Bon aller pour vous faire plaisir voici en exclusivité le chapitre 46
Chapitre 46
2010
France,
Bunker sous terrain de l'armée de terre.
Lieu tenu Secret. 45 minutes avant les événements.
-Voici vos ordres de mission, agent 12. Ils sont brefs, je vais donc vous les énumérer.
Sherbatsky était assis dans une chaise peu confortable, dans la pénombre. Nul ne pouvait discerner son visage, ni son regard qui parcourait à toute vitesse les feuillets qui passaient sous ses doigts. On sentait l’habitude se manifester chez cet homme qui impressionnait les dirigeants d’état présents dans la même pièce, tentant de le fixer sans pour autant pouvoir capter une quelconque manifestation de son âme.
-Il est évident que votre mission d’infiltration dans le groupe est un succès. Vous font-ils confiance ?
-Je sais qu’ils me prennent pour un crétin fini.
-C’est encore mieux. Objectif principal : Ramener l’équipe Alpha qui n’est pas revenue.
Si Alpha décimée : ramener un échantillon de haute technologie. Tuer l’équipe Bravo.
-Oui voila, c’est cette partie la que je ne parviens pas à comprendre.
-Laquelle ?
Julien fit un cercle de la main, montra son visage à la lumière et fronça les sourcils.
-Tout ce que vous venez de dire en fait. Quelles équipes ? Quelle technologie ?
-Vous arriverez, une fois la DALLE franchie, dans un environnement hostile que nous croyons…disons…futuriste. Une première équipe y a été envoyée, elle n’est pas revenue depuis. Ces hommes sont importants. L’équipe bravo ne le sait pas encore, mais c’est une équipe de sauvetage.
-Si on arrive et qu’on découvre que tout le monde est mort, je tue tout le reste, je prends un truc qui me semble de haute technologie, et je me casse ?
-C’est tout.
-Non, ce n’est pas tout ! Vous croyez que je peux faire 15 cadavres à la seconde ? Je ne peux pas tuer une escouade entière à moi seul en une seule fois… d’autant que j’en connais un très dangereux dans le tas. Ils ont de l’instinct en plus, et le grand, je ne sais pas d’où il vient, mais il est bizarre, il a un accent du midi super étrange, on dirait un russe qui se camoufle avec un accent français pourri ou je ne sais quoi…
L’assemblée réunie autour d’une grande table ronde se regarda, les yeux ronds. Julien comprit qu’il avait soulevé un sujet dont on ne pouvait parler.
-Vous voulez parler du seconde classe Gaillard ?
-Ouais…Bastion.
-Ne vous faites pas de soucis pour lui, il n’est pas plus dangereux que les autres. Ses origines sont on ne peut plus françaises. Est-ce que l’élimination de ces hommes, en cas d’échec de l’équipe Alpha, vous pose un problème ?
-Il faudra les éliminer un à un, tout en leur faisant croire à un accident, ou…leur faire croire que je n’avais pas le choix…
Le ministre de l’intérieur approcha son visage de celui de l’agent, et fronça les sourcils à son tour.
-Croyez moi, vu l’environnement dans lequel vous vous trouverez, ce sera un jeu d’enfant.
-Je suppose que pour comprendre quelque chose à tout cela, il faudra que je commence la mission ? Je verrai sur le tas ce que je devrai faire, vous ne me facilitez pas les choses.
-Vous en savez bien assez. Et puis, entre nous, ce n’est pas la première fois qu’on vous envoie en mission dans ces conditions. Quel âge avez-vous ? 35 ans ?
-32
-Quand vous reviendrez, le gouvernement garantira votre retraite, ainsi qu’une bourse à vie de 5000 € mensuels. Les papiers sont déjà signés.
-Si tant est que je revienne.
USG Ishimura,
Year 2432.
L’ascenseur avait mit un temps fou pour arriver au 36e étage. Fishburn s’était réveillé et s’était calmé. Marc souffrait toujours mais en silence. Il pouvait toujours marcher et tenir son arme, mais sans plus. Quand les portes s’ouvrirent, ils étaient toujours assis, épuisés. On entendait déjà les monstres roder dans les couloirs, prédateurs perdus sans leurs proies.
-La vitesse, c’est pas mal Fishburn, mais si on continu comme ça, Bastion et moi on va partir en lambeaux.
-De toutes façon nous ne sommes plus que trois…je propose de laisser tomber les grades. Au point ou on en est…ce n’est plus qu’une question de survie…
Marc retira son casque et observait la caméra qui filmait toujours. Il se demandait s’il était judicieux de revenir avec le témoignage de ces horreurs. Il était épuisé de lutter contre la folie, contre l’envie de prendre son arme pour se tuer. La fatigue l’empêchait de penser. Contre toute attente, Bastion réagit le premier. Il manifesta une excitation inhabituelle.
-Dans ce cas mes amis, levez vous ! En avant pour le retour !
Fishburn se releva à son tour, et aida Marc puis les deux femmes. Ils réarmèrent leurs fusils, une dernière fois prêts à en finir.
Ils sortirent un par un, promenant le canon de leurs armes dans les moindres recoins. La chasse a commencé.
USH Ishimura.
Etage 02,
canal d’évacuation des eaux usées.
Un homme vivait encore parmi les cadavres. L’air était infect. C’était un mélange de cadavre en décomposition, de déjections et de pourriture végétale. Son casque l’avait protégé des chocs contre les parois des canalisations qui l’avaient mené jusqu’ici, à toute vitesse.
Julien était allongé sur le dos, la main droite crispée sur son fusil. Même inconscient, il ne l’avait pas lâché. Le corps humain s’adapte aux pires situations. Ses yeux commencent à discerner les détails d’un charnier dans l’obscurité. Il en était au sommet. On pouvait entendre le bruit d’une respiration rauque mêlée au l’eau des égouts qui coulait tant bien que mal parmi les cadavres. Ces pauvres gens ont été piégés par ces tentacules qui surgissaient de nulle part. Il s’agissait du garde manger d’un monstre énorme et effrayant, tapis dans l’ombre.
Julien n’avait pas conscience de tout cela, et pensa d’abord à s’assoir et fumer. Il émit un gémissement car son dos lui faisait mal, il réalisa qu’il n’avait plus 20 ans et supportait moins les chocs. Il en émit un 2e quand il se rendit compte que le paquet de gauloise était vide. Il le jeta droit devant lui, dégouté.
Le paquet tomba en bas du tas de cadavre et sembla avoir déranger un tentacule qui était la. Il se déplaça pour se cacher dans l’ombre. Ceci attira l’attention de Julien.
-Alors comme ça t’es encore la espèce d’enculé…
L’agent français se tint debout et descendit lentement la colline de corps mutilés, écrasés. Il avait l’arme à la main, et entendait le tentacule bouger lentement dans l’ombre.
-Dis Ouistiti !
Julien alluma la lampe torche de son arme et dirigea le faisceau de lumière sur le tentacule. Il ne bougeait pas. Julien éclaira le reste du pédoncule pour en trouver l’origine, mais fit une autre découverte. Il en trouva un nouveau, tout aussi gros. Puis un 3e. Il se retourna pour éclairer ses arrières et dévoila deux autres tentacules qui l’approchaient discrètement pour l’attraper. Ceux-ci se cachèrent de suite. Julien se retourna à nouveau et, ne sachant pas trop quoi faire car il se savait encerclé, il tira sur tout ce qu’il voyait.
Les balles rebondissaient et n’avaient aucun effet. Il s’arrêta, fit le silence. La respiration rauque avait accéléré, et des bruits de mastication s’y ajoutaient. L’homme recula à pas chassé pour se coller contre le premier mur venu. Il avait éteint sa lampe et priait pour ne pas se faire repérer.
Quand son dos toucha le mur, il fit le silence. Il fit le mort. Les bruits avaient cessés, et chacun se cherchait.
« Tu veux savoir qui est le prédateur ici ? Très bien…JE SUIS en haut de la chaîne alimentaire mon gros. C’est MOI qui vais te buter. Mais compte pas sur moi pour te becter, ça c’est sur… »
Le mur était chaud et humide. Julien décolla son dos un bref instant et découvrit qu’il était mouillé. Ce n’était pas de l’eau, et sa main était pleine d’une substance translucide et visqueuse. Il tressaillit quand il comprit que c’était de la salive.
Il s’avança aussi lentement qu’il pouvait, ferma les yeux. Puis d’un coup, il se retourna en ralluma sa lampe torche. Il découvrit ce qu’il craignait et son doigt pressa la gâchette. Le mur n’était rien d’autre qu’un orifice gigantesque orné de dents acérées en cercles concentriques. Son haleine participait à la puanteur de la pièce. Judi était d’autant plus dégouté qu’il comprit en même temps que son treillis était trempé de cette bave infecte. Les balles d’énergie tirées faisaient mouche, et blessaient l’animal encastré de la paroi. Il émit un rugissement qui fit trembler la pièce, puis dans la panique fit ressortir une multitude de petits tentacules de sa gueule.
Ceux-ci se jetèrent sur Judi et, tout en le jetant à terre, attrapèrent son fusil pour le fracasser violemment sur le sol.
Judi tressaillit une nouvelle fois quand il vit que son fusil était brisé, inutilisable.
« Fils de p…»