finalement à nous réveiller, la nuit était déjà tombée depuis un moment. Seule la faible lueur diffusée par les cristaux éclairaient le boyau. Heureusement, nos propres armes émettaient une très faible lumière, ce qui nous permettrait de nous orienter lorsque ces ‘’lampadaires’’ disparaitraient.
Je baillai longuement, enfin reposé. Les deux Créateurs étaient déjà debout, en train de scruter les environs pendant que nous nous relevions. Je m’étirai, regardant un peu autour. Dans l’épuisement de la veille, je n’avais pas vraiment pris le temps d’observer le tunnel. Mais d’une certaine manière, il n’y avait rien à observer. Le boyau était fait dans le même alliage sombre et lisse que tout le reste sur cette planète.
Le métal ne portait pas la moindre trace d’usure, hormis aux endroits où des débris bloquaient la voie. Aux endroits où le tunnel s’était effondré, on distinguait de très larges lézardes dans le roc situé en-dessous de la couche d’acier. Mais à première vue, rien qui risquait de céder brutalement quand on passerait dessous. Une fois debout, je fis quelques pas en tapant le sol, afin de décrocher des plaques entières de boue séchée collées à mes vêtements.
Laura et Jennie étaient déjà prêtes, parfaitement reposées.
« Alors, ça va mieux maintenant ? »
« Ouais. » Je réprimais un autre baillement. « Et tes bandages au fait ? J’ai vu qu’ils tenaient plus... »
« Jen’ s’en est occupée pendant que vous dormiez. Ils étaient trempés et couverts de sang séché, mais elle a réussi à les remettre. Juste au cas où. »
« Par contre, j’espère qu’on pourra les lui retirer bientôt, s’enquit la jeune femme. Elle va finir par risquer plus à les garder qu’à les retirer. »
« On verra ça quand la plaie arrêtera de se rouvrir. Et pour ça faut que t’arrête de tomber. »
« Aux dernières nouvelles, c’est vous qui teniez plus debout hier, répondit la concernée en souriant. »
Je souris à mon tour, avant de regarder vers les autres. Les deux hommes se relevaient en douceur, eux aussi remis de l’éprouvante journée. Je m’attardai plus particulièrement sur Jim, qui s’était effondré sur tous les points. Mais il avait l’air mieux.
« Maintenant que vous êtes tous debout, nous allons pouvoir y aller, fit la voix caverneuse du Créateur. »
« Laissez nous un peu de temps. »
« Ce tunnel n’est pas sûr, pas aussi près de l’entrée. Il nous faudra plusieurs heures avant d’atteindre l’entrée des grottes qui traversent la montagne. »
« Ne vous en faites pas Kleef, on ne trainera pas. »
Pendant que Jim et Cole s’approchaient à pas lents de nous, nous commençâmes à préparer nos affaires. Nos vêtements étaient encore trempés, ainsi que nos sacs. Jennie garda le sien, et Cole et Jim prirent les deux autres. Je repris mon fusil et mon pistolet, tandis que les autres faisaient de même. Je lançai l’un de nos deux filets énergétiques restant à Jennie, qui était toujours équipée de son fusil électrique. Je levai mes deux griffeurs lasers au niveau de mes yeux, essayant de vérifier si l’eau n’avait pas endommagé le système avant de prendre le risque de les enclencher.
Enfin, nous nous mîmes en route. Je jetai nerveusement un regard en arrière afin de m’assurer qu’aucun prédateur ne guettait notre départ, puis suivis les autres. Certains débris étaient plus gros que d’autres, et nous dûmes grimper dessus, voire, parfois, passer dessous.
Au bout d’une demi-heure, nous vîmes un cristal luminescent qui gisait sur le sol, visiblement décroché de la paroi. Kolyath s’en approcha, se pencha, et le ramassa. Intrigué, je fis part de mes interrogations à son époux.
« Pourquoi est-ce qu’on en récupère pas d’autres ? »
« Ces cristaux sont enchâssés dans la structure. A moins d’être équipé d’appareils de forage, il nous serait impossible de les déloger. J’ignore comment celui-ci à pu tomber. Surement une fissure. »
Quoi qu’il en soit, nous aurions au moins une source d’éclairage plus puissante que nos armes lors de notre séjour imminent dans les grottes. Plus nous approchions des entrailles de la montagne, et plus il me semblait que les éboulements étaient nombreux. Nous arrivâmes bientôt à un endroit où le roc et le métal s’étaient mêlés pour obstruer les trois quarts du boyau. Seule une brèche de deux mètres de large permettait un passage à travers cette masse.
Dans la poussière soulevée par la chute de ces rochers, peut-être des années auparavant, on distinguait les empreintes griffues de plusieurs Créateurs. Peut-être que nous n’étions pas les seuls à avoir voulu passer par là. Auquel cas, nos prédécesseurs auraient peut-être ‘’vidés’’ les grottes de tous les nuisibles qui pouvaient nous attaquer.
Nous nous faufilâmes dans cet étroit passage, en prenant garde à ne pas toucher les roches. Certains blocs avaient l’air en équilibre particulièrement précaire. Enfin, nous arrivâmes devant une gigantesque porte qui prenait tout le tunnel. Kleef devança ma question.
« Pour autant que je sache, elle a toujours été là. Malgré tout, il y avait des éboulements dans ces grottes, ce qui pouvait ouvrir de nouvelles cavités. Une simple assurance de ne rien voir de néfaste jaillir au milieu de la voie. »
« C’est déjà arrivé que vous vous fassiez attaquer ? s’inquiéta Jennie. »
« Ce passage était déjà inutilisé quand je suis né. Mais j’ai entendu parler de groupes qui s’était fait agresser, il y a très longtemps. Je ne vous cacherai pas qu’il y a peu de chance que les grottes soient désertes. »
« On peut toujours espérer... »
Rien qu’au ton de sa voix, on devinait que la jeune femme cherchait plus à se rassurer qu’autre chose. Le Créateur la fixa quelques secondes, puis hocha la tête, avant de reporter son attention sur le sas. Il se dirigea d’un pas vif vers une console de commande, son fusil rebondissant contre ses épines articulées, dans son dos. Il resta quelques secondes immobile, puis pianota sur la tablette lisse, qui s’illumina.
Il y eut un grondement, et la porte commença à s’ouvrir. Les deux panneaux se séparèrent en son centre, et commencèrent à coulisser. Lorsque l’espace entre eux fut d’un petit mètre, deux parties avancèrent légèrement vers nous, avant de se glisser le long du reste de la porte. Le gigantesque portail continua à s’ouvrir de la sorte, chaque ‘’morceaux’’ finissant par se décaler pour se coller au précédent, formant finalement deux énormes amas de plaques métalliques superposées verticalement de chaque côté du tunnel.
La salle qui se trouvait derrière était plongée dans le noir total.
Cependant, grâce à la lueur des cristaux qui éclairaient le tunnel et à celui que tenait Kolyath d’une main ferme, nous eûmes un aperçu de l’entrée des grottes, sur le mur du fond. Enfin, d’une certaine manière, c’était juste une continuité plus arrondi et plus naturelle du tunnel.
On sentait juste bien que c’était l’entrée d’une caverne, et elle allait se rétrécissant. Nous fîmes quelques pas pour franchir le gigantesque portail, fascinés par ce système d’ouverture.
Nous étions tous tellement occupés à regarder la caverne et la porte que nous ne vîmes pas tout de suite les cadavres.
Quand les yeux de Laura se posèrent dessus, masses sombres sur le sol, elle étouffa un cri de surprise, et nous pivotâmes tous vers elle, puis vers les corps. Six Créateurs gisaient un peu partout, déchiquetés. Quatre d’entre eux étaient allongés contre la paroi, comme s’ils avaient été tués dans leur sommeil. Les deux autres se trouvaient un peu à l’intérieur de la grotte, dans la partie qui venait juste d’être éclairée par la Créatrice.
Il manquait à tous les corps plusieurs membres. Mention spéciale à ceux qui gisaient dans la caverne, auxquels il ne restait plus que les jambes. Les aliens avaient probablement été attaqués pendant un temps de repos, par des créatures simplement désireuses de se nourrir, ce qui expliquait que certains corps n’étaient pas trop déchiquetés.
On pouvait espérer qu’il n’y ait pas la moindre trace d’infection dans cette agression. Un frisson agita brusquement Kolyath, faisant légèrement redresser ses épines, plaquées contre son dos. Au moins, ce séjour dans des cavernes peuplées de créatures hostiles était également une épreuve redoutée par le couple.
Nous avançâmes un peu plus, et vîmes une trainée de sang qui continuait à travers la caverne. Apparemment, il y avait eu un septième Créateur...
Kleef était restée à côté de la console de commande qui se trouvait de notre côté. Je me tournai vers lui, et le vis pianoter sur la tablette, déclenchant la fermeture du gigantesque portail.
« Pourquoi est-ce que vous... »
« Ca ne me plait pas plus qu’à vous. Malheureusement... J’ai bien l’impression que nous aurons suffisament à faire avec les habitants de cette montagne, inutile de courir le risque de voir des fauves se glisser par ici. »
Logique... Peu rassurant. Mais logique.
Incapable de contrôler la vague de froid qui m’envahissait en voyant les deux portes se rapprocher inexorablement, je frissonnai, ne voulant pas décrocher le regard de l’espace qui se réduisait. La lumière diminuait de plus en plus, nous plongeant dans une semi-obscurité effroyable.
Le claquement sourd retentit, et nous fûmes définitivement plongés dans le noir.
Seul le cristal de Kolyath éclairait la caverne, dans laquelle le sang reflétait la lueur mauve.