Actuel quatrième budget de L1, le PSG a une nouvelle fois perdu face à Rennes et plonge encore au classement, malgré un léger mieux ces derniers temps. Le club de la capitale déçoit énormément, alors qu’il avait annoncé une place européenne en fin de saison. Comment peut-on expliquer un tel état de fait ? Voici quelques éléments de réponse...
Des statistiques positives mais mal réparties.
Depuis le début de la saison, le PSG a marqué 27 buts. Soit une moyenne très correcte de 1,5 but par match, le sixième meilleur total de Ligue 1 à l’heure actuelle. Et le PSG a la quatrième meilleure différence de buts (avec +9) et la quatrième meilleure défense, à égalité avec Marseille (18 buts encaissés). Malgré ces statistiques positives, le club parisien est neuvième au classement. Il convient donc d’analyser ces chiffres pour comprendre le problème, en regardant de plus près les résultats obtenus par Paris.
Déjà, le PSG gagne souvent face aux « petits » du championnat. Certes, c’est bien et cela parait normal. Paris marque en plus généralement beaucoup de buts face à ces équipes et soigne donc sa différence de buts. Quelques exemples ? 5 buts marqués face à Boulogne-Sur-Mer, 3 face au Mans, 3 face à Saint-Etienne... En tout, sur les 7 victoires parisiennes, le PSG a marqué 22 buts. Le mal est donc là : mis à part la victoire étriquée obtenue face à Auxerre (1 – 0 au Parc des Princes, 15ème journée de L1), Paris gagne en marquant « trop » de buts et face à de faibles équipes. Face aux plus fortes, c’est une autre histoire : aucun but face à Marseille, Bordeaux, Toulouse et Rennes ; un seul face à Lyon. L’inefficacité offensive lors des grands rendez-vous est un des problèmes parisiens cette année.
La défense aussi n’est pas en reste. Certes, elle prend peu de buts (1 but par match en moyenne). Mais à chaque fois, cela signifie la défaite. Sur les 6 défaites parisiennes, 5 sont sur un score de 1 – 0... Une autre statistique intéressante : les 5 matches nuls concédés par Paris sont sur le même score : 1 – 1. Et en tout, Paris n’a gardé son but inviolé qu’à trois reprises seulement. Dans ces conditions, le PSG doit quasiment à chaque fois marquer à deux reprises pour espérer obtenir une victoire. Là encore face aux petites écuries, c’est faisable, mais c’est une autre histoire face aux plus grosses...
Des cadres défaillants et pas de banc.
Alors que l’osmose avait parfaitement pris pendant les trois quarts de la saison dernière (Paris n’avait craqué que lors du dernier quart), cette année les choses ont changé. Les cadres du club peinent, chacun à sa manière, à confirmer leur statut.
Commençons par la défense. Déjà, Zoumana Camara a été blessé durant trois mois. Grégory Bourillon l’a remplacé, mais a été sorti dès le deuxième match par Sammy Traoré. Et ce Traoré-là n’est plus le même que celui de l’année dernière, qui tentait des gestes techniques, faisait des courses folles et marquait même des buts. Traoré est cette année hésitant et commet des fautes grossières. Sylvain Armand est dans le même cas : il est clairement fautif sur de nombreux buts encaissés par Paris, notamment face à Toulouse (défaite 1 – 0). Et puis le départ de Jérôme Rothen lui a fait perdre de nombreux repères offensifs qu’il a du mal à retrouver, que ce soit avec Sessègnon ou Luyindula. Enfin, Sakho, bien qu’il ait sauvé de nombreuses fois les siens, est encore jeune et a lui aussi commis quelques erreurs qui ont fait mal (il est lobé sur le but de Maoulida face à Lens, il est bien involontairement à l’origine du but niçois...). N’oublions pas aussi la grave blessure du gardien Grégory Coupet, qui réalisait jusqu’alors une belle saison. Heureusement qu’Edel, son remplaçant, est lui aussi en forme.
Les milieux de terrain présentent quant à eux un bilan mitigé. Claude Makelele peut aussi bien marquer un but face à Lens que tacler un lorientais et se faire suspendre deux matches. Concernant la discipline, Stéphane Sessègnon est aussi concerné puisqu’il s’est pris le seul carton rouge parisien de la saison et qu'il commet régulièrement des fautes d’énervement. Et son rendement est nettement insuffisant : deux buts marqués, alors que l’année dernière à la même période, il était à quatre passes décisives et trois buts. Son apport dans le jeu est aussi moindre, même s’il est vrai qu’à sa décharge il joue régulièrement sur le côté gauche en remplacement de Rothen, chose qu’il n’apprécie pas. Et dire que le stratège parisien doit en plus partir pour la CAN en janvier... Enfin, le côté droit pose aussi problème. Giuly est en effet hors de forme malgré un début de saison tonitruant. Et c’est donc Jallet, pourtant carté en tant que remplaçant de Cearà, qui a pris sa place... Seul Clément est vraiment excellent et indispensable à son poste.
L’attaque est elle aussi à décrier. Guillaume Hoarau cumule les blessures et n’a quasiment pas joué. Et quand il revient en septembre, c’est au tour d’Erding de se blesser. Luyindula est quant à lui fidèle à lui-même : buteur providentiel par moments et surtout plongeur dans les surfaces... Le banc doit en conséquence jouer son rôle dans ces cas là, mais ce ne sont pas des Ngoyi, Sankharé, Maurice ou Arnaud, relativement inexpérimentés et n’ayant pas tous la confiance d’Antoine Kombouaré, qui vont sauver la maison rouge et bleue...
Des raisons d’espérer !
Malgré ce torrent de négativité, Paris a quand même des raisons de voir le bout du tunnel.
Le championnat actuel étant très serré, Paris, en enchaînant deux ou trois victoires d’affilée, peut très vite remonter haut dans le classement. Car entre le PSG neuvième et Lyon quatrième, il n’y a quatre petits points. Et quand on voit que le prochain adversaire du PSG est la lanterne rouge Grenoble, au Parc des Princes qui plus est, autant dire que c’est quasiment gagné (même si avec Paris, on ne sait jamais...). Avec 29 points, le Paris Saint-Germain pourrait finir les matches aller avec seulement un point de moins que l’objectif initialement établi.
Malgré le départ de Sessègnon à la CAN, le club parisien retrouvera aussi tous ses cadres en janvier : Camara sera en pleine forme d’ici là, Hoarau sera quant à lui rétabli et le duo Erding/Hoarau tant attendu sera enfin formé, le mercato arrive aussi à grands pas... Avec une équipe type en pleine forme accompagnée de quelques bons joueurs d’appoint, Paris fera sûrement très mal aux défenses adverses !
C’est bien connu : avec des si, on mettrait Paris en bouteille. Alors, si le PSG n’a enfin plus de problèmes physiques, s’il retrouve un niveau de jeu digne du match face à Bordeaux ou Lyon et s’il enchaîne les matches référence, nul doute qu’on pourrait le mettre en Europa League voire en Ligue des Champions...
Pavé mais je suis d'accord 