SES RÉUSSITES
1. Une philosophie de jeu séduisante. Dès le début de la saison, le PSG a montré un visage attrayant, orienté vers l’avant. Une philosophie qui tranche avec celle de Paul Le Guen, mais qui a vite montré ses limites en termes de résultats. Septième attaque de L 1 avec 49 buts, l’équipe n’est pas ennuyeuse à regarder. Et à Paris c’est très important.
2. La gestion individuelle. Avec Kombouaré, pas de passe-droit. Les meilleurs jouent et la règle est la même pour tout le monde. Quand certains sont au creux de la vague, l’entraîneur les sort pour mieux les relancer. Cela a été le cas notamment de Giuly et Armand. Mateja Kezman n’entrait pas dans ses plans, mais il lui a donné sa chance. On peut également mettre au crédit de l’entraîneur sa patience avec les blessés. Pour éviter les rechutes, il n’était pas question de prendre le moindre risque, quitte à se passer d’un cadre pour un rendez-vous important.
3. La protection du groupe. Lors de l’un des premiers entraînements au camp des Loges, Kombouaré est venu tirer les oreilles de supporteurs qui s’en prenaient à Jérôme Rothen. Face aux médias, il monte au créneau dès que la situation s’envenime et prend la défense de Claude Makelele critiqué par Christian Gourcuff puis d’Edel dans son affaire d’identité. Une attitude appréciée par l’ensemble du groupe.
SES ÉCHECS
1. Un management inefficace. Si les joueurs apprécient son honnêteté, ils ont rarement goûté à ses coups de sang. Pour gérer un groupe tout au long d’une saison, un entraîneur dispose de plusieurs ressorts psychologiques. En laissant son coeur parler, Kombouaré a parfois fait les choses à l’envers et tapé très fort trop tôt. Après la défaite au Parc face à Nice (0-1) le 7 novembre 2009, il lance une poubelle dans le vestiaire et interpelle ses joueurs : « Vous avez pris le melon ? Il n’y a pourtant pas de quoi quand on regarde vos matchs ! » Ce soir-là marque une première fissure avec le groupe. Avant Lorient, il assimile ses joueurs à des tire-au-flanc. Ils lui donnent raison et perdent lourdement contre les Bretons (3-0). Quand la situation devient encore plus difficile un peu plus tard, il s’adoucit et surprotège son groupe. Mais le mal est fait. En résumé, il n’a jamais trouvé le ton juste. En conférence de presse, il pèse ses mots. En interne, il multiplie les entretiens individuels. Le Kanak n’a pas réussi à transformer des agneaux en loups.
2. Une défense trop friable. Kombouaré a composé avec les moyens qu’on lui a donnés, mais il n’a jamais trouvé d’assise défensive. Les longues absences de Camara et Coupet n’expliquent pas tout. La fébrilité a poursuivi l’équipe toute la saison. Si on peut douter de la valeur de certains joueurs, c’est surtout leur fragilité mentale qui interpelle. Car Paris a trop souvent perdu sur une faute de concentration ou de placement. Si la principale responsabilité en revient aux joueurs, l’entraîneur, qui a changé beaucoup son axe avec Camara, Sakho, Traoré et Bourillon, ne peut être exempt de tout reproche. Il n’a pas décelé les solutions pour assurer ses arrières.
3. L’équipe n’a pas progressé. C’est une évidence quand on analyse la courbe des résultats mais aussi quand on juge la qualité des matchs. Au contraire de Marseille, qui a constamment élevé son niveau technique et collectif, Paris a plafonné. Et le problème n’est pas juste psychologique. Au mois d’août, le jeu était fluide, vivant et inspiré. Par la suite, les prestations sont devenues inconstantes, oscillant entre le bon, le moyen et le néant (matchs à Nancy, Saint-Etienne ou Grenoble). En tout cas, elles n’ont jamais été meilleures qu’en début de saison. La responsabilité de l’entraîneur est engagée dans ce domaine. On voit sa patte, on voit moins son emprise sur l’équipe. Dans toutes les lignes, le chantier de la saison prochaine est énorme.