"J'étais au premier rang, avantage que je devais à ma grande taille. L'artillerie anglaise nous foudroyait, et nous répondions par une décharge de moins en moins nourrie.
"Entre deux décharges, le général anglais nous cria : "Grenadiers, rendez vous !" Le général Cambronne répondit, et je l'ai parfaitement entendu : "la garde meurt mais ne se rend pas !
"Feu ! " fit le général anglais.
"Nous reformâmes le carré et nous ripostâmes avec nos fusils.
"Grenadiers rendez vous ! Vous serez traités comme les premiers soldats du monde !" reprit d’une voix triste le général anglais.
"La garde meurt mais ne se rend pas !" répondit Cambronne. Sur toute la ligne, les officiers et les soldats répétèrent : "La Garde meurt mais ne se rend pas !" Je fis comme les autres.
"Nous essuyâmes une nouvelle décharge, et nous y répondîmes de notre mieux. "Rendez-vous, grenadiers, rendez-vous, nous crièrent en masse les Anglais qui nous enveloppaient de toutes parts. C'est alors que fou d'impatience et de colère, Cambronne lâcha le juron que vous savez. C'est le dernier mot que j'entendis, car je reçus dans mon colback un boulet qui m'étendit sans connaissance sur un tas de cadavres.
Source : www.1789-1815.com récit de Antoine Deleau