Chapitre 16
-Non, au contraire, elle nous a peut être sauvé la vie a tous.
-Oui bien sûr ! Regardez la balise jaune qui se perd dans l’espace ! Elle est en fonctionnement ! A moins que…
Kristen regarda plus attentivement l’écran, puis se rassit, désappointée :
-Ce n’est qu’une balise d’alerte de maintenance…tout ce qu’on aura comme secours, ce sera un ou deux ingénieurs qui croiront venir pour réparer la radio.
-Ha non mais c’est pas vrai ! Quoiqu’on fasse on est baisé ! Ou qu’on aille ! Ces bestioles sont aussi connes que mes pieds, et elles ont quand même trouvé le moyen de niquer le vaisseau en entier ! Nan mais je rêve ! Qu’est ce qu’on est venu foutre ici ?!
- Calmez-vous sergent ! Je vous rappelle qu’on est au meilleur endroit possible dans le vaisseau, on va trouver un moyen de s’en sortir.
Qui c’est ?
Marc obligea Kristen a suivre son regard vers la brune qui était assise avec le reste des hommes. Elle restait calme et était désemparée.
-Elle s’appelle Lynn, et je crois qu’elle va vous plaire.
-C’est pas mon genre. Sergent ?
-Oui mon lieutenant ?
-Boum.
-Ah ! Enfin…
Le sergent 45 s’avança d’un pas déterminé vers la jeune femme, et l’empoigna par les cheveux pour la tirer en face de Marc. Celui-ci s’allumait une cigarette. Elle se débattait et criait, personne ne voulait, ni ne pouvait venir a son secours. Marc se mit accroupi pour se mettre à sa hauteur.
-Alors..mademoiselle… ?
-Lynn.
-Merci Docteur Payne. Mademoiselle Lynn…quel effet ça fait de voir le lapin…chasser le loup ?
Il faisait rougeoyer sa cigarette, comme l’épée qu’on forge dans les flammes.
-Je…je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Je…je ne suis qu’une scientifique ! Je n’ai rien a voir avec le projet Saturne ! Pitié !
-Je ne connais pas le projet Saturne…je suppose que c’est le truc qui nous a tous amené ici…comme des hamsters qu’on attire avec du gruyère. Non, ça je…
-On s’en bat les steaks !
-La ferme Judi ! Je suis le seul a causer ici…
Qu’étudiez vous ici Docteur ?
-J’étais affectée au département biologie…et…j’ai été chargée d’étudier les cas de nécromorphie aigue qui se propageaient sur Aegis 7. La colonie…en est morte.
-Et c’est ce qu’il se passe ici en ce moment même n’est ce pas ?
-Oui…exactement.
-J’ai cru comprendre qu’avant…ces monstres étaient des personnes comme vous et moi ?
-Oui.
-Je vous sens stressée cher docteur. Avez-vous peur de moi ?
-Non…vous avez besoin de moi. Je sais des choses qui vous seront utiles. Vous ne devez pas me tuer.
-Sergent ? Veuillez donner une raison a Mademoiselle Lynn d’avoir peur de moi.
Le sergent Di Piagio prit sa cigarette et lui brula la peau par surprise, en plein milieu du front. Sa maitrise était totale, car en une seconde il l’avait auparavant immobilisée par une prise non conventionnelle pour lui plaquer le visage au sol. Marc s’en étonna mais s’appliqua pour ne pas le montrer.
-Vous êtes fous ! Vous êtes devenus completement dingues !
Celle ci essayait de se dérober, mais sans succès. Un filet de sang coulait le long de sa joue, le sergent s'était appliqué a ce que la plaie ne cicatrise pas sous l'effet de la chaleur.
-Ne vous en faites pas…nous n’avons presque plus de munition, mais par contre… des gauloises il nous en reste plus d’une dizaine de paquet s. Vous avez parlé de « nécromorphie ». Qu’est ce que c’est ? C’est le nom de l’infection ?
Lynn, toujours plaquée au sol, avait du mal a parler. Le sergent relâcha un peu son étreinte.
-Oui ! Il s’agit bien d’une infection ! J’ai pu l’étudier de prêt et nous parlons bien d’une bactérie. Elle s’attaque d’abord à l’encéphale, puis au système nerveux, et enfin a l’organisme tout entier. Des mutations majeures apparaissent. Le sujet meurt au moment de ces mutations spontanées.
Jésus, le médecin du groupe, était fasciné :
-Putain je l’avais deviné au premier coup d’œil ! Je le savais depuis le début…quel est le nom que vous avez donné aux infectés…décédés ?
-Du fait qu’ils soient morts et de leurs mutations impressionnantes…nous les appelons nécromorphes. Il y a plusieurs variantes…nous croyons que cela varie selon…la morphologie des gens. Ceux que vous avez croisé sont les plus répandus. Excepté les brutes qui vous ont attaqué. Ce sont les plus gros.
-Parce qu’il y en a plusieurs en fait ? Je croyais que c’était le chef.
-Non…ils semblent obéir a une seule et même entité. Elle est supérieurement intelligente.
-Elle coordonne leurs attaques, voila pourquoi l’infection est si rapide.
Marc impressionnait par ses remarques dignes d’un fin stratège. Il méritait ses galons d’officier. Les hommes n’en doutaient plus. Le sergent Di Piagio l’avait aussi remarqué, et comprenait maintenant qu’il était pour l’instant plus prudent d’obéir sans discuter. Même s’il pouvait tuer ce gamin d’une trentaine d’année quand bon lui semblait pour appliquer ses propres règles, celui-ci se débrouillait fort bien pour le moment. Ils sont tous toujours en vie après tout, et c’était grâce à lui.
-Donc si on trouve ce nécromachin…et qu’on le descend…adieu la compagnie. Je présume qu’il est gros et moche ?
-Vous n’y êtes pas…tout ceci vous dépasse…la reine mère a été localisée prêt de la mine sur Aegis 7.
-Y’a une mine dans l’histoire maintenant ? Epargnez moi les détails voulez vous ? Donc, nous sommes prisonniers…dans un vaisseau infestés de nécromorphes dégueulasses et avides de chair humaines…sans munitions…avec des chercheurs qui veulent notre peau. Si on rajoute a ceci des brutes imbattables qui font dérailler des trains, et notre pays qui n’existe plus depuis 350 ans…
-Ca fait un beau paquet de merde mon capitaine…
-Exact Judi…ça en fait de la merde.
Jésus avait l’air encore plus inquiet. Son visage était blanc, il se releva lentement, ce qui attira l’attention de tout le monde.
-Comment…comment…
-Comment quoi doc’?
-Comment…l’infection se propage t’elle ? Je veux dire…ce sont des bactéries. Et vu la vitesse a laquelle ça va…quels sont ses moyens ?
A voir la tête de Jésus, Marc avait compris que son médecin était parvenu à une conclusion peu encourageante. Il jeta sa cigarette au sol, en même temps que son sergent qui avait eu la même réaction. Lynn parlait calmement cette fois ci, comme si elle faisait une confession :
-La bactérie trouve plusieurs moyens. Nous en avons dénombrés quatre. Le plus connu étant la mort infligée au sujet par un contaminé. La mutation est quasi immédiate. Ce n’est qu’une question de minutes. Il y a un autre type de nécromorphe appelé « pondeuse » qui cherche les cadavres infectés et accélère le processus de mutation en injectant directement dans le système nerveux central un catalyseur. Et les deux autres moyens nous concernent tous…
-Parlez.
-Elle se transmet aussi par l’air…une exposition de 24 heures du sujet a la bactérie volatile, et celui-ci est sujet a des hallucinations morbides, des troubles psychiques et paranoïaques. Il devient ensuite dangereux pour son entourage et pour lui même, de par sa violence. Il cherchera…le meurtre.
-Vous voulez dire que nous sommes tous condamnés a devenir comme ça ?
Marc regarda sa montre. Encore 45 heures dans l’USG Ishimura.
-Oui…nous mourrons tous quoiqu’il arrive.