Il est 16 h 50, hier. Nenê descend du train, accompagné de son agent, Christophe Mongai. Sur le quai de la gare d’Aix-les-Bains, le président du PSG, tout sourire, l’accueille. « Je suis bien heureux de vous voir, lui glisse Robin Leproux. Vous arrivez le jour de la finale de la Coupe du monde, c’est bon signe, non? » Le Brésilien s’avoue lui aussi « heureux ».
Mais pas un mot de plus, le club lui interdit de parler tant que son transfert ne sera pas officialisé. Il le sera certainement aujourd’hui.
L’ex-Monégasque s’engage ainsi pour trois ans avec le club de la capitale, moyennant une indemnité de transfert de 5 M€ (+ 500 000 € de bonus). En recrutant le milieu gauche, auteur de 14 buts la saison dernière avec Monaco et passé par l’Espanyol Barcelone en 2008-2009 (4 buts), le PSG affirme réaliser l’un des « meilleurs coups » du mercato. Mais il consent aussi à des efforts financiers colossaux. Le Brésilien, 29 ans dans une semaine, s’apprête à percevoir un salaire net de charge et d’impôt proche de 1,8 M€ et, selon son entourage, 2 M€ plus des bonus.
« Nenê, c’est l’un des meilleurs à ce poste en France. Il est vif, rapide et très juste techniquement, indique-t-on dans l’entourage du PSG. Mais, à ce prix-là, le joueur sera forcément très attendu. Et l’entraîneur, qui en avait fait sa priorité, aussi! » « Il est très bon, mais ce n’est pas non plus un international. Et un tel salaire risque de créer quelques jalousies dans le vestiaire ou encore de donner des idées aux autres joueurs convoités par le PSG, nuance un agent. Surtout que le club n’arrête pas de répéter qu’il doit faire attention à son argent. »
La question se pose en effet. Comment le PSG, en proie à un déficit important (estimé début juin avant la clôture des comptes entre 26 M€ et 29 M€), peut se permettre d’offrir une telle rémunération ?
Dans ce dossier, comme ce fut le cas pour les arrivées de Kezman et Makelele, les dirigeants parisiens bénéficient de la prime d’impatriation, une mesure fiscale qui s’applique aux expatriés ou étrangers qui n’ont pas payé d’impôt sur le revenu lors des cinq dernières années et qui reviennent ou arrivent en France. C’est le cas du Brésilien qui, étant joueur étranger à Monaco, a été exempté d’impôt sur le revenu comme l’autorise la législation monégasque. Ainsi, en lui offrant presque 2 M€ net, le PSG aurait dû débourser environ 5 M€. Mais, grâce à cette prime, le club n’aurait « plus » à dépenser qu’entre 4 M€ et 4,5 M€, soit une économie de 500000 € à 1 M€ par an.
Par ailleurs, pour payer ce salaire, le club compte beaucoup sur les départs de certains de ses plus gros revenus : Kezman, Rothen et Giuly notamment. Mais, pour l’instant, rien ne se profile et le PSG risque bien, cette saison encore, de voir sa masse salariale augmenter…
Tiens la masse salariale...