Bon, finalement j'ai craqué et j'ai écrit de suite la...suite 
J'espère que ça fera plaisir à plus d'un.
Chapitre 35
-Vous voyez quoi, soldat ?
-De la merde ! J’y vois que dalle et on sent bien d’où vient l’eau. C’est le trou du cul de l’équipage ici bas ! Pas d’ennemis en vu…on patauge dans l’eau mais ça peut aller.
Le reste de l’équipe ne tarda pas à le rejoindre, chacun atterrissant lourdement et éclaboussant les autres de gouttelettes nauséabondes. Les deux femmes furent rattrapées par Marc, qui était le dernier homme à sauter. Il eut du mal à relâcher Kristen lorsqu’il la tenait par les hanches et qu’ils se regardaient dans les yeux. Ceci lui fit repenser à IRMA qui parlait de leur attirance.
« Putain…je hais les ordinateurs, ils ont toujours raison à propos de tout. »
-Bon, on suit le courant. On devrait tomber sur la station d’épuration qui ne devrait pas être loin. On entend déjà le bruit du traitement de l’eau qui résonne le long du conduit.
Julien fermait la marche et n’avançait pas. Il leur tournait le dos et scrutait l’obscurité derrière eux. Il avait du mal à avancer et détachait une à une les plaques d’acier qui lui collaient au corps.
-Caporal ! Mais qu’est ce que vous foutez ?
-Je me débarrasse du superflu. Bastion rend moi mon arme. Mais…je crois qu’on va avoir un problème lieutenant.
L’agent 12 était immobile, et semblait très inquiet.
-Oui… oui ! C’est bien ce que je pensais ! Le bruit ne vient pas de devant mais de derrière ! Et il se rapproche à toute vitesse !
-Comment ça ?!
Julien était maintenant en treillis et couru vers Marc, tout en attrapant son fusil à la volée que Bastion lui avait envoyé, pour lui parler sans avoir à crier. Il était affolé.
-Vous voyez cette paroi ronde qui nous entoure ?! Elle conduit le son de tout son long pour le faire résonner devant nous ! On n’entend que l’écho de la source du bruit !
-Et alors ? On fait demi-tour ?
-Mais vous comprenez rien bordel ! Ecoutez !
Le bruit d’eau traitée loin devant se transformait peu à peu par un bruit d’eau torrentiel venant de l’arrière. Marc comprit et fit un geste rapide de la main, qui allait en adéquation avec ses dires.
-ON TAILLE LA ROUTE ! ON SE CASSE ! TOUT LE MONDE COURE !
Le groupe se mit à courir à toute jambe dans la même direction qu’au départ. Il s’agit maintenant de fuir quelque chose de gros et de dévastateur, plutôt que d’essayer d’en rejoindre une autre plus ou moins accueillante. Julien fermait toujours la marche et jetait des coups d’œil furtifs en arrière pour s’assurer qu’il s’agissait bien de ce qu’il pensait. Il constata avec effroi que c’était bien pire. Les égouts dans lesquels ils se trouvaient étaient traversés par une vague immense qui détruisait tout sur son passage, et les poursuivait. Comme si un barrage avait été rompu.
Bastion ne pouvait courir comme ça bien longtemps, et se faisait rattraper par tout le monde. Il avait évalué la force de la vague qui arrivait et s’arrêta net pour s’accrocher sur le coté du parcours à une échelle qui menait à une alcôve. Marc n’eut pas le temps de le retenir et le laissa affronter son sort. Il avait peut être plus de chance d’y échapper en s’accrochant à la force de ses bras à quelque chose de solide. Le reste continua et arriva à la station d’épuration qui n’était finalement pas si loin que ça. Le peu de bruit qu’elle faisait était couvert par le déluge d’eau usée qui se préparait. Mais l’arrivée était quelque peu surprenante. Jésus, qui était en tête, se stoppa le plus vite possible. Il écarta les bras pour empêcher les autres d’aller plus loin.
-C’est une chute ! On est dans un cul de sac !
Marc jeta regarda ce qu’il en était, et constata que le chemin des eaux usées se terminait par une chute d’eau spectaculaire dans une immense vasque avant d’être traitée. Mais le mur d’eau n’était plus très loin derrière eux.
-Qui m’aime me suive !
Le lieutenant sauta et entama une chute vertigineuse de 5 longues secondes avant de disparaître dans l’eau noire en contrebas. Julien arriva au même moment.
-Il a sauté ?
Kristen et Lynn jetèrent un regard paniqué à Judi. Jamais elles ne pourraient sauter par elle-même et il le savait bien. Sans leur demander leur avis, il les attrapa fermement par leur blouse.
-Mesdames, après vous !
Puis il les poussa dans le vide. Leurs cris s’éloignèrent pour disparaître dans le remous d’eau qui les attendait. Le conduit dans lequel se trouvaient maintenant Jésus et Judi tremblait violemment. L’arrivée de la vague était imminente. L’agent 12 regarda Jésus qui ressemblait à un enfant perdu. Il était le plus jeune de tous et la peur qu’on pouvait lire dans ses yeux lui faisait pitié.
-Ho je t’en prie, m’oblige pas à te botter le cul gamin, tout le monde nous regarde en bas. T’as jamais sauté de 20 mètres avant ?
Il le poussa lui aussi avant de se retourner pour observer, pas du tout impressionné, l’écume destructrice qui arrivait à toute vitesse. Elle était remplie de nécromorphes piégés. Cette vision ne l’empêcha pas de terminer de parler à un Jésus maintenant absent, avant de sauter à son tour.
-He ben c’est la même sensation que de défoncer le crâne d’un mec à coup de bâte de baseball, ha !
Il nagea ensuite vers le reste du groupe, sur la berge. Des conduites d’eau étaient cassées et déversaient de l’eau propre dans l’eau à traiter, image symbolique d’un vaisseau en ruine et en perdition. Ils en profitèrent pour s’y nettoyer. L’eau était arrivé une seconde après que Judi eut sauté, et déferla dans la station. Mais celle-ci était assez vaste pour faire paraitre le mur d’eau assassin comme une goûte d’eau inoffensive.
Une fois de plus, ils étaient un de moins. Bastion n’était plus la, et tout le monde le croyait mort. Chacun avait un pincement au cœur en pensant à lui. C’était une personne qui avait beaucoup souffert d’après son histoire fraîchement racontée. C’était d’autant plus terrible qu’il était plein d’espoir. C’était une terrible perte. Julien feignait de ne pas s’y intéresser, et faisait des ricochets dans le lac pollué face à eux. Chacun se remettait de la chute immense qu’il venait d’affronter, sauf le caporal, qui avait du en faire de bien pires. Son calme apaisait les esprits, et il le savait. Marc se leva d’un coup, prit son fusil, et tira une rafale dans l’eau, tout prêt de Judi.
-Mais vous êtes dingue ! Vous voulez me tuer ?!
-Je regarde s’il n’y a rien dans l’eau, on ne sait jamais. Je ne sais pas si on peut s’attarder ici. On n’est plus vraiment loin de la Dalle. Mais si on continue, c’est faire une croix sur l’espoir que Bastion soit encore en vie. Car on l’abandonnerait. L’idéal serait d’attendre quelques minutes.
-Ouais je suis d’accord. Mais tirer dans la flotte quand même, quelle connerie…
C’est alors que l’un des cailloux jetés par Judi surgit de la surface pour atterrir à ses pieds. Son cœur fit un bond. Julien Sherbatsky tournait le dos à l’eau pour parler à son lieutenant. Il ne savait pas ce qu’il se passait. Il voyait tout de même Marc, Jésus, et les deux chercheuses déglutir en même temps, regardant dans la même direction, dans son dos.
-Y’a un truc hideux derrière moi c’est ça ?
Même conduit des eaux usées.
200 yards en arrière.
Pendant ce temps.
Bastion s’accrochait comme un lion aux barreaux de l’échelle. L’eau était extrêmement puissante et l’échelle risquait de craquer à tout moment. Ses muscles étaient gonflés à bloc et étaient durs comme de l’acier. C’est avec joie qu’il constata que le débit s’affaiblissait. Il était sauvé. Il continua son effort jusqu’à être sûr de pouvoir reposer le pied à terre sans être entraîné par le courant. Il avait toujours son fusil en bandoulière, et empestait. Quand il relâcha la barre pour atterrir sur le sol, il fut de suite ébloui par une lueur venant de l’alcôve. Il porta ses mains à ses yeux et tâcha de prendre son Desert Eagle. La lumière venait d’une lampe torche montée sur un fusil. Une voix venant de la même direction l’en dissuada :
-DON’T !
La lumière s’éteignit alors. Bastion avait les mains en l’air et pouvait maintenant décerner un visage peinturluré de cirage noir pour mieux se dissimuler dans l’ombre. Il l’avait tout de même reconnu.
-Who the fuck are you ? What the hell are you doing here ?!
(Bordel mais t’es qui toi ? Qu’est ce que tu fous ici ?!)
-L’américain ? Fishburn ? Toi ! Qu’est ce que tu fais ici ?
Le sous lieutenant pointait toujours son fusil sniper sur bastion, et avait le regard très dur. C’est sans hésitation qu’il tira. Bastion avait gardé son expression de stupéfaction lorsqu’il comprenait que Fishburn appuyait sur la gâchette.
Voila, comme vous pouvez le constater, je laisse tout le monde dans la merde
Bonnes vacances à tous 