Chapitre 29
-…ou sont les corps ?
-Docteur Payne est ce normal que des embryons morts puissent être capables de disparaitre dans de tels moments ?
-Et bien je suppose que non, je n’appartiens pas au département Biologie, mais plutôt Lynn…
Lynn s’aventura aux cotés de Julien, qui la regardait d’un air méprisant.
-Non…ce n’est pas normal. Je ne trouve pas d’explications, a moins qu’un malade ne soit venu pour jouer avec…
Mais Julien avait déjà une réponse.
-Si on regarde bien le sol, des traces de pas dans le liquide de synthèse dans lequel ils reposaient mènent jusqu’aux bouches d’aérations. Elles sont petites et…
Il se rapprocha du sol pour mieux regarder les indices à disposition.
-En fait, ca se déplace à quatre pattes…deux petites mains et deux petits pieds. On dirait bien que ces embryons étaient en vie.
Lynn était perplexe, elle reculait tout en faisait « non » de la tête.
-Mais c’est impossible ! Comment cela peut il … ??
-Arrêtez de faire l’innocente, Docteur ! Vos expériences ont mal tourné, c’est l’évidence même ! Tout le monde à compris que ces bébés sont aussi infectés dorénavant.
Un bruit suspect interrompit Marc. Quelque chose tentait de se rapprocher discrètement.
-Ils sont dans les murs. Pourquoi n’y a-t-il pas de quarantaine ?
-Il s’agit de mon laboratoire personnel, nous y avons désactivé la quarantaine pour…manipuler plus aisément les virus testés sans pour autant être constamment enfermés.
Marc n’aimait pas ces moments la, la menace pouvait venir de n’ importe où, et leur puissance de feu serait inutile. De plus, le feu ami risquerait de se produire.
-Tout le monde à ma droite et à ma gauche…nous ferons une seule ligne de feu.
-Et s’ils venaient de derrière ?
-Vous n’aurez qu’à ouvrir les yeux, caporal. Qu’est ce que vous foutez sergent ?
Jésus avait fouillé dans son sac et en avait tiré un étrange engin explosif.
-Si c’est bien ce que je pense, 45 était vraiment quelqu’un de tordu. Intelligent, mais tordu. Cette mine de distance a été fabriquée avec les moyens du bord, mais elle est en parfait état de fonctionnement.
Il appuya sur petit bouton qui visiblement mit en marche l’objet, une petite diode clignotait sur le coté.
-Il faut juste que je la place correctement…Bastion ! Fais moi la courte échelle tu veux bien ?
-Qu’est ce que vous comptez faire sergent ?
-Je place cette mine dans la seule canalisation qui mène jusque dans notre dos. Si jamais ils approchent par ce coté, ils tomberont forcément dessus. Mais cette mine est particulière. Un triple BIP, et l’ennemi est à 10 mètres. Deux BIP, c’est 5 mètres. Un BIP, c’est 20 centimètres. On peut donc se préparer bien avant qu’ils n’arrivent et ne s’explosent la face …
Il avait placé le dispositif en moins de 30 secondes, et les bruits continuaient. Il du prendre son courage a deux mains pour passer la tète dans la bouche d’aération pour placer la mine dans le bon sens. Il ne savait pas sur quoi il allait tomber.
Mais seule l’obscurité était la. Il éclaira de sa lampe torche la voie de canalisation, et constata qu’elle était seulement propre et métallique. Les bruits que tout le monde entendait résonnaient à l’intérieur. Des bruits de pas comme mêlés à des gargouillements étranges. D’autres bruits s’ajoutaient à ceux ci. Des bruits de gens qui pleuraient. Des bruits de gens qui criaient, courraient. Ces gens étaient affolés. Le vaisseau était pourtant mort depuis leur arrivée. Il ne comprenait pas.
Bastion lâcha son soutient, ce qui fit tomber Jésus violemment sur le sol.
-Mais t’es dingue ? Pourquoi t’as fais ça ?!
Marc avait son doigt sur la bouche, signe de silence. Il pointa de son autre main le bout de la pièce. Un bébé avançait, seul et à quatre pattes. Il reniflait le sol comme s’il était sur une piste. Il était très pâle.
-Ce n’est qu’un bébé…mais restez prudent. Je vous rappelle qu’il est mort. Ou plutôt qu’il n’a jamais été vivant. Bastion ? Lampe torche.
Celui-ci lui lança sa lampe accrochée à son fusil. Marc s’en saisit et la pointa sur l’enfant. La lumière dévoila une multitude de veines bleues marine sur sa peau. Sa tête se releva en un éclair vers le groupe, ses yeux étaient entièrement noirs. Il avait repéré les hommes en treillis qui le regardaient d’un air dégouté. Le bébé commença à grogner. De la salive blanchâtre s’échappait de sa bouche entrouverte.
-Bastion ! Approche-toi un peu de lui, on te couvre.
-Pourquoi moi ?
-Mais t’as peur de quoi bon sang ? Qu’il te saute à la gorge ?!
-Ce serait bien la première fois qu’on n’essaierait pas de me faire ça depuis mon arrivée ici…
Bastion s’avança lentement de l’étrange petit être qui se montrait toujours menaçant.
-Et je fais quoi s’il n’attaque pas ? Je l’adopte et lui apprend a ne pas baver comme tout le monde ?
C’est alors que, voyant Bastion s’approcher, l’embryon déploya trois tentacules de deux bons mètres chacune. Elles prenaient racine à la base de ses reins. Julien, qui était toujours le plus proche malgré que Bastion eut avancé, sursauta :
-Ha putain je le savais ! C’est toujours comme ça quand on ne s’y attend pas ! Dès que quelque chose nous semble a peu prêt correct, il y trois serpents qui leur sortent du cul !
-La ferme Judi ! Bon dans le doute on l’explose, FEU !
Toute l’escouade se mit à tirer, mais la bête avait déjà fuit derrière quelques bureaux. On continuait de l’entendre grogner.
-Bastion ? Tu prends à revers ton gosse s’il te plait ?
-Va te faire foutre Judi !
-Espèce de gros tas c’est comme ça que tu parles à un supérieur ?! Je n’ai jamais fait l’armée mais je sais qu’ici on respecte les grades ! Alors tu obéis à ton caporal et fissa !
Bastion regarda Marc qui ne trouvait rien a redire. Julien avait raison cette fois.
-Il a raison Bastion, prend le à revers. Même s’il n’a jamais fait l’armée on lui a quand même donné ce grade alors je suppose que c’est pour de bonnes raisons.
Bastion s’aventura à son tour derrière les bureaux et retrouva enfin l’embryon tentaculaire. Mais il dut reculer pour rejoindre les autres tout aussi lentement qu’il était venu, toujours dans le plus grand silence.
-Je l’ai retrouvé mais…il est avec des amis. Tous les mêmes.
Marc en avait marre d’être traqué, il voulait donner l’assaut pour continuer d’avancer.
-Bon ok, on va se les faire. Ils sont combien ?
-Bah je n’ai pas vraiment compté…il y a combien d’aquariums d’explosés ? J’en compte 18 a peu prêt.
-Ouais pareil pour moi.
-Bon bah ils doivent être une vingtaine alors.
Marc était dépité, ces embryons semblaient très menaçants et étaient très nombreux. De plus ils bloquaient la seule issue possible. Julien comprenait son embarras.
-Je vois mal comment la situation pourrait empirer, n’est ce pas Lieutenant ?
C’est ensuite que trois petits sons stridents se firent entendre.