Chapitre 55
partie 1 « la mise en marche »
-J’ai eu le temps d’étudier le déroulement de la bataille sous tous les angles. J’ai plusieurs nouvelles. La pire étant qu’on ne peut plus compter sur Grouchy et ses 30.000 hommes car il se trouve maintenant bien trop loin de la bataille pour intervenir.
-Le chiffre est exact, vous revenez donc vraiment du futur ?
-Oui, sir.
Le général Frasier intervint pour quelques explications.
-Oui…il faut noter que selon la logique voulue en ce genre de situation, son voyage a peut être duré des années, tandis qu’il ne nous a semblé durer que cinq petites minutes. Son voyage temporel est fascinant car il nous dévoile l’immense relativité du temps !
Un deuxième flash interrompit la scène et coupa la parole du général. Un autre homme se trouvait sur la Dalle. Il était habillé comme Bastion et semblait perdu. Toutefois, il réagit vite lorsqu’il vit le capitaine non loin et avança d’un pas déterminé et le pointant du doigt.
-…Toi ! Tu sais ou tu peux te le foutre ton « navré » ?!!
Il n’avait pas fait un pas avant d’avoir un sabre sous le cou, menaçant de lui trancher la gorge.
-Un souvenir de votre passage dans le futur capitaine ?
L’empereur avait posé cette question tandis que le général Frasier le protégeait de son arme. Bastion n’était pas vraiment étonné de revoir son ancien supérieur.
-Oui c’était mon lieutenant dans un autre monde. Je ne sais pas ce qu’il fait ici. Il n’est pas dangereux.
-Tu va voir si je ne suis pas dangereux sale… !!
Le sabre l’avait forcé à se mettre à genoux d’un coup de plat dans les jambes. Le geste était net, rapide et précis, exécuté en trois mouvements.
-Il n’est peut être pas dangereux mais bruyant. Quoiqu’il en soit, son avenir est entre vos mains, général.
-Sir, cela dépend si le capitaine Gaillard juge qu’il peut nous être utile.
-Il peut l’être, il est très intelligent.
-Je vous prie de continuer vos explications, capitaine ! Le temps nous manque !
-Oui, Sir. Je disais qu’on ne peut dès à présent plus compter sur de quelconques renforts. Il faudra donc faire face avec nos seules forces ici présentes. Je suppose que les prussiens sont déjà la ? Si tel est le cas, il faut envoyer la jeune garde à leur rencontre de suite.
-C’est déjà fait, poursuivez.
Bastion réfléchie un instant, très stressé.
-Oui…euh…la situation est en fait bien pire qu’on ne peut le penser, les prussiens sont sur-motivés et la jeune garde ne pourra pas tenir à elle seule une armée entière. Hougoumont est toujours aux anglais. Mais au centre, la situation tourne à notre avantage. Nous sommes déjà sur le point d’enfoncer les anglais qui ont du mal à tenir face a nos nombreux régiments d’infanterie déjà présent. Ce que vous ignorez, c’est que Ney est parvenu à rassembler la cavalerie et s’est rejeté dans la mêlée.
Mac était derrière, à genoux.
-Mais on croit rêver la ! Tu sais ce que tu es en train de faire ?! Tu es fou ?!
-Je sais EXACTEMENT ce que je suis en train de faire ! Je rétablie le cours de l’histoire ! Qu’on le fasse taire !
-Même avec ces informations, tu ne pourras rien y faire ! Ce qui est fait est fait ! Nous avons perdu ici, et tu n’y changeras rien !
Il reçu un coup de plat de sabre en plein visage, le sang coula. Le général Frasier perdait patience.
-Et qu’est ce que vous conseillez de faire, capitaine ?
-Il faut anéantir les anglais sur toute la colline avant que les prussiens n’arrivent. On envoi toutes nos dernières forces au centre. A partir de la, leur bonne situation sur les flancs ne servira plus a rien. Dès qu’on aura le plateau de Mont saint jean, on s’emparera de leur artillerie pour faire feu sur les prussiens.
L’empereur était excédé.
-Mais ce plan est complètement stupide ! Ce serait abandonner notre artillerie, ainsi que toutes nos positions ! Jamais je n’ordonnerai une telle manœuvre !
Une estafette entra dans la tente, ses mains tremblaient.
-Sir ! Le maréchal Ney est aux prises avec les anglais ! Il réclame des renforts pour en finir !
Devant une telle surprise, Bonaparte ne savait que répondre. C’est Bastion qui le sortit de ses pensées.
-Si mes souvenirs sont exacts, c’est à ce moment précis que vous avez refusé ces renforts au Maréchal. Referez-vous cette même erreur, Sir ?
-Je dois avouer que tout ceci est troublant. Mais ce plan reste stupide. On n’abandonne pas l’artillerie. A moins de la saboter, et de s’emparer de celle des anglais.
Les autres généraux acquiescèrent. Il poursuivit.
-On s’empare du plateau, les prussiens se retrouvent seuls avec des canons inutilisables. Ils devront nous déloger de la colline, mais ils se feront repousser sous nos coups de canons et les tirs de nos troupes d’élite galvanisées par la déroute des anglais. C’est imparable.
Il se tourna vers l’estafette.
-Dites au maréchal que j’arrive avec toute la vieille Garde. Qu’il tienne bon.
-Et que faisons-nous du prisonnier, Sir ?
- Tuez-le.
Marc se releva d’un coup, toujours menacé par le sabre.
-Non ! Attendez ! Attendez ! Je peux vous aider ! Je peux vous aider !!
-Ha oui et en quoi ?
Il montra les fusils futuristes aux pieds de Bastion.
-Avec ça