Le saviez-vous ? Augustine Jay Jay n'est pas le premier Okocha à s'être illustré dans le football africain. Jay Jay a en effet été précédé par son frère Emmanuel, qui disputa d'ailleurs la Coupe d'Afrique des nations 1990 en Algérie et fut même pré-convoqué, comme Jay Jay, pour le Mondial 1994. Autre curiosité : si Okocha est connu de par le monde par son sobriquet Jay Jay, son passage en Turquie, avant qu'il signe au Paris Saint-Germain, s'était accompagné d'un changement de nom : en devenant Turc, Okocha adopta le nom de Muhamet Yavuz.
Pour des millions de téléspectateurs, Jay Jay Okocha rime avant tout avec spectacle. Car le meneur de jeu du Nigeria, pendant 16 ans (1993-2006) éclaboussait chacune de ses apparitions de gestes techniques d'exception. Sa marque de fabrique, en quelque sorte. Roi du dribble et de la feinte de corps, doté d'un sens inné du jeu de jambe, il a ridiculisé des dizaines de défenseurs par sa maîtrise extrême de cet art. Son autre atout : une redoutable frappe du pied droit, notamment sur coup franc, sachant que le bonhomme n'était pas maladroit du gauche non plus ! Sa carrière a décollé à la suite d'une visite en Europe. Venu rencontrer un ami qui jouait en Allemagne, il impressionne tellement le club qu'il est recruté illico presto (1990). Très vite, Francfort en fait l'un de ses atouts offensifs, lui dont les offrandes au Ghanéen Tony Yeboah furent autant de buts.
En 1998, il devient l'Africain le plus cher de l'histoire du foot
Parallèlement à sa carrière en club, le Néerlandais Clemens Westerhof le lance en sélection, dès 1993. Il ne la quittera plus jusqu'à sa retraite internationale, à la fin de la CAN 2006 en Egypte. Il a fait partie de la génération dorée qui a gagné la CAN en 1994, les jeux Olympiques deux ans plus tard (après avoir terrassé Brésil et Argentine), sans oublier trois participations à la Coupe du monde (1994, 1998, 2002) où, à chaque fois, il fut lui à la hauteur de son immense talent. C'est d'ailleurs après ses coups d'éclat à France 98 que Charles Biétry, devenu président délégué du PSG, l'arrache à son exil doré en Turquie pour venir égayer les soirées du Parc des Princes. Un transfert qui coûta près de 15 millions d'euros au club de la capitale. Il est alors l'Africain qui a coûté le plus cher dans l'histoire du foot. Okocha joue quatre saisons au PSG, déjà en proie à des crises à rebondissements, et tourne à la moyenne d'une vingtaine de matches par saison. Il se reconvertit peu à peu milieu récupérateur, mais ne perd pas son sens du spectacle, et s'amuse parfois aux côtés du jeune Ronaldinho.
Parti à Bolton, en Premier League, il redevient vite ce soliste d'exception et, mieux utilisé, retrouve son vrai niveau. Son dernier fait d'armes, après un bref passage au Qatar, ce sera d'aider - modestement certes, en raison de blessures et d'une méforme criarde - Hull City à grimper en Premier League. A l'été 2008, il organise son jubilé au pays. Depuis, il travaille au gré des appels, tantôt pour des médias, tantôt pour des équipementiers. Il demeure l'un des joueurs africains contemporains les plus appréciés du public, en raison de son formidable talent qui lui permettait de créer des gestes et des buts à partir d'un simple mouvement. Et depuis son départ, il n'a toujours pas été remplacé au Nigeria
J'étais obligé de le mettre. Jay Jay 